Le Serpent de la Genèse — Stanislas de Guaita (Essais de sciences maudites II, 1891)
objectant la loi de mort renouvelée contre les devins par Saül lui-même. Celui-ci la rassure et la décide enfin ; mais à peine l’apparition se dessine-t-elle aux yeux de la Pythonisse, qu’elle pousse un grand cri : « Ah ! pourquoi m’avez-vous trompée ! car vous êtes Saül... — Ne craignez rien, reprend le roi, mais qu’avez-vous vu? — Xai vu la terre s'entr'ouvrir et un dieu monter des profondeurs... C’est la figure d'un vieillard, drapé d'un manteau. » Reconnaissant le saint nabi, Saül se prosterne jusqu’à terre; mais, chose bien digne de notre attention, avant de prédire au roi rejeté de lod-hévê sa défaite et sa mort, Samuel lui reproche amèrement d’avoir troublé son repos d’outre-tombe, et surtout de l’avoir contraint à repas¬ ser la porte sombre que tout mortel ne doit franchir qu’une fois.
Si nous passons en Crèce, nous y trouvons édictée une loi contre les enchanteurs : « Elle porte que tous ceux qui, par charmes, paroles, ligature, image de cire, ou autre maléfice, enchantent ou charment quel¬ qu’un, ou qui s’en servent pour faire mourir les hommes ou le bétail, soient punis de mort h »
Platon * rapporte cette loi. Démosthènes en cite l’application: Lemnia, sorcière, mise à mort sur la dénonciation d’une servante. Pausanias ^ fait men¬ tion d’une chambre de justice, spécialement établie
^ Traité de la Police, de M. de LamaiTe, tome I, titre VII. 2 Platon, De Legibus, livre II.
2 Pausanias, In Elia .. livre V.
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par la République d’Athènes, pour réprimer le crime de sorcellerie, et mettre fin à toutes superstitions dan¬ gereuses et funestes au culte des dieux nationaux.
A Rome, la Loi des douze Tables * frappe aussi de mort tout citoyen coupable d’avoir nui, par des charmes ou des incantations, soit aux personnes, soit aux bestiaux, soit aux récoltes. Ce vieux texte juri¬ dique stigmatise même le sorcier en le déclarant abo¬ minable : Sacer esto ! — L’on sait que les Romains n’abusaient pas de cette imprécation, qui était chez «ux, comme l’observe très bien Lamarre, une marque de la plus haute indignation.
Pierre de Lancre ^ rappelle l’exécution de 170 sor¬ cières à Rome, sous le Consulat de Glaudius Marcellus et de Valerius Flaccus : elles avaient maléficié diverses personnes, en graissant les portes avec des onguents enchantés.
Sous Auguste, on recherche exactement tous les livres de magie qui pouvaient se trouver à Rome : ils sont aussitôt brûlés, au nombre de 2,000, par ordre •exprès de l’Empereur. Tibère et Néron confirment, par de nouveaux édits, la vigueur des anciennes lois. Ce dernier bannit même d’Italie tous les philosophes, sous prétexte qu’ils se livrent en secret à l’art de la divination : ce qui n’empêche pas ce prince, animé d’un zèle aussi louable, d’évoquer les mânes de sa mère Agrippine.
^ Leg, duodecim tabular,,,, art. 55, 68, 69, etc. 2 U Inconstance, etc..., page 138.
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Les princes chrétiens répriment, bien entendu, avec la dernière sévérité, la pratique des sciences mau¬ dites, confondant sous cette appellation la plus haute Magie et la Goëtiela plus abjecte, —- contre lesquelles le Concile d’Ancyre lance en bloc ses anathèmes (314).
Constantin promulgue, en 319, une loi dirigée contre les Aruspices ; mais deux ans plus tard, une autre loi rétracte en partie la première.Une recrudescence de sévérité sévit sous Constance, qui ordonne (357} que tout enchanteur ait la tête tranchée.
Après la tentative de restauration polythéiste deJulien le Sage (dit l’Apostat), la Magie se trouve géné¬ ralement confondue avec le Paganisme lui-même, dans les édits des empereurs chrétiens qui lui succèdent : Jovien, Valentinien, Valens, Honorius, Théodose, Arcade et Léon.
Quant aux barbares qui s’établissent en Gaule vers cette époque, leurs princes ne déploient pas une sévé¬ rité moindre. Bien avant la conversion de Clovis au Christianisme (496), la loi salique mentionne et punit le crime de sortilège. Chilpéric III date de 742 un édit contre les Sorciers, et Charlemagne, en 772, fonde la Sainte-Vehme, pour les exterminer en Alle¬ magne.
Plusieurs rois de France pourvoient, par des ordon¬ nances successives, à ce que cette engeance soit tra¬ quée et décimée selon la rigueur des lois. Nous allons clore cette énumération déjà fastidieuse et pour¬ tant très incomplète, en signalant les ordonnances de Charles VIII (1490', de la Prévôté de Paris (1493),
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de Charles IX aux Etats d’Orléans (1560), de Henri III aux Etats de Blois (1579) ; les lettres-pa¬ tentes de Louis XIII, en date du 20 janvier 1628, enfin l’édit déjà moins barbare de Louis XIV en date de juillet 1682, que le Parlement de Paris enre¬ gistre le 31 août de la même année b
objecting the law of death renewed against diviners by Saul himself. He reassures her and at last decides her; but scarcely does the apparition take shape before the Pythoness's eyes than she utters a great cry: « Ah! why have you deceived me! for you are Saul... — Fear nothing, replies the king, but what have you seen? — I have seen the earth open and a god rise from the depths... It is the figure of an old man, draped in a mantle. » Recognising the holy nabi, Saul prostrates himself to the earth; but, a thing well worthy of our attention, before predicting to the king rejected of Iod-hévê his defeat and his death, Samuel bitterly reproaches him with having troubled his repose beyond the tomb, and above all with having constrained him to re-pass the sombre door that every mortal must cross but once.
If we pass into Greece, we there find enacted a law against enchanters: « It bears that all those who, by charms, words, ligature, image of wax, or other maleficence, enchant or charm some¬ one, or who use such to make men or cattle die, be punished with death h »
Plato * reports this law. Demosthenes cites the application of it: Lemnia, a sorceress, put to death upon the denunciation of a servant. Pausanias ^ makes men¬ tion of a chamber of justice, specially established
^ Treatise of the Police, by M. de Lamarre, volume I, title VII. 2 Plato, De Legibus, book II.
2 Pausanias, In Elia .. book V.
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by the Republic of Athens, to repress the crime of sorcery and put an end to all superstitions dan¬ gerous and baleful to the cult of the national gods.
At Rome, the Law of the twelve Tables * likewise strikes with death every citizen guilty of having harmed, by charms or incantations, whether persons, or cattle, or harvests. That old juri¬ dical text even stigmatises the sorcerer by declaring him abo¬ minable: Sacer esto! — It is known that the Romans did not abuse that imprecation, which was among them, as Lamarre very well observes, a mark of the highest indignation.
Pierre de Lancre ^ recalls the execution of 170 sor¬ ceresses at Rome, under the Consulate of Claudius Marcellus and of Valerius Flaccus: they had bewitched divers persons by greasing the doors with enchanted unguents.
Under Augustus, exact search is made for all the books of magic that could be found at Rome: they are at once burned, to the number of 2,000, by express order of the Emperor. Tiberius and Nero confirm, by new edicts, the vigour of the ancient laws. The latter even banishes from Italy all the philosophers, on the pretext that they give themselves in secret to the art of divination: which does not prevent this prince, animated by so laudable a zeal, from evoking the manes of his mother Agrippina.
^ Leg. duodecim tabular..., art. 55, 68, 69, etc. 2 Inconstancy, etc..., page 138.
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The christian princes repress, be it understood, with the utmost severity, the practice of the accursed sciences, confounding under that appellation the highest Magic and the most abject Goety, — against which the Council of Ancyra launches its anathemas in a mass (314).
Constantine promulgates, in 319, a law directed against the Haruspices; but two years later another law
partly retracts the first.A recrudescence
of severity rages under Constantius, who orders (357) that every enchanter have his head struck off.
After the attempt at polytheist restoration of Julian the Wise (called the Apostate), Magic finds itself gene¬ rally confounded with Paganism itself in the edicts of the christian emperors who succeed him: Jovian, Valentinian, Valens, Honorius, Theodosius, Arcadius and Leo.
As for the barbarians who establish themselves in Gaul about that epoch, their princes deploy no lesser seve¬ rity. Long before the conversion of Clovis to Christianity (496), the salic law mentions and punishes the crime of sortilege. Chilperic III dates from 742 an edict against Sorcerers, and Charlemagne, in 772, founds the Sainte-Vehme to exterminate them in Ger¬ many.
Several kings of France provide, by successive ordin¬ ances, that this breed be hun¬ ted down and decimated according to the rigour of the laws. We shall close this enumeration, already tedious and yet very incomplete, by pointing out the ordinances of Charles VIII (1490', of the Provostry of Paris (1493),
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of Charles IX at the Estates of Orléans (1560), of Henri III at the Estates of Blois (1579); the letters-pa¬ tent of Louis XIII, dated the 20 January 1628, lastly the already less barbarous edict of Louis XIV dated July 1682, which the Parlement of Paris regis¬ ters the 31 August of the same year b
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