16i. Dans l'essence astringente de la teinture du ver de l'ame , il infecte l'essence astringente qui devient fortement attirante , et acquiert une volonté de tirer tout à soi , et cependant ne le peut pas : Car la volonté conçue ou concentrée ne se laisse pas volontiers saisir 3 mais elle est une faim sèche , infernale, et ardente de tout avoir ; et quand même elle auroit tout, sa faim cependant n'en seroit pas diminuée. Mais c'est la faim et la soif éternelles de l'abîme ; la volonté du feu infernal , et de tous les démons qui , coniinuellement, ont faim et soif, et cependant ne mangent rien ; or ils ne s'assouvissent qu'en attirant à eux la source colérique des essences de l'astringent , de l'amer , et de la puissance du feu. C'est en cela que consiste leur vie et le rassasiement de leur colère : tel est aussi l'état de l'abime infernal.
62. Voilà quelle est la source du premier principe. Il ne peut pas être autrement en le considérant à part de la lumière de Dieu. Il ne peut pas non plus se changer , car il a été ainsi de toute éternité. Or , de cette source ont été extraites, les essences du ver de l'ame dans le tems de sa création , par le fiât de Dieu ; elles ont été créées, dans le paradis, en f^ce de la lumière de Dieu, qui a envisagé l'éclair de feu , et l'a contenu dans une profonde douceur, et humilité.
63. Car, puisque l'homme devoitétre éternel, il
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2tk'voit donc aussi être de réternel. En effet rîeik n'est créé de la fontaine du cœur de Dieu , attendu qu'il est la limite de la nature, et n'a aucune semLlable essence. Rien de saisissable n'entre là. Autrement ce seroit aussi un encombrement et un abîme et cela ne peut pas être. Ainsi de toute éternité il n'y a eu rien autre ( hose que la source d'où la divinité s'élève aussi toujours de toute éternité, comme cela a été dit ci-dessus.
64. Or., cette source de l'esprit de l'ame est éternelle ; sa teinture est aussi éternelle , et telle qu'est ia source pendant tout le tems de ce monde, tant qu'elle tient à cette maison élémentaire do pliair , telle est aussi la teinture et la demeure de )'ame. y^eis quelque source,soit la divine ou l'inferJi.iîe , que la base aflfective incline ; dans cette liiême source le ver vit , et il mange de ce même jjrincipe , et il est un ange ou un démon , quoique Le n« soit point dans ce monde que soit son jugeîuent ; car il est entre les deux portes, tant qu'il vit daji« la chair, àmoins qu'il ne se plonge dans l'ahîmç, ce dont je traiterai très profondement et tr^ exactement lorsque j'écrirai sur \q% péchés d|S hommes. Lisez ce qui concerne Caïn.
65. L'entendement qui ne reconnoît rien dans la lumière de la nature , s'étonnera d'uu tel écrit ; il croira que cela n'est pas ainsi , et que Dieu n'a point tiié ni créé l'homme d'une semblable source. Maintenant vois, toi , aimable raison , et cher entendement. Compte ici tes cinq sens ; je veux te montrer si cela est vrai 5 je veux le convaincre que tu n'as pas
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3le moindre molif de t'appuyer sur une autre base , à fnoins que tu ne voulusses laisser le démon aigrir ton cœur dans la bestiale raison , et mépriser la lu-* mière de la nature qui est cependant en la présence del7ieu. Or, si tu es sur une semblable voie bestiale, laisse là mes ouvrages sans les lire; ils n'ont pas été écrits pour de tels pourceaux, mais pour les enfaus qui doivent posséder le royaume de Dieu ; car jo les ai écrits pour moi> et pour ceux qui cherchent , et non point pour les sages et les prudeus de ce nlonde. €6. Vois ce que sont tes cinq sens , dans quello puissance ils existent , ou bien comment ils viennent dans la vie de Thomme ? D'où vient ta vue , pour que tu voies dans la lumière du soleil ; et non autrement? Considère-toi hautement si tu veux être instruit dans la nature, et te vanter de la lumière de la nature. Tu ne peux pas dire que tu vois seulement par là lumière du soleil ; il faut aussi qu'il y ait quelque chose qui reçoive de la lumière du soleil et ait un commerce avec la lumière du soleil ; de plus la prunelle qui est dans tes yeux n'est pas le soleil , mais elle est dans le feu et l'eau , et elle reçoit son éclat de la lumière du soleil ; c'est un éclair qui dérive du fiel igné , astringent et amer, et l'eau le rend doux. A la vérité, il n'est question ici que de l'extérieur, ou du troisième principe dans lequel sentie soleil, les étoiles, et les élémens : il' en est ainsi dans toutes les créatures de ce monde. •'By. Or, que fait donc l'ouie pour que tu entendes ce qui sonne et remue ? Diras-tu , que cela vient dii cou de la c^ose e;^térieure qui sonne ainsi ? Non ^
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The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.