Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1Une fois que vous avez éprouvé les délices de l’ivresse divine engendrée par vos travaux intérieurs, alors tout est dit ! une fois que vous tenez le sistre sur lequel on chante Dieu, vous ne le quittez plus. De là vient la solitude où vivent les esprits Angéliques et leur dédain de ce qui fait les joies humaines. Je vous le dis, ils sont retranchés du nombre de ceux qui doivent mourir ; s’ils en entendent les langages, ils n’en comprennent plus les idées ; ils s’étonnent de leurs mouvements, de ce que l’on nomme politique, lois matérielles et sociétés ; pour eux plus de mystère, il n’est plus que des vérités. Ceux qui sont arrivés au point où leurs yeux découvrent la Porte Sainte, et qui, sans jeter un seul regard en arrière, sans exprimer un seul regret, contemplent les mondes en en pénétrant les destinées ; ceux-là se taisent, attendent, et souffrent leurs dernières luttes ; la plus difficile est la dernière, la vertu suprême est la Résignation : être en exil et ne pas se plaindre, n’avoir plus goût aux choses d’ici-bas et sourire, être à Dieu, rester parmi les hommes ! Vous entendez bien la voix qui vous crie : — Marche ! marche ! Souvent en de célestes visions, des Anges descendent et vous enveloppent de leurs chants ! Il faut sans pleurs ni murmures, les voir revolant à la ruche. Se plaindre, ce serait déchoir. La résignation est le fruit qui mûrit à la porte du ciel. Combien est puissant et beau le sourire calme et le front pur de la créature résignée ! Radieuse est la lueur qui lui pare le front ! Qui vit dans son air, devient meilleur !
2Son regard pénètre, attendrit. Plus éloquente par son silence que le prophète ne l’est par sa parole, elle triomphe par sa seule présence. Elle dresse l’oreille comme le chien fidèle qui attend le maître. Plus forte que l’amour, plus vive que l’espérance, plus grande que la foi, elle est l’adorable fille qui, couchée sur la terre, y garde un moment la palme conquise en laissant une empreinte de ses pieds blancs et purs ; et quand elle n’est plus, les hommes accourent en foule et disent : — « Voyez ! » Dieu l’y maintient comme une figure aux pieds de laquelle rampent les Formes et les Espèces de l’Animalité pour reconnaître leur chemin. Elle secoue, par moments, la lumière que ses cheveux exhalent, et l’on voit ; elle parle, et l’on entend, et tous se disent : — Miracle ! Souvent elle triomphe au nom de Dieu ; les hommes épouvantés la renient, et la mettent à mort ; elle dépose son glaive, et sourit au bûcher après avoir sauvé les peuples. Combien d’Anges pardonnés sont passés du martyre au ciel ! Sinaï, Golgotha ne sont pas ici ou là ; l’Ange est crucifié dans tous les lieux, dans toutes les sphères. Les soupirs arrivent à Dieu de toutes parts. La terre où nous sommes est un des épis de la moisson, l’humanité est une des espèces dans le champ immense où se cultivent les fleurs du ciel. Enfin, partout Dieu est semblable à lui-même, et partout, en priant, il est facile d’arriver à lui. »
3À ces paroles, tombées comme des lèvres d’une autre Agar dans le désert, mais qui, arrivées à l’âme, la remuaient comme des flèches lancées par le Verbe enflammé d’Isaïe, cet être se tut soudain pour rassembler ses dernières forces. Ni Wilfrid, ni Minna n’osèrent parler. Tout à coup, il se dressa pour mourir. — Âme de toutes choses, ô mon Dieu, toi que j’aime pour toi-même ! Toi, Juge et Père, sonde une ardeur qui n’a pour mesure que ton infinie bonté ! Donne-moi ton essence et tes facultés pour que je sois mieux à toi ! Prends-moi pour que je ne sois plus moi-même. Si je ne suis pas assez pur, replonge-moi dans la fournaise ! Si je suis taillé en faulx, fais de moi quelque Soc nourricier ou l’Épée victorieuse ! Accorde-moi quelque martyre éclatant où je puisse proclamer ta parole. Rejeté, je bénirai ta justice. Si l’excès d’amour obtient en un moment ce qui se refuse à de durs, à de patients travaux, enlève-moi sur ton char de feu ! Que tu m’octroies le triomphe ou de nouvelles douleurs, sois béni ! Mais souffrir pour toi, n’est-ce pas un triomphe aussi ! Prends, saisis, arrache, emporte-moi ! Si tu le veux, rejette-moi ! Tu es l’adoré qui ne saurait mal faire. — Ah ! cria-t-il, après une pause, les liens se brisent !
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1‘‘When a being has traced the first furrow straight, it is enough to make the others by; one single profound thought, a voice once heard, an acute pang, a single echo that finds the Word in you, changes your soul forever. Every road leads to God; hence you have many chances of finding Him if you walk straight on. When the happy day dawns that finds you with your foot on the road, starting-on your pilSERAPHITA 16l grimage, the earth knows no more of you, it understands you no more, you are no longer in harmony with it, it rejects you. ‘Those who come to know these things, and who speak a few utterances of the true Word, find not where to lay their head; they are hunted lke wild beasts, and often perish on the scaffold amid the rejoicing of the assembled populace; but angels open the gates of heaven to them. So your destination is a secret between you and God, as love is a secret between two hearts. You are as the hidden treasure over which men trample, greedy for gold, but not knowing that it is there.
2‘‘Your life is one of incessant activity. Each act has a purpose that tends to God, just as when you love your acts and thoughts are full of the creature you love; but love and its joys, love and its sensual pleasures, is but an imperfect image of the infinite love that unites you to the Celestial Bridegroom. Every earthly joy is succeeded by anguish and dissatisfaction; for love to bring no disgust in its train, death must quench it at the fiercest or ever you see the ashes; but God transforms our miseries into raptures, joy is multiplied by itself, it constantly increases, and knows no bounds. “Thus, in the earthly life a transient love is ended by enduring tribulations; whereas, in the spiritual life, the tribulations of a day end in infinite joys. Your seul is forever glad. You feel God close to you, in you; He gives a flavor of holiness to all things, He shines in your soul, He seals you with His sweetness, He weans you from the earth for your own sake, and makes you care for it for His sake by suffering you to use His power. You do, in His name, the works He inspires you to do; you wipe 162 BALZAC’S WORKS away tears; you act for Him; you have nothing of your own; like Him, you love all creatures with inextinguishable love; you long to see them all marching toward Him, as a truly loving woman would fain see all the nations of the earth obedient to her Beloved.
3‘The last life—that in which all previous lives are summed up—is the life of prayer; in it every power is strung to the highest pitch, and its merits will open the gates of heaven to the being made perfect. Who can make you understand the greatness, the majesty, the power of prayer? Ob, that my voice may be as thunder in your hearts, and that it may change them! Be now, forthwith, what you will become after trials. There are certain privileged beings—prophets, seers, evangelists, martyrs, ali who suffer for the Word or who have declared it—these souls cross the human spheres at a single bound, and rise at once to prayer. So, too, do those who are consumed by the flame of faith. Be ye then such a daring pair! God accepts such temerity; He loves those who take Him with violence, He never rejects such as can force their way to Him. Understand this: Desire, the torrent of will, is so potent in a man, that a single jet forcibly emitted is enough to win anything, a single cry is often enough when uttered under the stress of faith. Be ye one of those beings, full of force, will, and love! Be victorious over the earth! Let the hunger and thirst for God possess you wholly; run to Him as the thirsting hart runs to the water-brook. Desire will give you wings; tears, the flowers of repentance, will fall like a heavenly baptism, whence your nature will come forth purified. From the bosom of these waters leap into prayer!
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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