Le Serpent de la Genèse — Stanislas de Guaita (Essais de sciences maudites II, 1891)
Comment ne pas reconnaitre la Puissance aveugle Simpersonnelle du peuple, s'attaquant à la Couronne et à la tiare ?
Peu m'importe à quel pape en particulier tel commen¬ tateur a pu faire l’application de cette figure prophétique. Pour moi, cet hiéroglyphe déjà si clair en soi et qui a pour Epigraphe: Ce ne sera partout que Confusion et Erreur, dans la Corruption, exprime un état de choses qui a eu son apo^ee en sous le Règne de la Terreur.
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1786, sur les 9 heures, à la taverne de Reilly, great queen Street (grande rue de la reine), pour y former un plan, et poser la prend ère pierre fondamentale du véritable temple dans ce monde visible.
* CAGLIOSTRO. » ‘
Pour ceux qui connaissent les symboles maçon¬ niques du temple de Salomon, de la mort d’AdonHiram et de sa résurrection future, j’estime que cet avis est clair.
Assez de Gagliostro et des adeptes voyageurs : les anecdotes et les commentaires que nécessiterait leur histoire rempliraient la moitié de cet ouvrage.
Or, si j’entre dans tous ces détails, en un chapitre qui ne devrait rouler, semble-t-il, que sur les procès de sorcellerie, c’est que je tiens, en multipliant les •documents, à faire luire l’évidence d’une lutte de titans entre adeptes de deux initiations différentes; lutte dont les préliminaires mystérieux ont été sym¬ bolisés et l’issue nécessaire prédite par Saint-Martin, suivant toutes les règles de l’art ésotérique le plus exquis, dans un poème épiço-magique, en cent-deux chants ; — Le Crocodile ou la guerre du Bien et du Mal, arrivée sous le règne de\Louis XV; œuvre pos thume d’un amateur des choses cachées
Cette guerre formidable—dont je me fais fort de prou¬ ver la réalité, sans promettre d’en dévoiler l’histoire.
< Le Tombeau de Jacques Molay, pages 36-37.
^ Paris, aa VU de la Rép., I vol. in-8 de 430 pages, petit texte.
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ici du moins, — cette guerre rentre, à des titres divers, dans l’objet d’un chapitre intitulé : La Justice des hommes; et des lecteurs superficiels pourraient seuls y voir une digression stérile et non justifiée : sym¬ bole vivant de nos humaines revendications, la Révo¬ lution française, doublement juste et légitime dans son principe, s’est montrée doublement inique dans son application; et c’est en quoi Injustice des hommes diffère de celle de Dieu.
Faire le Mal en partant d’une loi juste, c’est plus révoltant pour une conscience droite que faire le Mal en vertu d’un principe d’iniquité.
Tout arbre doit porter son fruit, selon sa race ; l’arbre mauvais donné un fruit mauvais, c’est dans l’ordre des choses : un jour viendra où l’arbre mau¬ vais sera déraciné, scié et jeté au feu. — Mais l’arbre bon ne peut donner de mauvais fruits que s'il dégé¬ nère, s’il s’abâtardit; et le spectacle est toujours navrant d’une pareille altération ; elle ne se peut opérer qu’au laboratoire de Satan, et par la loi du Binaire^ c’est-à-dire de l’irremédiable antagonisme.
Nous l’avons vu, et nous l’allons encore vérifier, le Régime de la Terreur est le fruit du Binaire impur.
Vraiment énigmatique et stupéfiant, ce long délire du plus noble et du plus civilisé des peuples a dérouté la sagacité de tous les historiens. Qui ne s’épuiserait en conjectures impuissantes, à l’aspect de ces marées périodiques de sang national épandu, où la France, métamorphosée en bacchante, prend plaisir à se vau¬ trer avec ces cris frénétiques et sublimes tout ensemble.
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qui paraissent empreints d’un fiévreux lyrisme de joie farouche et de désespoir?
Pour faire une brusque lumière sur cette époque étrange, si fertile en cataclysmes, quelques lignes de l’abbé Constant (Eliphas Lévi) vont suffire: « On se souvient de l’étrange allocution qu’adressa à Gazotte lui-même, en le condamnant à mort, le président du Tribunal révolutionnaire, son confrère et co-initié. Le nœud terrible de 93 est encore caché dans le sanctuaire le plus obscur des sociétés secrètes : aux adeptes de bonne foi qui voulaient émanciper les peuples d’autres adeptes, d’une secte opposée et qui se rattachait à des traditions plus anciennes, firent une opposition ter¬ rible par des moyens analogues à ceux de leurs ad¬ versaires; ils rendirent la pratique du grand arcane impossible en démasquant la théorie. La foule ne com¬ prit rien; mais elle se défia de tous et retomba par découragement plus bas qu’on avait voulu Télever. Legrand arcane resta plus inconnu que jamais ; seu¬ lement, les adeptes neutralisés les uns par les autres ne purent exercer la puissance ni pour dominer les autres, ni pour se délivrer eux-mêmes : ils se con¬ damnèrent donc mutuellement comme traîtres et se vouèrent les uns les autres à l’exil, au suicide, au poignard et à l’échafaud »
Laissons pour l’instant Gazotte et son procès ; nous rendrons tout à l’heure à cet épisode toute l’attention
< Constant parle Ici des Néo-Templiers.
2 Eliphas Lévi, Dogme de la Haute Magie, pages 324-325.
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qu’il mérite ; heureux de pouvoir fournir aux curieux des détails d’une inattaquable authenticité, et qui, pour être de la plus étrange importance, n’en semblent pas moins généralement ignorés.
How not recognise the blind and impersonal Power of the people, attacking the Crown and the tiara?
It matters little to me to what pope in particular such a commen¬ tator may have made the application of this prophetic figure. For me, this hieroglyph already so clear in itself and which has for Epigraph: Everywhere there shall be but Confusion and Error, in Corruption, expresses a state of things which had its apogee in under the Reign of the Terror.
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1786, about the 9 o'clock, at the tavern of Reilly, great queen Street (grand street of the queen), there to form a plan, and to lay the fir st foundation stone of the true temple in this visible world.
* CAGLIOSTRO. » ‘
For those who know the maso¬ nic symbols of the temple of Solomon, of the death of AdonHiram and of his future resurrection, I hold that this notice is clear.
Enough of Gagliostro and of the travelling adepts: the anecdotes and the commentaries their
history would necessitate would fill the half of this work.
Now, if I enter into all these details, in a chapter which should turn, it seems, only upon the trials of sorcery, it is that I am bent, by multiplying the •documents, upon making shine the evidence of a struggle of titans between adepts of two different initiations; a struggle whose mysterious preliminaries were sym¬ bolised and whose necessary issue was predicted by Saint-Martin, following all the rules of the most exquisite esoteric art, in an epico-magical poem, in one hundred and two cantos; — Le Crocodile ou la guerre du Bien et du Mal, arrivée sous le règne de Louis XV; post humous work of an amateur of hidden things
This formidable war—whereof I make bold to pro¬ ve the reality, without promising to unveil the history of it.
< Le Tombeau de Jacques Molay, pages 36-37.
^ Paris, aa VU de la Rép., I vol. in-8 of 430 pages, small text.
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here at least, — this war falls, on divers titles, within the object of a chapter entitled: The Justice of men; and only superficial readers could see in it a sterile and unjustified digression: living sym¬ bol of our human vindications, the French Revo¬ lution, doubly just and legitimate in its principle, showed itself doubly iniquitous in its application; and it is in this that the Justice of men differs from that of God.
To do Evil setting out from a just law, is more revolting to an upright conscience than to do Evil in virtue of a principle of iniquity.
Every tree must bear its fruit, according to its race; the bad tree given a bad fruit, that is in the order of things: a day will come when the bad tree will be uprooted, sawn and cast into the fire. — But the good tree can give bad fruits only if it degene¬ rates, if it grows bastard; and the spectacle is always heart-rending of such an alteration; it can be operated only in the laboratory of Satan, and by the law of the Binary^ that is to say of irremediable antagonism.
We have seen it, and we are going to verify it again, the Régime of the Terror is the fruit of the impure Binary.
Truly enigmatic and stupefying, this long delirium of the noblest and the most civilised of peoples has baffled the sagacity of all the historians. Who would not exhaust himself in impotent conjectures, at the aspect of those periodic tides of national blood shed abroad, wherein France, metamorphosed into a bacchante, takes pleasure to wal¬ low with those cries frenzied and sublime both together.
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which appear stamped with a feverish lyricism of savage joy and of despair?
To throw an abrupt light upon this strange epoch, so fertile in cataclysms, a few lines of the abbé Constant (Eliphas Lévi) will suffice: « One remembers the strange allocution addressed to Gazotte himself, in condemning him to death, by the president of the revolutionary Tribunal, his confrère and co-initiate. The terrible knot of 93 is still hidden in the most obscure sanctuary of the secret societies: to the adepts of good faith who wished to emancipate the peoples other adepts, of an opposed sect and which attached itself to more ancient traditions, made a ter¬ rible opposition by means analogous to those of their ad¬ versaries; they rendered the practice of the grand arcanum impossible by unmasking the theory. The crowd unders¬ tood nothing; but it distrusted all and fell back through discouragement lower than it had been wished to raise it. Thegrand arcanum remained more unknown than ever; on¬ ly, the adepts neutralised one by another could exercise the power neither to dominate the others, nor to deliver themselves: they therefore con¬ demned one another mutually as traitors and vowed one another to exile, to suicide, to the dagger and to the scaffold »
Let us leave for the moment Gazotte and his trial; we shall presently render to this episode all the attention
< Constant speaks Here of the Neo-Templars.
2 Eliphas Lévi, Dogme de la Haute Magie, pages 324-325.
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it deserves; happy to be able to furnish the curious with details of an unassailable authenticity, and which, for being of the strangest importance, seem none the less generally unknown.
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