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1Voila donc, en substance, à peu de chose près, la fable mosaïgue de l’originel péché. Je veux dire, en sa version la plus matérielle et voilée, telle que l’ont constamment rendue des traducteurs ou naïfs, ou feignant de Vêire. Demandons^ous, a cette heure, quel peut bien ■ être ce Serpent mystique et formidable, dont la per¬ fidie sut perdre Ève, puis Adam... Et d’après les sens divers de cette allégorie, nous établirons les ■ divisions de notre ouvrage. III v^’ Quel est-il, ce Serpent? Au sens vulgaire, apparent, on Va deviné sans INTRODUCTION - 25 'peine : c'est VEsprit du Mal déguisé en reptile; c est V éternel Adversaire y en hébreu : pt:? Shatan K Au premier sens ésotèriguey c^est la Lumière as¬ trale, ce fluide implacable qui gouverne les instincts; cet universel dispensateur de la vie élémentaire, agent fatal de la naissance et de la mort ; rideau de Tlnvisible, derrière lequel se dérobent les diverses hiérarchies de Puissances auxquelles il sert à la fois de voile et de véhicide. Cet être hyperphysique — inconscient, donc irresponsable, — domine en maître sur le sorcier, comme au mage il obéit en valet, — To be or not to be... // faut ci tout prix s'en rendre maître, si Von ne veut pas devenir le jouet des grands cou¬ rants qui se meuvent en lui, suivant d'invariables lois. Au sens ésotérique supérieur, le Serpent sy^nbolise T égoïsme primordial, ce mystérieux attrait de Soi vers Soi, qui est le principe même de la divisibilité : cette force qui, sollicitant tout être à s'isoler de l'U¬ nité originelle, pour se faire centre et se complaire dans sort Moi, a causé la déchéance d'Adam. — Le passage cité de la Genèse nous conduit au problème
2^ Ce n'est point ici ce qu'on peut appeler le sens positif du Symbole, mais au contraire un essai malheureux d'interpré¬ tation superlative. Le sens positif, c*est le fait : Vivresse quelconque, qui, en¬ vahissant l'homme, le fait rouler au mal. — Le Temple de Satan nous fournira l'occasion d'analyser cette ivresse en ses pires manifestations, dans toute la fureur de sa mise en œuvre : ainsi cette première Septaine servira de commentaire 'tout ensemble au sens positif de l'emblème et au sens super¬ latif erroné que le vulgaire profane lui attribue. 26 LE SERPENT DE LA GENESE du Mal : il faut y voir la légende de la Chute hu¬ maine^ aussi bien collective qu'individuelle; à quoi fait suite, comme complément nécessaire, la grande épopée de la Rédemption. D'oü trois parties dans notre ouvrage ^ : 1. Le Temple de Satan. — Notre premier livre sera donc consacré à Vexamen des oeuvres spéciales, caractéristiques de Satan : la Magie Noire et ses hideuses pratiques, envoûtements et maléfices. Nous énumérerons les ressources infernales de la sor¬ cellerie, Nous irons défier dans son antre le prince des ténèbres étemelles, et au sabbat, le bouc mons¬ trueux aux seins de femme, que les adeptes de ces répugnantes agapes devaient « baiser brutalement soubs la queue, en signe de grand reuerence et d'hon¬ neur ». 2 , La Clef de la Magie Noire. ce second livre du Serpent de la Genèse, nous donnerons le sens caché du mythe de Satan, — L'étude de la Lumière astrale, comme agent suprême des œuvres téné¬ breuses de la Goëtie, nous permettra de reprendre les rites et les phéno7nènes que nous aurons décrits, et de les ajialyser dans leurs causes et leurs effets
3^ Voir la note intitulée: Plan ésotérique de cet ouvrage. — Il semble inutile de redire ici ce que nous avons exposé sur la garde de ce livre, touchant le nombre, l'enchaînement et la ré¬ partition des XXII chapitres en trois Septaines et un Epilogue. INTRODUCTION 27 réels, suivant les doctrines longtemps secrètes de la Kabbale et de l’Hermétisme occulte. , 3. Le Problème du Mal. — La troisième par¬ tie, enfin, sera la synthèse philosophique de notre Livre : nous y aborderons la grande énigme du Mal, et soulèverons, dans la mesure où notre conscience et notre initiation nous le permettent, le voile redouxtable et bienfaisant qui dérobe aux yeux du profanum vulgus le Grand Arcane de la Magie. Nous pousse- -rons même,plus loin qu’aucun adepte ne crut devoir le faire, jusqu’à cette limite ultime, si formidable à franchir, où le Kéroûb emblématique, le glaive de flamme au poing, menace de cécité les téméraires con¬ templateurs du plus aveuglant des soleils. Qu'est-ce que le Mal? — Dieu l’a-t-il créé? — Qu’elle est Torigine du Mal, s’il n'a pas positivement de principe? — Qu’est-ce, au sens véritable, que la chute édenale? — Qu’était le grand Adam avant la chute? — Que devient-il après? —En quoi le Mys¬ tère de la Création .s'identifie-t-il avec ceux de la Chute et de rincarnation? — En quoi le Mystère de la Ré¬ demption est-il complémentai7''e de ces derniers? — Qu est-ce que le Rédempteur? le Christ douloureux? le Christ glorieux? — Comment s'analysent kabbalistiquement les cinq lettres (nurni) hébraïques du nom de Jésus? — A quoi se résout, au point de vue éso^ térique, la Question sociale? — Comment l'inacces¬ sible Unité se vèYhle-t-elle par le Ternaire dans le monde intelligible et se manifeste-#-cZfe par le Qua28 LE SERPENT DE LA GENESE
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Voila donc, en substance, à peu de chose près, la fable mosaïgue de l’originel péché. Je veux dire, en sa version la plus matérielle et voilée, telle que l’ont constamment rendue des traducteurs ou naïfs, ou feignant de Vêire. Demandons^ous, a cette heure, quel peut bien ■ être ce Serpent mystique et formidable, dont la per¬ fidie sut perdre Ève, puis Adam... Et d’après les sens divers de cette allégorie, nous établirons les ■ divisions de notre ouvrage. III v^’ Quel est-il, ce Serpent? Au sens vulgaire, apparent, on Va deviné sans INTRODUCTION - 25 'peine : c'est VEsprit du Mal déguisé en reptile; c est V éternel Adversaire y en hébreu : pt:? Shatan K Au premier sens ésotèriguey c^est la Lumière as¬ trale, ce fluide implacable qui gouverne les instincts; cet universel dispensateur de la vie élémentaire, agent fatal de la naissance et de la mort ; rideau de Tlnvisible, derrière lequel se dérobent les diverses hiérarchies de Puissances auxquelles il sert à la fois de voile et de véhicide. Cet être hyperphysique — inconscient, donc irresponsable, — domine en maître sur le sorcier, comme au mage il obéit en valet, — To be or not to be... // faut ci tout prix s'en rendre maître, si Von ne veut pas devenir le jouet des grands cou¬ rants qui se meuvent en lui, suivant d'invariables lois. Au sens ésotérique supérieur, le Serpent sy^nbolise T égoïsme primordial, ce mystérieux attrait de Soi vers Soi, qui est le principe même de la divisibilité : cette force qui, sollicitant tout être à s'isoler de l'U¬ nité originelle, pour se faire centre et se complaire dans sort Moi, a causé la déchéance d'Adam. — Le passage cité de la Genèse nous conduit au problème
2^ Ce n'est point ici ce qu'on peut appeler le sens positif du Symbole, mais au contraire un essai malheureux d'interpré¬ tation superlative. Le sens positif, c*est le fait : Vivresse quelconque, qui, en¬ vahissant l'homme, le fait rouler au mal. — Le Temple de Satan nous fournira l'occasion d'analyser cette ivresse en ses pires manifestations, dans toute la fureur de sa mise en œuvre : ainsi cette première Septaine servira de commentaire 'tout ensemble au sens positif de l'emblème et au sens super¬ latif erroné que le vulgaire profane lui attribue. 26 LE SERPENT DE LA GENESE du Mal : il faut y voir la légende de la Chute hu¬ maine^ aussi bien collective qu'individuelle; à quoi fait suite, comme complément nécessaire, la grande épopée de la Rédemption. D'oü trois parties dans notre ouvrage ^ : 1. Le Temple de Satan. — Notre premier livre sera donc consacré à Vexamen des oeuvres spéciales, caractéristiques de Satan : la Magie Noire et ses hideuses pratiques, envoûtements et maléfices. Nous énumérerons les ressources infernales de la sor¬ cellerie, Nous irons défier dans son antre le prince des ténèbres étemelles, et au sabbat, le bouc mons¬ trueux aux seins de femme, que les adeptes de ces répugnantes agapes devaient « baiser brutalement soubs la queue, en signe de grand reuerence et d'hon¬ neur ». 2 , La Clef de la Magie Noire. ce second livre du Serpent de la Genèse, nous donnerons le sens caché du mythe de Satan, — L'étude de la Lumière astrale, comme agent suprême des œuvres téné¬ breuses de la Goëtie, nous permettra de reprendre les rites et les phéno7nènes que nous aurons décrits, et de les ajialyser dans leurs causes et leurs effets
3^ Voir la note intitulée: Plan ésotérique de cet ouvrage. — Il semble inutile de redire ici ce que nous avons exposé sur la garde de ce livre, touchant le nombre, l'enchaînement et la ré¬ partition des XXII chapitres en trois Septaines et un Epilogue. INTRODUCTION 27 réels, suivant les doctrines longtemps secrètes de la Kabbale et de l’Hermétisme occulte. , 3. Le Problème du Mal. — La troisième par¬ tie, enfin, sera la synthèse philosophique de notre Livre : nous y aborderons la grande énigme du Mal, et soulèverons, dans la mesure où notre conscience et notre initiation nous le permettent, le voile redouxtable et bienfaisant qui dérobe aux yeux du profanum vulgus le Grand Arcane de la Magie. Nous pousse- -rons même,plus loin qu’aucun adepte ne crut devoir le faire, jusqu’à cette limite ultime, si formidable à franchir, où le Kéroûb emblématique, le glaive de flamme au poing, menace de cécité les téméraires con¬ templateurs du plus aveuglant des soleils. Qu'est-ce que le Mal? — Dieu l’a-t-il créé? — Qu’elle est Torigine du Mal, s’il n'a pas positivement de principe? — Qu’est-ce, au sens véritable, que la chute édenale? — Qu’était le grand Adam avant la chute? — Que devient-il après? —En quoi le Mys¬ tère de la Création .s'identifie-t-il avec ceux de la Chute et de rincarnation? — En quoi le Mystère de la Ré¬ demption est-il complémentai7''e de ces derniers? — Qu est-ce que le Rédempteur? le Christ douloureux? le Christ glorieux? — Comment s'analysent kabbalistiquement les cinq lettres (nurni) hébraïques du nom de Jésus? — A quoi se résout, au point de vue éso^ térique, la Question sociale? — Comment l'inacces¬ sible Unité se vèYhle-t-elle par le Ternaire dans le monde intelligible et se manifeste-#-cZfe par le Qua28 LE SERPENT DE LA GENESE
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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