160. Et de ce même limbus, au lems de la colérique corporisation de la ter. e , les quatre élémens sortirent comme d'une fontaine, et ce qui avoit été manifesté en infinité par la vierge de la sagesse de Dieu devmt les éloiles,comme étant une vertu ou une extra-généralion du limbus. Elles sont la cinquième essence par rapport aux quatre élémens ; elles ne sont point séparées des quatre élémens, mais inqualifiant tous ensemble. Elles sont cependant extraites des quatre écoulemens avec leur essence aiguë ; elles sontl'attract des quatre élémens , ou , comme je puis l'établir en comparaison , elles sont l'homme , et les élémens sont la femme ; et le cœur de ces choses est l'élément dans une seule essence , où l'élément pur , et les essences qui sont dans cet élément pur , sont' la vertu des merveilles et de la sagesse de Dieu, et se nomment paradis , une demeure de joie.
5i. Or l'esprit des éternelles essences (qui est intelligent , et a la connoissance et le sentiment , et l'épreuve de toute chose , dans lequel est la ^urce qui est dans l'homme) fut soufflé à Adam par la sagesse de Dieu , par l'impulsion de la volonté qui procède devant soi; et cela de l'ame éternelle , des portes brisées de la profondeur. Il lui fut soufflé par la paroleavecl'esprit mouvant deDieu.
Ainsi : i^. l'homme a en arrière de soi le contact iSe l'abîme de l'éternel tourment , comme un lien ou
^fl. 17. ( 21 J
un nœud indissoluble; 2". il a devant soi le cœur ou la lumière de Dieu comme un éclat de la joie et de Penflammement du paradis, qui s'élève dnus les essences avec la lumièredela jubilation ; et 3"", il a au-dessous de soi l'écoulement des quatre élémens dans la génération du limbus qmétou en lui.
252. Tant qu'Adam plaça sou imaginalion dans le cœur de Dieu, le paradis fut vif en lui; Talliance de l'abîme étoit alors un paradis, où la joie s'élevoit dans le bouillonnement. Le royaume de ce monde , comme provenant de l'élément , auroit aussi dans l'alliance tenu à l'homme, mais inférieurement , et tant qu'il plaça son affeclion dans le cœur dé Dieu , le royaume de ce monde nepouvoit l'alteindre, et étoit impuissant devant lui, comme ce monde l'est devant Dieu.
53. Ainsi l'esprit et Tarne d*Adam restèrent aa milieu dans le paradis du royaume de joie , quarante jours, qui ne furent pour lui que comme u» jour. Tout se porta v^rs lui, et te rechercha : lo. Le royaume de l'enfer de l'éternelle origine, de l'âme ténébreuse, duquel son ver-d'ame étoit sorti dans la brisure des portes ; 2®. la divinité du royaume du ciel, dans la brisure des portes , brillant devant lui, et le regardant joyeusement ; et 3o. l'esprit des étoiles et des élémens l'attirant à leur alliance, er le désirant fortement.
54. Or Adam étoit en effet dans la tentation: car son anie colérique , provenant de l'origine du premier principe, étoit dans la joie par la lumière dè^ Dieu 5 et la s^ource de ki colère rendoit la joie ascen-^
:;i
I !
( 23 ) CH. 17»
danle , parce que la lumière rendoit tout joyeux et doux en lui et autour de lui, afin qu'il pût s'incliner Ters l'amour ; et par ce moyen , il éloif bien réelkment dans le paradis sur la terre. "^^
55. Les quatre éléraens de ce monde , ainsi que le soleil et les étoiles ne pouvoieut poïniinqualijier en lui ; il n'aspiroit point l'air en soi 5 mais l'esprit de Dieu dans la vierge sopuie étoil sa respiration , et enflammoit le feu dans son esprit.
356. Mais étant ainsi dans le paradis , entre l'enfer et le royaume de ce monde , lié à l'un et à l'autre , et cependant libre aussi dans la puissance de Bien ; alors il s'aperçut ou se contempla lui-même dans la grande profondeur du royaume de ce monde ,. dans lequel aussi les grandes merveilles sont radiées dans le centre (comme nous voyons que l'homme les a découvertes et mises au jour par l'éternel penchant de son esprit , ainsi que cela est devant les yeux). Dans cet aperçu ou dans cette contemplation , il se livra à son imagination , et il succomba dansl'attract : car l'esprit de ce monde le saisit» comme une mère imprime une marque à un enfant dans le sein maternel ; et il fut enceint ou imprégné de l'attract de l'esprit de ce monde. Dès lors il fut aveugle en Dieu , et ne vit plus Dieu, ni sa vierge SOPHIE dans sa base affective. Ainsi le royaume du ciel demeura , quant à soi , dans le paradis , dans son principe, dans les portes brisées du tout-puissant ; et la sophie y resta cachée dans le centre. Ce royaume éloit dans Adam; t/p^tefois Adam n'éloit point en Dieu par sa base affective , roaifi
eu. 17» ( 23 )
dans l'esprit de ce monde ; il étoît sans force dans lé
royaume de Dieu : il tomba en bas , et dormit.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.