1est , cependant, un seul homme qui est Lon et niauvais 3 et qu^il doit recevoir la récompense dç rajet de l'autre; que de quelque colé qu'il jijMnTdans cette vie, son^ame s'y porte quand Jà meurt , et qu'au dernier jugement il ressuscitera en force et puissance dans le travail qu'il a fait ici , et y vivra éternellement , et y sera glorifié , et trouvera là sa source et son perpétuel aliment ; il lui est donc essentiellement utile de chercher à se connoître ; pourquoi il est créé ; d'où lui vient l'impulsion du bien et du mal , et ce qu'est , toutefois , le bien et le mal en soi-même 5 d'où ils sont mus. 11 doit chercher particulièrement , quelle est la source de tout ce qui est bien et de tout ce qui est mal ; d où et par où le mal est venu dans le démon , dans 1 homme et dans toutes les créatures , puisque le démon a été un saint ange , et que l'homme aussi a été créé bon, et que le faux attract se trouve dans toutes les créatures qui se haïssent , se battent , se tour^ mentent et sont ennemies les unes des autres ; qu'U y a une semblable opposition dans toutes les créatures , et qu'un même corps est divisé d'avec lui-même. Et cela nous ne le voyons pas seulement parmi les créatures vivantes , mais aussi dans les étoiles, les élémens , la
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terre , les pierres , les métaux , les feuilles , rherbe et le bois , où par-tout est le poison et le mal. On trouve , en outre , que cela doit être ainsi ; autrement , il n'y auroit ni vie , ni mouvement , de même qu'il n'y auroit ni couleur , ni i^ertus , rien de mince, rien d'épais, rien d% perceptible , mais tout seroit un rien.
2i4. Dans cette haute considération, on trouve que le tout est venu de Dieu même, que c est sa propre essence, qu'il est cela lui même, et qu'il s'est lui-même produit de lui-même. Le mal agit pour la corporisation et pour la mobilité. Le bien, pour Tamour. La force ou l'opposition , pour la joie. Tant que la créature est dans l'amour de Dieu , le colérique ou lopposition fait [ Vélcpement ] de l'éternelle joie 5 mais si la lumière de Dieu s'éteint , il fait l'éternel élèuement de la source angoisseuse, et
le feu infernal.
i5. Pour éclaircir toutes ces choses , je décrirai ici les trois principes divins , dans lesquels tout sera expliqué ; ce qu'est Dieu ; la nature et les créatures; ce qu'est l'amour et la douceur de Dieu ; son bouillonnement et sa volonté ; ce qu'est le démon et la colère de Dieu; bref, ce qu'est la joie et la souHVance ; comment toutes choses ont pris naissance et
II
XViij PRÉFACE
3continuent d^exister. Nous voulons aussi représenter la vraie différence qu'il y a entre les créatures éternelles et celles qui sont périssables ; sur - tout , considérer Thomme et son ame ; ce qu'il est , et comment il est une créature éternelle ; ce qu est le ciel , dans lequel Dieu , les auges et les hommes saints demeurent ; et ce qu'est lenfer, dans lequel les démons habitent, et comment toutes choses ont été créées ainsi dans l'origine ; en un mot, ce qu'est l'essence de toutes les essences. Puisque l'amour de Dieu ma favorisé de ces connoissances, je veux les écrire comme un mémorial et un souvenir pour moi , attendu que rous vivons, dans ce monde , dans un grand danger, entre le ciel et l'enfer, et que nous devons sans cesse combattre le démon. Par ce moyen, si je venois , par ma foiblesse , à tomber sous la colère de Dieu , et que la lumière de mes connoissances me fût retirée , j'aurois de quoi pouvoir me les rappeler , et les ressusciter en moi.
1 6. Car Dieu voudroit que tous les hommes fussent secourus , et ne veut point la mort du pécheur ; mais qu'il se convertisse , qu'il se tourne vers lui, et qu'il vive éternellement en lui. C'est dans ce dessein qu'il a laissé son cœur, qui est son fils, devenir homme, afin que nous
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puissions nous attacher à lui , nous ressusciter en lui , et nous régénérer de nos péchçs et de nos fausses volontés.
17. Ainsi, pour l'homme qui, dans ce monde , vit dans cette souffrante et périssable chair, dans un si grand danger , il n'y a rien de plus ulile que de se bien connoître lui-même ; et s'il se connoît bien lui-même , il connoit aussi Dieu son créateur, et toutes les créatures; et en outre combien Dieu est disposé pour lui ; et cette connoissance est la plus délicieuse que j'aie jamais découverte.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.