14. Si nous voulons donc maintenant parler de cet important article , nous devons aller de Jérusalem à Jéricho , et voir comment nous sommes couchés parmi les meurtriers qui nous ont tellemenl froppés et blessés que nous sommes à moitié morts , et nous devons regarder api es le samaritain avec sa monture , pour qu'il nous panse et nous conduise en une hôlellerie.
5. O ! qu'il est lamentable et douloureux que nous soyons si fort battus par les meurtriers (les démons) , que nous soyons à moitié morts , et que nous ne sentions plus nos douleurs ! O ! quand viendra donc le médecin qui nous pansera , poirr que notre ame redevienne vivante! Combien nous nous en réjouirions ! C'est ainsi que juge le désir, et tels sont ses souhaits ardens ; et quand même le médecin seroil là , la base affective ne peut pas cependant l'apercevoir, car elle est trop blessée, et est à moitié morte.
6. Ame, qui m'es chère, tu penses être bicnporianle , mais tu as été tellement battue, que tu ne sens plus ta maladie. Tu es prêle d'être livrée à la mort : comnjent peux-tu donc te regarder comme bien portante?
7. Ah ! ma chère ame , ne te vante pas de ta santé; tu es liée dans de rudes chaînes, toul-àiait dans une prison téné^breuse, tu nages dans une eau profonde, qui te va jusqu'à la bouche, et tu dois continuellement t'atlendre à la mort. En outi*e l'instigateur est derrière, avec une grande troupe de tes plus mortels ennemis. Là , il te lire toujours
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28. La raison se demande : Pourquoi font-ils cela? Oî ma chl-re arae , ils ont pour cela une grande raison. Vois : tu as été leur bicbe , et tu l'es échappée de leur parc ; en outre tu es devenue si forte , que tu as brisé la barrière de leur jardin , et que ta t'es emparée de leur demeure ; en outre tu as transformé en fiel leur nourriture, en sorte qu'ils ne peuvent plus manger ; tu as renversé leurécole avec tes cornes ; m outre tu as introduit un maître étranger dans leur parc , et tu as employé une puissance étrangère pour les chasser de leur jardin. Et quand même ils t'auroienl dans leurs fers , tu l'opposeruis à eux, comme si tu voulois briser .leur royaume j tu romprois leurs cordes en pièces -, tu briserois leurs chaînes , et tu serois le continuel dévastateur de leur royaume ; tu es leur plus mortel ennemi , et eux le tien ; et si tu voulois toutefois sortir de leur jardin, ils en seroient encore bien conteus , mais tant que tu y es , la guerre dure, et ,,'a point de fin , jusqu'à ce que vienne Tancieii qui doit vous séparer.
Q. Voudrois-tu le persuader que nous sommes insensés d'écrire ainsi ? Si nous ne savions pas la chose, et que nous ne l'eussions pas vue, alors nous pourrions bien nous taire. Ou bien serois-tu sûre que tu ne connoilras pas un jour le bain d'épines , dan*
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lequel tu te baignes ? Diras-tu aussi que tu es tout-àfait dans le jardin de roses ? Prends garde qu'au lieu d'être dans le jardin de roses , comme lu le penses, tu ne sois sur les pâturages du démon , et que tu 14e sois sa biche la plus soignée , qu'il engraisse pour la massacrer , et pour en faire sa nourriture.
310. Je te le dis vraiment , et cela est sérieux : lorsque je fus à Jéricho , mon cher compagnon m'ouvrit les yeux , en sorte que je pus voir. Et voici qu'une grande famille d'hommes, et une grande multitude de peuples éloient ensemble. Une partie éloit semblable à des animaux , et une partie semblable à des hommes : il y eut un combat entre eux. L'abîme de l'enfer étoit sous eux , et les animaux ne le voyoient point , mais les hommes s'effrayoient , et vouloient s'en aller. Or le démon ne vouloit pas le leur permettre;et parce que sou jardin n'avoit point de portes , ils détruisirent son jardin. Alors il falloit qu'il veillât les animaux , pour qu'ils ne lui échappassent point. Mais les animaux, qui étoienl aussi des hommes , mangèrent de sa nourriture, et burent de sa boisson, et il ne leur fit rien , car il les engraissoit , pour les massacrer ; et il y eut une continuelle inimitié entre les vrais hommes et les hommes bestialisés.
11. Tu doutes peut-être de la vérité de ce que mon cher compagnon m'a montré , lorsqu'il m'a ouvert les yeux, afin que je pusso voir? Or, viens et marche avec moi vers Jérusalem. Nous pourrons descendre ensemble par le chemin qui mène à Jéricho, e^ examiner ceci. Ce jardin où le dé-
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mon demeure avec sa grande famille , esl sur le chemin. Nous voulons le montrer de grandes merveilles ; tu verras et reconuoîlras le tout , tel qu'il a été exposé ci-dessus , pourvu toutefois que tu sois un homme, et non pas la bête engraissée du
démon.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.