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1LE SERPENT DE LA GENÈSE le Sacerdoce et VEnseignement fraternisaient, ou¬ vrant deux voies distinctes sur un même idéal; et de vénérables Universités religieuses rassemblaient de jeunes èlèves dans Tétude et le culte du Vrai. Le pontife et le savant enfin ne faisaient quun maître, chargé, sous le nom dHiérophante d'initier gra¬ duellement les hommes dignes de ce nom aux quatre hiérarchies de sciences sacrées, et d'officier avec leur concours dans les cérémonies publiques : ainsi, porté sur les tt'iples ailes de l'étude, de la contemplation et de la prière, le néophyte s'élevait par degrés, de la connaissance de ce qui est, aux mystérieux et ineffables arcanes de Celui qui est éternellement. Tel nous apparaît l’enseignement scientifique et re¬ ligieux, dans tout l'empire arbitral fondé par Rama ; tel, après Irshou et le schisme des Yonijas, le saluonsnous encore dans les contrées qui surent, comme l'E¬ gypte et les Confédérations étrusques, garder intact le trésor traditionnel de l'antique orthodoxie. L’Histoire philosophique du Genre humain ', par Fabre d'Olivet, ne laisse aucun doute sur la certi¬ tude de ces faits historiques ; mais ils écla tent sur¬ tout d’une lumineuse évidence, pour qui a médité sans parti pris l'œuvre plus récente et moins sommaire < U Hiérophante était à la fois ce que nous appellerions Evêque rnétropolitaîu et Recteur d’Université; hiérarchiquement groupés autour de lui, les simples professeurs-prêtres pre¬ naient le nom de Mages. 2 Paris, J. Brière, 1822, 2 col. in-S. INTRODUCTION Â ^ lo cents charniers, et c’est au même refrain aue nous rêvons de futures et plus meurtrières h^ifombes.
2Sommes-nous pas bien crédules, dans notre pré¬ somption, quand nous proclamons l’avènement con¬ temporain de la Science et de la Lumière? Pareils au grossier centurion de Rome, qui traitait les Grecs de barbares, nous n'avons pas assez de dédain pour les héros des civilisations antiques. Apôtres du scepti¬ cisme, nous conspuons leur foi naïve; leur enthou¬ siasme serein nous fait sourire, blasés qui n'avons plus d'énergie que pour le mal! Et si les morts revenaient pourtant... A la vue de notre société pourrie. Ram ou Zoroastre pourraient bien railler à leur tour, s'ils ne se sentaient plutôt l’envie de pleurer sur nous et notre présomptueuse décadence. Est-ce à la multitude des connaissances isolées, empiriques, analytiques; est-ce au progrès de l’in¬ dustrie, du luxe et du confort que se mesure une civilisation? — Ces choses, sans doute, ont leur importance secondaire, dans l'édifice d'un état social; . mais la valeur réelle d'une société se mesure à son développement intellectuel et moral, à l'équilibre de ses fonctions organiques, et surtout â la perfection de son système unitaire. L’incontestable progrès des sciences positives, l’im¬ portance et la variété de leurs applications; le déve¬ loppement gigantesque de l'industrie; l'apparente prospérité des grandes nations, qui finissent toujours 16 LE SERPENT DE LA GENÈSE par engloutir les petites; l'accroissement général (si¬ gnificatif d'égoïsme) du bien-être matériel; la diffusion très active d'une instruction bienfaisante sans doute, mais bien primaire : toutes ces manifestations du progrès, au sens moderne du mot, ne nous font-elles pas illusion sur la valeur et l universalité de notre État social européen?
3Mais à n’envisager que les surfaces, au seul point de vue des questions sociales, nous apparaît-il si mer¬ veilleusement enviable, cet état? A lions, rentrons en nous-mêmes et faisons appel à notre conscience, afn qu'elle juge avec équité! L'état actuel? — Voyons ses fruits : L'hostilité flagrante de la Science et de la Religion; _ Id gnande lutte des autoritaires et des liberaux, plus farouches et plus irréconciliables que jamais; — le Positivisme aveugle disputant au stérile Eclectisme les plus hautes intelligences, quand elles ne sombrent pas dans l'individualisme éhonté des sceptiques ; le Militarisme envahissant tout : la cité bâtissant la caserne et la caserne opprimant la cité; — le Socia¬ lisme s'alliant trop souvent au Nihilisme, pour triom¬ pher par la dynamite ou sur l échafaud ; l Econo¬ mie politique épuisant sa verve ingénieuse à déguiser, sous d'euphémiques vocables, l’imminence des ban¬ queroutes nationales, signes avant-coureurs de pires débâcles; — (Agriculture en Europe égorgée par le libre échange;... — toutes les licences, en un mot, sous le nom de Liberté; toutes Us misères, sous le nom INTROBÜCTION 17 d’Egalité et, sous le nom de Eratevriité, tous les égoïsmes! Sont-ce là les indices d’une civilisation réellement prospère? La réponse n’est douteuse, pour qui a comparé Vère présente, non pas aux siècles cèsariens d’Assoûr et de l’empire deRome (infimes épaves d’un vaste État social en pleine dissolution), mais bien aux trois mille cinq cents ans de la paix du Bélier, quand (empire uni¬ versel de Rama prodiguait au monde sa glorieuse lumière, si vive et si douce, que le souvenir de l’àge d’or est resté dans la conscience humaine, comme un réconfort pour le présent et une espérance poui' l’avenir!
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LE SERPENT DE LA GENÈSE le Sacerdoce et VEnseignement fraternisaient, ou¬ vrant deux voies distinctes sur un même idéal; et de vénérables Universités religieuses rassemblaient de jeunes èlèves dans Tétude et le culte du Vrai. Le pontife et le savant enfin ne faisaient quun maître, chargé, sous le nom dHiérophante d'initier gra¬ duellement les hommes dignes de ce nom aux quatre hiérarchies de sciences sacrées, et d'officier avec leur concours dans les cérémonies publiques : ainsi, porté sur les tt'iples ailes de l'étude, de la contemplation et de la prière, le néophyte s'élevait par degrés, de la connaissance de ce qui est, aux mystérieux et ineffables arcanes de Celui qui est éternellement. Tel nous apparaît l’enseignement scientifique et re¬ ligieux, dans tout l'empire arbitral fondé par Rama ; tel, après Irshou et le schisme des Yonijas, le saluonsnous encore dans les contrées qui surent, comme l'E¬ gypte et les Confédérations étrusques, garder intact le trésor traditionnel de l'antique orthodoxie. L’Histoire philosophique du Genre humain ', par Fabre d'Olivet, ne laisse aucun doute sur la certi¬ tude de ces faits historiques ; mais ils écla tent sur¬ tout d’une lumineuse évidence, pour qui a médité sans parti pris l'œuvre plus récente et moins sommaire < U Hiérophante était à la fois ce que nous appellerions Evêque rnétropolitaîu et Recteur d’Université; hiérarchiquement groupés autour de lui, les simples professeurs-prêtres pre¬ naient le nom de Mages. 2 Paris, J. Brière, 1822, 2 col. in-S. INTRODUCTION Â ^ lo cents charniers, et c’est au même refrain aue nous rêvons de futures et plus meurtrières h^ifombes.
2Sommes-nous pas bien crédules, dans notre pré¬ somption, quand nous proclamons l’avènement con¬ temporain de la Science et de la Lumière? Pareils au grossier centurion de Rome, qui traitait les Grecs de barbares, nous n'avons pas assez de dédain pour les héros des civilisations antiques. Apôtres du scepti¬ cisme, nous conspuons leur foi naïve; leur enthou¬ siasme serein nous fait sourire, blasés qui n'avons plus d'énergie que pour le mal! Et si les morts revenaient pourtant... A la vue de notre société pourrie. Ram ou Zoroastre pourraient bien railler à leur tour, s'ils ne se sentaient plutôt l’envie de pleurer sur nous et notre présomptueuse décadence. Est-ce à la multitude des connaissances isolées, empiriques, analytiques; est-ce au progrès de l’in¬ dustrie, du luxe et du confort que se mesure une civilisation? — Ces choses, sans doute, ont leur importance secondaire, dans l'édifice d'un état social; . mais la valeur réelle d'une société se mesure à son développement intellectuel et moral, à l'équilibre de ses fonctions organiques, et surtout â la perfection de son système unitaire. L’incontestable progrès des sciences positives, l’im¬ portance et la variété de leurs applications; le déve¬ loppement gigantesque de l'industrie; l'apparente prospérité des grandes nations, qui finissent toujours 16 LE SERPENT DE LA GENÈSE par engloutir les petites; l'accroissement général (si¬ gnificatif d'égoïsme) du bien-être matériel; la diffusion très active d'une instruction bienfaisante sans doute, mais bien primaire : toutes ces manifestations du progrès, au sens moderne du mot, ne nous font-elles pas illusion sur la valeur et l universalité de notre État social européen?
3Mais à n’envisager que les surfaces, au seul point de vue des questions sociales, nous apparaît-il si mer¬ veilleusement enviable, cet état? A lions, rentrons en nous-mêmes et faisons appel à notre conscience, afn qu'elle juge avec équité! L'état actuel? — Voyons ses fruits : L'hostilité flagrante de la Science et de la Religion; _ Id gnande lutte des autoritaires et des liberaux, plus farouches et plus irréconciliables que jamais; — le Positivisme aveugle disputant au stérile Eclectisme les plus hautes intelligences, quand elles ne sombrent pas dans l'individualisme éhonté des sceptiques ; le Militarisme envahissant tout : la cité bâtissant la caserne et la caserne opprimant la cité; — le Socia¬ lisme s'alliant trop souvent au Nihilisme, pour triom¬ pher par la dynamite ou sur l échafaud ; l Econo¬ mie politique épuisant sa verve ingénieuse à déguiser, sous d'euphémiques vocables, l’imminence des ban¬ queroutes nationales, signes avant-coureurs de pires débâcles; — (Agriculture en Europe égorgée par le libre échange;... — toutes les licences, en un mot, sous le nom de Liberté; toutes Us misères, sous le nom INTROBÜCTION 17 d’Egalité et, sous le nom de Eratevriité, tous les égoïsmes! Sont-ce là les indices d’une civilisation réellement prospère? La réponse n’est douteuse, pour qui a comparé Vère présente, non pas aux siècles cèsariens d’Assoûr et de l’empire deRome (infimes épaves d’un vaste État social en pleine dissolution), mais bien aux trois mille cinq cents ans de la paix du Bélier, quand (empire uni¬ versel de Rama prodiguait au monde sa glorieuse lumière, si vive et si douce, que le souvenir de l’àge d’or est resté dans la conscience humaine, comme un réconfort pour le présent et une espérance poui' l’avenir!
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