Le Serpent de la Genèse — Stanislas de Guaita (Essais de sciences maudites II, 1891)

Open to allVarious; see each volume305 segments · 102 pp
page 96

née du 18 brumaire porta un terrible coup à la secte des Illuminés ; elle vit l’ouvrage de cinquante ans détruit en un jour par le pouvoir d’un soldat (p. 184).

« La chute de B uonaparte j. due en grande partie aux Illuminés, ressuscita leur influence sur tous les points ; elle nous conduisit en peu d’années à cette situation fausse que nous prenonspour le repos (p. 203).

« Cette ligue d’illuminés, de Voyants invisibles, menace plus que jamais nos propriétés et nos vies ; le livre de sang est ouvert, on y inscrit des noms, et cent mille assassins, qui ont juré de n’épargner ni leurs parents ni leurs amis, sont en mouvement. Le malheureux Fualdès a succombé sous leurs coups (p.256). .)

Nous pardonnera-t-on ces longues citations ? EUes étaient nécessaires. L’opinion qu’y émet le publiciste de 1819 est une singulière garantie de véracité pour les allégations d’Eliphas Lévi en 1855. Et quand on y joint les révélations de Cadet de Gassicourt, en date de 1796 [Tombeau de Jacques Molay, an V), le doute n’est plus guère permis.

D’ailleurs, les faits même de la Révolution portent leur estampille templière, et viennent plaider en faveur de notre thèse.

Le nom de Jacobins vient de Jacobus Molay, et non, comme on le croit communément, de l’église des religieux jacobins, — lieu de réunion que la secte oc¬ culte de la Maçonnerie dut, à raison même de la coïn¬ cidence nominale, choisir de préférence à toute autre.

p. 312

LE TEMPLE DE SATAN

Ges conspirateurs avaient antérieurement fondé, rue' Platrière, une loge Jean-Jacques Rousseau, dans la maison du publiciste fameux dont le parti de Robes¬ pierre devait réaliser les théories. Lors de l’inaugura¬ tion de cette fameuse loge, le Jacobinisme était déjà nommé de longue date. Mais la com aissance de cette' dénomination trop significative était réservée aux seuls, maîtres. — Écoutons Cadet de Gassicourt :

« Pour n’admettre à leurs vastes projets que des hommes sûrs, ils (les Néo-Templiers) inventèrent les loges ordinaires de la Maçonnerie, sous le nom de Saint-Jean, de Saint-André. Ce sont celles qu’on connaissoit en France, en Allemagne, en Angleterre ; sociétés sans secrets dont les pratiques ne servent qu’à donner le change et à faire connoître aux vrais: maçons les hommes qu’ils peuvent associer à leur grande conspiration. Ges loges, que je pourrois appe¬ ler préparatoires, ont un but d’utilité réelle ; elles sont consacrées à la bienfaisance, elles ont établi entre différents peuples des liens de fraternité infini¬ ment estimables ; aussi vit-on les hommes les plus vertueux rechercher avec empressement de telles so¬ ciétés. Les vrais templiers ou jacobins ne tiennent pas loge; leurs assemblées s'appellent chapitres. Il y a quatre Chapitres, un dans chaque ville désignée par Jacques Molay ^ et composé chacun de vingt-sept ï « Du fond de sa prison, il créa quatre loges-mères: pour TOrient, Naples; pour l’Occident, Edimbourg; pour le Nord, Stockholm, et pour le Midi, Paris {Tomb. de J. Molay, p. 17). »

LA. JUSTICE DES HOMMES

p. 313

membres. Leur mol d’ordre est Jakin, Booz, MacBenac, Adonaï 1314, dont les lettres initiales sont celles de Jacohus Burgundus Molay beat anno 1314 k »

Cadet de Gassicourt ajoute à ces détails d’autres révélations sur leurs mots et leurs signes de recon¬ naissance, leurstfdoctrines philosophiques et leurs emblèmes. Force m’est de renvoyer à son ouvrage : je n’en puis tout transcrire et tout cependant y a sa valeur.

Il est des coïncidences bien éloquentes et dont la constatation prête singulièrement à réfléchir ! Ainsi les héritiers de Jacohus ou de Jacques Molay, les descendants et les continuateurs de ces bandits que le moyen âge a nommé les Jacques, après avoir flxé leur résidence dans la maison même de Jean-Jhcgwgs (le philosophe par excellence de la Révolution), finissent par s’établir aux Jacobins, c’est sous le nom de Jaco¬ binisme qu’ils exaltent et propagent leurs doctrines incendiaires.

A ceux que de pareils rapprochements (déjà notés par Eliphas) font sourire de compassion, comment insinuer qu’il y a peut-être quelque chose d’étrange et de significatif dans le choix du local désigné par les Jacobins, pour recevoir le pauvre roi déchu ? C’est le Luxembourg, que l’Assemblée nationale, vu les réparations d’urgence aux Tuileries, avait attribué pour résidence à Louis XVI, après la journée du 10 août. Mais les Jacobins ne sauraient tolérer que le

^ Tombeau de J. Molay, pages 21-22.

p. 314

LE TEMPLE DK SATAN

successeur de Philippe le Bel trouvât dans ce palais un asile décent à sa majesté méconnue : au Luxem¬ bourg, le roi captif garderait encore l’apparence de sa liberté ; peut-être l’Assemblée serait-elle tentée de lui rendre le fantôme du pouvoir... C’est une prison qu’il faut à leur vengeance ; et quelle prison ? — le

TEMPLE !

machine-assisted · checkedpage 96

y of the 18 brumaire dealt a terrible blow to the sect of the Illuminated; it saw the work of fifty years destroyed in a day by the power of a soldier (p. 184).

« The fall of B uonaparte j. due in great part to the Illuminated, resuscitated their influence upon all points; it led us in few years to that false situation which we takefor repose (p. 203).

« This league of illuminated, of invisible Seers, menaces more than ever our properties and our lives; the book of blood is open, names are inscribed there, and a hundred thousand assassins, who have sworn to spare neither their kindred nor their friends, are in movement. The unhappy Fualdès has succumbed under their blows (p.256). .)

Shall we be pardoned these long citations? They were necessary. The opinion the publicist of 1819 emits there is a singular guarantee of veracity for the allegations of Eliphas Lévi in 1855. And when one joins to them the revelations of Cadet de Gassicourt, dated 1796 [Tombeau de Jacques Molay, an V), doubt is hardly permitted any longer.

Besides, the very facts of the Revolution bear their templar stamp, and come to plead in favour of our thesis.

The name of Jacobins comes from Jacobus Molay, and not, as is commonly believed, from the church of the jacobin religious, — a meeting-place which the oc¬ cult sect of Masonry must, by reason of that very nominal coin¬ cidence, have chosen in preference to any other.

312

THE TEMPLE OF SATAN

These conspirators had previously founded, rue' Platrière, a Jean-Jacques Rousseau lodge, in the house of the famous publicist whose theories the party of Robes¬ pierre was to realise. At the inaugura¬ tion of that famous lodge, Jacobinism had long since been named. But the know ledge of that' too significant denomination was reserved to the sole, masters. — Let us hear Cadet de Gassicourt:

« To admit to their vast projects none but sure men, they (the Neo-Templars) invented the ordinary lodges of Masonry, under the name of Saint-Jean, of Saint-André. These are they that were knowne in France, in Germany, in England; societies without secrets whose practices serve only to put off the scent and to make knowne to the true: masons the men they may associate with their great conspiracy. These lodges, which I might ca¬ ll preparatory, have an end of real utility; they are consecrated to beneficence, they have established between different peoples bonds of fraternity infini¬ tely estimable; and so were the most virtuous men seen to seek out with eagerness such so¬ cieties. The true templars or jacobins hold no lodge; their assemblies are called chapters. There are four Chapters, one in each city designated by Jacques Molay ^ and each composed of twenty-seven

ï « From the depth of his prison, he created four mother-lodges: for the Orient, Naples; for the Occident, Edinburgh; for the North, Stockholm, and for the Midi, Paris {Tomb. de J. Molay, p. 17). »

THE. JUSTICE OF MEN

313

members. Their word of order is Jakin, Booz, MacBenac, Adonaï 1314, whereof the initial letters are those of Jacohus Burgundus Molay beat anno 1314 k »

Cadet de Gassicourt adds to these details other revelations upon their words and their signs of recog¬ nition, their philosophical doctrines and their emblems. I am forced to refer to his work: I cannot transcribe all of it and yet all of it has there its value.

There are coincidences very eloquent and the establishing whereof gives singularly to reflect! Thus the heirs of Jacohus or of Jacques Molay, the descendants and the continuators of those bandits whom the middle age has named the Jacques, after having fixed their residence in the very house of Jean-Jacques (the philosopher par excellence of the Revolution), end by establishing themselves at the Jacobins, it is under the name of Jaco¬ binism that they exalt and propagate their incendiary doctrines.

To those whom such comparisons (already noted by Eliphas) make smile with compassion, how insinuate that there is perhaps something strange and significant in the choice of the place designated by the Jacobins, to receive the poor fallen king? It is the Luxembourg, which the National Assembly, in view of the urgent repairs at the Tuileries, had assigned as residence to Louis XVI, after the day of the 10 August. But the Jacobins could not tolerate that the

^ Tombeau de J. Molay, pages 21-22.

314

THE TEMPLE OF SATAN

successor of Philippe le Bel should find in that palace an asylum decent to his misprised majesty: at the Luxem¬ bourg, the captive king would still keep the appearance of his liberty; perhaps the Assembly would be tempted to render him the phantom of power... It is a prison their vengeance requires; and what prison? — the

TEMPLE!

Commentary
page 96 ·

No commentary for this page under the selected tracks.

There is commentary on page 1.