1g. Aussi est-il très clair qu'avant la malédiction , il n'avoit point poussé de semblables ronces et épines venimeuses, avec des fruits empoisonnés. Et il n'y auroit eu aucun animal au«si colérique et aussi méchant, si Dieu n'avoit maudit la terre, c'eslà-dire , ne l'eût bannie de l'élément ; car Dieu dit : A cause de toi^ que la terre soit maudite. C'est donc en effet de là que la désobéissance et la malice des animaux à l'égard de l'homme sont provenues: aussi sont-ils si colériques et si médians , que l'homme doit se garantir de leur fureur. Lorsque Dieu cependant, dans la créalion , lui donna tout en sa puissance , toutes les bctes des champs dévoient lui être sujèlcs, ce qui maintenant est bien le contraire; car l'homme est devenu pour elles le loup qui les dévore, et elles sont des lions pour lui. Il n'y a que combats entre les uns et les autres ; à peine peut-il contenir les bêtes privées jet beaucoup moins les bêtes sauvages.
10. Il nous faut reconnoître aussi qu'il y avoit une grande différence parmi les bêtes avant la malédiction ; car quelques unes , savoir : les privées éloient très approchées de l'élément , et avec elles , l'homme auroii trouvé sa joie , et sa récréation. Au contraire, quelques autres ; savoir : les sauvages éloient plus rapprochées des quatre élémens , et elles auroient fui de l'homme; or les causes de ces merveilles , étoient dans les essences , et éloient
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Tues et reconnues parfailement dans la lumière de Ja vie, dans la connoissance de la vierge sophie. U n'y avoit rien de si profond que l'homme ne pût sonder et voir très certainement : qu'il lève seulement le voile , et il verra dans la terre promise avec Josué, au travers de la table gravée d'outre en outre.
2I !. Et Dieu dit: Tu mangeras ion pain à la sueur de ton front , Jusqu'à ce que tu redeviennes terre.lci y tout est clair et lumineux 5 car il avoit perdu le fruit céleste qui auroit poussé pour lui sans fatigue. Or , maintenant il devoit travailler la terre , semer et planter , de façon qu'il façonnoil le fruit dans les quatre élémens dans l'inquiétude , la fatigue et l'indigence ; car tant que l'élément ou la vertu de l'élément , poussa au travers de la terre , il y avoit toujours une racine permanente du fruit ; mais lorsque l'élément s'éloigna par la malédiction, alors il j eut une froide mort et un épuisement dans la racine, et il fallut toujours la replanter. Ainsi commença la vie fatigante de l'homme, à laquelle nous devons à présent nous livrer et nous soumettre.
12. Dieu lui auroit bien produit des créatures qui eussent pris soin des animaux dans tous les tems , vu que l'homme auroit bien pu rester dans le paradis , dans la ^rme d'ange ; et d'autant qu'il y a d'ailleurs des créatures sans ame dans les quatre élémens : Dieu auroit bien pu enfin imposer à une autre race , le travail de soigner les animaux , laquelle eût été aussi terrestre -, mais il vit bien que
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l'homme ne sauroit pas subsister ; c'est pourquoi, le fardeau lui lut aussitôt imposé , comme Moïse en a écrit. •
iS. Mais si Dieu avoit voulu que l'homme fut bestial f il l'auroit créé ainsi au commpri émeut, et ne lui auroit donné aucun commaudenu^nt ; il ne l'auroit pas non plus tenté , puisque la bête n'a aucune loi.
314. C'est pourquoi, toutes les objections qui s'accumulent dans la raison, ne sont autre chose que d'adroites facéties du démon qui voudroil bien soutenir que Dieu a voulu la chute de l'homme. Il y a aussi des gens qui osent dire : Que Dieu l'avoit voulu 5 et qu'il avoit anné la langue du serpentpour séduire Eve. Cette opinion retombe entièrement sur eux puisqu'ils confirment la parole mensongère du démon, el qu'ils fout de Dieu un menteur.
i5. Oui, à la vérité, selon le premier principe de' l'abîme infernal , il a voulu la chute de l'homme; mais ce règne ne s'appelle pas Dieu [ce qui doit tranquiliser sur la proposition précédente: ]. Il jr a encore entre, un autre princip^e et une forme enceinte; car dans le second principe où brille Dieu , il ne l'a pas voulu. Tout est bien de Dieu ; mais le premier principe est le lien de l'éiernité , qui se produit soimême. De là , Dieu le père s'élève de toute éternité dans le second principe , dans lequel il engendre son cœur et son fils; et là, et non ]^as dans le premier, l'esprit saint sort du père et du fils , et l'homme est créé pour le second piucipe.
16. C'est pourquoi aussi , le cœur du sccoaci
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The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.