1I. i L n'y a rien d'extraordinaire , comme il esi dit au commencement du précédent chapitre, qu'un homme parle , écrive et enseigne sur la création du inonde , quoiqu'il n'y ait point été présent; il suffit qu'il en ait la vraie connaissance en esprit j car alors il voit toutes choses comme dans un miroir , dans la mère ou la génératrice. En effet, chaque chose est dans une autre, et plus il cherche, plus il trouve; son entendement n'a pas besoin de s'élancer hors de ce monde, il trouve tout dans ce monde, sur-tout en soimême, ainsi que dans tout ce qui vit et se meut. Quoi que ce soi t qu'il contemple et qu'il approfondisse, ily trouve l'esprit avec le FiAT,et la puissance divine se mire dans toutes choses comme il est écrit : LaparoU €8iprèa de ioi^oui,dans tes lèvrea et dans ton cœur. Car, quand la lumière de Dieu pointe dans le centre de l'esprit de Pâme , alors Pesprit de l'ame voit comme dans un clair miroir, la création du monde, parfaitement bien , et il n'y a rien d'éloigné pour lui.
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2. Je veux adresser le lecteur à la création , ellemême ; il peut y creuser , il y trouvera que tout est ainsi ; et il verra des choses encore plus merveilleuses , que personne ne peut ni écrire ni proférer, pourvu toutefois qu'il soit né de Dieu. Nous ne devons pas dan§ notre intelligence , et dans nos connoissances , considérer Dieu opérant dans la création , comme un homme qui manipule quelque chose , ainsi qu'un potier fait un vase avec de l'argile , ou un sculpteur une figure , à sa volonté , et qu'il brise si elle ne lui plaît pas. Non, les œuvres de Dieu dans la création du monde ont été toutes fixes , bonnes et parfaites ; comme Moïse écrit : Et Dieu regarda tout ce qu'il avoit fait , et il vit que
cela étoit bon.
23. Car il n'a pas pris un morceau de terre l'un après l'autre , ou bien plusieurs morceaux de terre à la fois pour en faire des animaux. Cette opinion ne pourroit pas se soutenir , et seroit plutôt la pensée d'une brute qne d'un homme ; mais , comme cela esèdit ci-dessus , après que le démon fut tombé avec ses légions, lui qui avoit eu son siège angélique et son trône dans le lieu de ce monde ; qui avoit existé corporellement selon le mode de l'esprit, dans le premier principe ; qui étoit tout imprégné de la lumière du second ; demeurant vraiment dans le paradis et dans la puissance divine; après, dis-je, qu'il; fut tombé par orgueil , et privé de la lumière de Dieu , s'étant cramponné à sa propre mère la racine de feu , se persuadant qu'il pourroit dominer sur la douceur du co^r de Dieu , alors sa demeure
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fut fixée dans le premier principe , dans la matrice ténébreuse ignée ; et Dieu créa l'extra-généralion de la malrice en un principe; et, dans réieruelle maJrice , dans sa volonté désiranle , il ouvrit le centre ou la génération de la vie. Dans ce moment, ( selon Je mode dont réiemelle divinité s'engendre sans cesse de loule éternité ) s'est élevé , d'après Tordre de la divinité , le Iroisième principe dans lequel la divinité demeure comme cachée, mais cependant, se peignant puissamment dans toute chose, ce qui est inapercevahle au démon > et ne lui porte aucun profit.
34. Mais le troisième principe est une image du inonde paradisiaque , qui est spirituel , et qui y demeure caché , et ainsi la divinité s'est manifestée» Comme le monde spirituel des anges n'est pas resté dans ce lieu , alors Dieu a donné à ce lieu un autre principe , dans lequel , cependant , une lumière s'élève 5 et qui est une aimable demeure ; car le plan de Dieu doit subsister , quand même les premiètes créatures devroienl rester dans les ténèbres. •
5. Ainsi on ne doit point considérer la matrice de ce monde , avec les étoiles et les élémens comme si Dieu n'y résidoit pas. Sa puissance et son éternelle sagesse se sont représentées dans toutes choses par le fiât. Il est lui-même le maître ouvrier, et dans le fiât toutes choses ont éclos , chacune dans son essence , dans sa vertu et dans sa propriété.
6. Car de même que dans le firmament , chaque étoile a une propriété différente des autres ;de mémo en est-il de la mère d'où la quintessence des étoiles
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est sortie ; car lorsque la ^brme ignée des étoiles s'est séparée d'elle , elle n'a pas été pour cela séparée du premier éternel droit de génération , mais elle a conservé son éternelle vertu ; sewXcmcwi la puissance de feu engendrée , a été séparée d'elle , de façon qu'elle est une aimable demeure , et une douce mère de ses enfans.
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