118. Mais si nous voulons traiter du monde paradisiaque 5 ainsi que du principe de ce monde , de sa puissance et de son merveilleux engendrement , et exprimer comment est la divine et éternelle sagesse, il nous est impossible de le prononcer j car la fontaine de l'abîme ne peut être saisie par aucun esprit soit ange , soit homme. C'est pour cela que Tin" commensurable sagesse , et réiernelle génération produit dans le paradis une prodigieuse et éternejle joie. Cet incommensurable pouvoir et cette sagesse ne nous sont connus à nous hommes que lorsque nous les considérons dans le troisième principe. Si nous contemplons le ciel étoile , les élémens, ainsi que les créatures , le bois, les plantes, l'herbe, nous voyons dans le monde matériel la similitude de l'incompréhensible monde paradisiaque. Car ce inonde dérive de la première racine dans laquelle ils sont l'un et l'autre , tant le monde matériel, que le monde angélique paradisiaque qui est impérissable et sans commencement
19. Et si nous réfléchissons et que nous pensions k l'origine des quatre élémens, nous trouvons, nous voyons, et nous sentons clairement en nous-mêmes cette origine, si toutefois nous sommes des hommes et non pas des animaux , pleins de mcchancelé , €t contestant contre Dieu et 1^ matrice de ce monde.
CH. 5. C 71 )
2Car cette origine est aussi bien reconnoissable dans l'homme que dans la profondeur de ce monde , quoiqu'il paroisse très étonnant à un homme sans lumière , qu'il puisse parler de l'origine de l'air , du feu , de l'eau , de la terre , aussi bien que des astres , etc., et que même il regarde comme impossible d'en rien savoir. Il nage ainsi dans sa propre mère , et ne cherche pas à la connoître 5 et en effet il ne seroit pas bon pour lui qu'il la connut. Mais puisque la chute d'Adam noas a précipités dans cette mort , il nous est très important de la connoître pour nous enfuir loin de l'homme bestial , et ïvour vivre dans le vrai homme.
20. Si donc tu ouvres les yeux de ton esprit , tu verras comment le feu est dans l'eau , ce qui se montre dans un tems d'éclairs, et cependant il n'y a Va aucun feu qui soit durable , quoique ce soit néanmoins un vrai feu qui enflamme et détruit les maisons Tu verras là aussi comment il en sort un air d'une grande puissance, et comment l'un est dans l'autre ; en outre tu verras comment l'eau est aussi engendrée dans la tempête.
21. Mais tu ne trouveras pas ici maintenant cette tacine , tu ne dois la contempler que dans la matrice 5 là elle est manifeste , et tu la reconnoîtras dans toutes choses , car la matrice do ce monde est aans l'éternelle matrice , d'où le paradis et le ciel «ont provenus.
22. Or , comme l'éternelle matrice est un engendrement qui procède du lieu où se trouve dans Torigine , l'astringent , le ténébreux, le dur et l'angois-.
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ceux; de même aussi tu vois que lorsque l'esprit de Dieu allume la matrice intérieure , elle devient opérante et inqualijiante,
323. Car premièrement il y a dans l'origine l'astringent , qui tire à soi , qui concentre , et fait un froid ténébreux et aigu. Or, l'amertume ne peut souffrir la violence attirante , parce que la violence attirante fait dans le froid un aiguillon d'amertume qui lem~ péte et se garde de Tâpre mort. Mais comme il ne peut pas s'échapper de l'astringence, puisqu'elle est sa mère , dans laquelle il habite ^ alors il tempêta terriblement comme s'il vouloit briser l'astringence. Il pointe au-dessus de soi et obliquement , et cependant ne trouve aucun repos jusqu'à ce que la géjiération de l'astringence se tourne en une essence horriblement angoisseuse , comme un esprit de souffre, entièrement âpre , dure , piquante intérieurement , comme une roue tournante; et l'amertume s'élève promptement au-dessus de soi , d'où provient, uu éclair étincelant dont la ténébreuse astriugence s'effraie, en se précipitant en arrière comme étant vaincue ! et quand l'amertume a ainsi vaincu la mère , et la trouve comme à moitié morte , et adoucie , elle s'étonne beaucoup plus que la mère ; mais comme l'éruption se passe dans la mèreasUingenla qui maintenant est à moitié morte et adoucie, l'amertume perd son effroyable pouvoir, elle devient blanche , claire, et lumineuse ; et c'est l'enflamme<« ment ou la génération du feu , comme cela est exposé ci-dessus.
Cher lecteur, ne regoide point ceci comme ua
eu. 5. ( 7^ )
badinage , afin que cet engendrement , qui toutefois arrive justement de la même manière dans le commencement de ta vie , ne se trouble pas en toi ; et
étends ta vue.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.