157. Alors Dieu , par le fiât , bâtit de lui par l'esprit de ce monde, la femme de ce monde , pour qu'il étendît son royaume par ce moyen. La femme venoit de la matrice qui, avant l'infection, étoit une chaste vierge qu'Adam devoit engendrer de soi. Mais dès que la chaste sagesse et la puissance s'éloignèrent de lui, en tant qu'il marchoit dans l'esprit de ce monde , dès lors il ne pouvoit point engendrer; car l'esprit de ce monde le revêtit dans son sommeil avec de la chair et du sang , et le figura en animal, comme nous le voyons maintenant avec une jgrande amertume. C'est de là que nous nous reconnoissons pour être aveugles au royaume de Dieu, et nus, sans aucune ' puissance , dans le sommeil de la grande affliction , recouverts d'une chair et d'un sang corruptibles.
58. Lorsqu'Adam se réveilla de son sommeil , il étoit un homme, et non pas un ange ; son haleine aspira de l'air ; il alluma par là son esprit astral , qui s'étoit emparé de lui; il reconnut son épouse pour être une femme ^ venant de lui , et il la prit à soi , comme tous les animaux s'apparient. Cependant il avoit encore les yeux purs ; car la colère ne pointoit pas encore en lui , mais bien l'atlract et le limon terrestre \^devênu le germe de reproduction , et que fauteur appelle mbsch dans, le lan<rage de la nature']. L'élément feu, avec son amertume, qui inqualifie avec l'abîme infernal ,ne f avoit pas encore entièrement (à soi).
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2( 24 ) CH. 1759. Ainsi Adam, avecsa l'einme, vint avec une grande joie et de grandes délices dans le jardia d'Eden , oîi Adam lui parla de la défense au sujet de l'arbre ; mais Eve , comme une femme de ce monde , regarda cela comme peu de chose , et détourna ses yeux de dessus Adam , pour les porter vers l'arbre: elle le regarda avec attrait. Alors donc Fattract la saisit , et le démon menteur la persuada, tandis qu'elle discouroit avec lui , et qu'elle ne le connoissoit point , ne connoissant en effet aucun démon. Elle toucha l'arbre , cueillit du fruit des quatre élémens et des étoiles , en mangea , et eu donna aussi à Adam ; et comme Adam vit qu'Eve n'étoit point morte , il en mangea aussi.
60. Alors leurs yeux furent ouverts , et ils reconnurent qu'ils avoient de la chair et du sang, et qu'ils étoient entièrement nus; car l'esprit du grand monde les saisit avec les quatre élémens, et figura leur estomac et leurs entrailles , quoique la forme, dans le sommeil d'Adam , lorsque la matrice fut séparée du limbus , fût bien figurée; mais ils ne la reconnurent point avant d'avoir mangé de la pomme. Alors l'esprit de l^preté exerça aussi tôt son attraction , et se fit sa région , comme ou le voit , au cœur , au foie, aux poumons , au fiel et à la vessie, aussi bien qu'à l'estomac» Adam avoit reçu ce régime ou ces régions dans le sommeil ; et par la manducalion de la pomme l'esprit du grand monde s'y est établi.
61. Alors ils se regardèrent réciproquement, et rougirent l'un de l'autre j ils s'effrayèrent de l'aCH. 17. l ^^ )
3prêté qui entra en eux ; car c'étoit la colère de Dieu. Ainsi le premier principe , savoir , l'abîme de l'enfer, les saisit, et retint Adam et Eve prisonniers dans leur ame,dansce qui est éternel; car cet abîme s'éleva avec effroi et terreur , et répandant le doute au sujet du royaume de Dieu. Alors ils crurent ne pouvoir plus avoir de consolation ; car ils ne voyoient plus le paradis , mais le jardin d'Eden. En effet ils avoient perdu la divinité ; ils ne pouvoient point porter vers elle leur volonté , puisque Pdpreté et le doute les en erapêchoient.
62. Alors vint l'esprit de ce monde avec son vêtement grossier, avec la chaleur et le froid; il les comprima et agit sur eux , comme sur des êtres nus et dépouillés ; il accabla ainsi l'image de Dieu à moitié morte , par leur désespoir , leur anxiété et leur doute , et par le tourment de la chaleur et du froid; il la laissa en proie au martyre, à l'angoisse et à l'incertitude. Ici, l'homme est allé de Jérusalem ou du paradis vers Jéricho, dans la maison des meurtriers qui l'ont dépouillé de son habit paradisiaque, l'ont dérobé , l'ont assailli presque juqu'à la mort (avec leurs poisans, leurs torlures, leurs plaies, et les maux provenant de leur vénéneuse communication) , et ont continué leur chemin , comme le dit en parabole le second Adam dans l'évangile.
63. Il n'y avoit pour eux aucun remède ni dans le ciel, ni dans le monde. Ils étoient prisonniers et assujétis à une dure servitude, à tous les besoins et à la mort ; car l'abîme de l'enfer enchaînoit l'ame ,
f 26 ) c». 17;
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.