Le Serpent de la Genèse — Stanislas de Guaita (Essais de sciences maudites II, 1891)

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néral, par une conversation de près d’un quart d’heure, puis il s’emparait de ma personne...

« Cependant je l’interrogeais avec liberté : — Comment t'y yrends-tu donc, lui demandais-je, pour apparaître et disparaître portes fermées et fenêtres closes? — J'ai des permissions. — Mais, pour un corps, c'est inconcevable ; si tu es diable et, par con¬ séquent, un esprit, comment peux-tu donc être pour nous comme un homme ?— Je prends un corps mort et avec cela je fais ce que je veux (sic) !

« — Tu ne mourras jamais, me disait-il, tant que tu me seras fidèle; tu seras éternelle; je veux dire

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qu'à la mort J aurai le pouvoir de te faire reprendre la vie,

(( Qu’entendait-il par ces paroles?

« Ce qu’il y a de certain, c’est que, par une mer¬ veille de la grâce de Dieu^ la vie rentra dans mon âme à la suite du remords. Aujourd’hui, le pacte est rompu. Dieu merci ! Ce ne fut pas sans peine. C’est à Dieu que j’appartiens; il était temps Ihe remords ne déchire plus mon âme, mais mon repentir est profond...

« — Etes-vous bien certaine que toutes vos ré¬ ponses à ces questions expriment des choses réelles, et non point des illusions? — Oui, parfaitement cer¬ taine; aussi certaine que je puisse être de quoi que ce soit au monde. La certitude de mes anciennes amies,, ajouta-t-elle, est inébranlable et pareille à la mienne,

(( Cette rédaction étant terminée (nous prévient M. des Mousseaux) d'après les notes et sur les ré¬ ponses quCy depuis trois ans,, m'a successivement transmises X,,, et à la suite des conversations que j’eus avec lui sur ce pomi, je la lui soumets; il la trouve exacte et bonne à publier telle que je la pu¬ blie »

Le chevalier Gougenot des Mousseaux est un trop piquant historien des mœurs sataniques pour que nous ne cédions pas à la tentation de lui laisser la parole quelques instants encore.

^ Hauts phénomènes de la Magie, pages 376-384, joassem.

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LE TEMPLE DE SATAN

Nouvel avatar du Malin, — L’auteur nous décrit à quelles fantaisies de goût douteux le Diable se livre, quand la curiosité rassemble, autour d’un médium en vogue, d’élégantes et (pour cette fois du moins) plus pudibondes filles d’Ève :

« De temps en temps, un souffle indiscret et mysté¬ rieux s’engageant sous les jupes des femmes... les gonflait et les ballonnait. Plusieurs dames, appar¬ tenant à la société la plus distinguée et parfaitement étrangères de rapports l’une avec Tautre, m’assurèrent avoir éprouvé de la manière la plus sensible ce désa¬ gréable effet, qui, plus d’une fois, les fit battre préci¬ pitamment en retraite.Jusque-la, rien que d assez innocent ; mais un jour, entre deux dames de ma fort intime connaissance, et dont la plus jeune, madame la comtesse de ***, est dans un âge de respectable maturité, une troisième était assise, amie de l’une et de l’autre. Tout à coup, et tout isolée que fût celle-ci du médium et de ses compagnes, elle jette un cri dedétresse, recule et porte sa main vers la partie infé¬ rieure de son buste. Elle est hors delle.....

« Un autre jour, une dame d’un assez riche embon¬ point étant assise à quelques pas du médium, une ba¬ leine de son jupon, sur laquelle portait tout le poids de son buste, fut aussi violemment extraite de sa cou¬ lisse que le serait une dent de son alvéole. Au mêmeinstant, un cri s’échappait de la bouche des autresfemmes, qui toutes à la fois, se sentirent touchées à une même partie du corps. Moitié respect pour la vé¬ rité, moitié respect pour elles-mêmes, cette partie fut

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par ces dames appelée les genoux. Je ne parle pas au hasard, mais je serais lapidé, si je disais plus h »

Décidément, Lucifer est un détestable plaisant ou plutôt un gaillard de très mauvaise compagnie. Mais, croyez-moi, la faute en est à certains médiums qui tolèrent chez leurs lutins familiers d’aussi déplorables façons. Si les frères et les maris m’en croyaient, ne pouvant atteindre les inconvenants espiègles de l’in¬ visible, ils tireraient — par procuration — les oreilles des médiums coupables d’enrôler dans leur troupe d’aussi fâcheux acteurs et de produire, dans leurs ba¬ raques, des scènes d’une pareille indécence.

Tous n’ont pas d’ailleurs de commensaux aussi compromettants : c’est assez heureux pour le métier ; car ce genre de caresses surnaturelles n’étant pas habituellement du goût de ces dames, et moins encore du goût de messieurs leurs époux, les médiums ris¬ queraient d’endosser les torts du Diable et le Spiritisme les torts des médiums ; bref, si récréatives qu’elles fussent, les séances désertées leur seraient un avertis¬ sement, un peu tardif peut-être, de mieux élever à l’avenir leurs potaches de l’autre monde !...

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neral, with a conversation of near a quarter of an hour, then he took possession of my person...

« Meanwhile I questioned him freely: — How dost thou set about it, I asked him, to appear and disappear with doors shut and windows closed? — I have permissions. — But, for a body, it is inconceivable; if thou art a devil and, con¬ sequently, a spirit, how then canst thou be for us as a man? — I take a dead body and with that I do what I will (sic)!

« — Thou shalt never die, he said to me, so long as thou art faithful to me; thou shalt be eternal; I mean

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that at death I shall have the power to make thee take up life again,

(( What did he mean by these words?

« What is certain is that, by a mar¬ vel of the grace of God, life re-entered my soul

in the wake of remorse. To-day the pact is

broken. Thank God! It was not without pain. It is to God that I belong; it was time remorse no longer tears my soul, but my repentance is deep...

« — Are you quite certain that all your an¬ swers to these questions express real things, and not illusions? — Yes, perfectly cer¬ tain; as certain as I can be of anything whatever

in the world. The certainty of my former

friends, she added, is unshakable and like my own,

(( This redaction being finished (M. des Mousseaux forewarns us) after the notes and upon the an¬ swers that, for three years, X... has successively transmitted to me, and following the conversations I had with him upon this point, I submit it to him; he finds it exact and good to publish just as I pu¬ blish it »

The chevalier Gougenot des Mousseaux is too piquant a historian of satanic manners for us not to yield to the temptation of leaving him the word some instants longer.

^ High phenomena of Magic, pages 376-384, passim.

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THE TEMPLE OF SATAN

A fresh avatar of the Evil One. — The author describes for us to what fantasies of doubtful taste the Devil gives himself up when curiosity gathers about a medium in vogue elegant and (for this once at least) more prudish daughters of Eve:

« From time to time an indiscreet and mysteri¬ ous breath, getting in under the women's skirts... swelled them and ballooned them. Several ladies, belong¬ ing to the most distinguished society and perfect strangers to one another, assured me they had felt in the most palpable manner this disa¬ greeable effect, which, more than once, made them beat a preci¬ pitate retreat.Thus far, nothing but what was

innocent enough; but one day, between two ladies of my very intimate acquaintance, of whom the younger, madame the countess de ***, is at an age of respectable maturity, a third was seated, friend of the one and of the other. All at once, isolated as she was from the medium and from her companions, she utters a cry of distress, draws back and carries her hand towards the low¬ er part of her bust. She is beside herself.....

« Another day, a lady of a fairly rich embon¬ point being seated some paces from the medium, a whale¬ bone of her petticoat, upon which bore all the weight of her bust, was as violently drawn from its cas¬ ing as a tooth would be from its socket. At the same instant a cry escaped from the mouths of the other women, who all at once felt themselves touched at one same part of the body. Half out of respect for the tru¬ th, half out of respect for themselves, this part was

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by these ladies called the knees. I do not speak at random, but I should be stoned if I said more h »

Decidedly, Lucifer is a detestable joker, or rather a fellow of very bad company. But, believe me, the fault lies with certain mediums who tolerate such deplorable ways in their familiar imps. If brothers and husbands would take my word, being unable to reach the unseemly sprites of the in¬ visible, they would pull — by proxy — the ears of the mediums guilty of enrolling in their troupe such vexatious actors and of producing, in their bo¬ oths, scenes of a like indecency.

Not all of them, moreover, have such compromising messmates: that is fortunate enough for the trade; for this kind of supernatural caress not being habitually to the taste of these ladies, and still less to the taste of messieurs their husbands, the mediums would ri¬ sk shouldering the Devil's faults and Spiritism the mediums' faults; in short, however recreative they might be, the deserted séances would be a warn¬ ing to them, a little belated perhaps, to bring up their schoolboys of the other world better in future!...

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