Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1Ainsi de ceux qui sont dévorés par le feu de la Foi. Soyez un de ces couples hardis. Dieu souffre la témérité, il aime à être pris avec violence, il ne rejette jamais celui qui peut aller jusqu’à lui. Sachez-le ! le désir, ce torrent de votre volonté, est si puissant chez l’homme, qu’un seul jet émis avec force peut tout faire obtenir, un seul cri suffit souvent sous la pression de la Foi. Soyez un de ces êtres pleins de force, de vouloir et d’amour ! Soyez victorieux de la terre. Que la soif et la faim de Dieu vous saisissent ! Courez à Lui comme le cerf altéré court à la fontaine ; le Désir vous armera de ses ailes ; les larmes, ces fleurs du Repentir, seront comme un baptême céleste d’où sortira votre nature purifiée. Élancez-vous du sein de ces ondes dans la Prière. Le silence et la méditation sont les moyens efficaces pour aller dans cette voie. Dieu se révèle toujours à l’homme solitaire et recueilli. Ainsi s’opérera la séparation nécessaire entre la Matière qui vous a si long-temps environnés de ses ténèbres, et l’Esprit qui naît en vous et vous illumine, car il fera alors clair en votre âme. Votre cœur brisé reçoit alors la lumière, elle l’inonde. Vous ne sentez plus alors des convictions en vous, mais d’éclatantes certitudes. Le Poète exprime, le Sage médite, le Juste agit ; mais celui qui se pose au bord des Mondes Divins, prie ; et sa prière est à la fois parole, pensée, action ! Oui, sa prière enferme tout, elle contient tout, elle vous achève la nature, en vous en découvrant l’esprit et la marche. Blanche et lumineuse fille de toutes les vertus humaines, arche d’alliance entre la terre et le ciel, douce compagne qui tient du lion et de la colombe, la Prière vous donnera la clef des cieux.
2Hardie et pure comme l’innocence, forte comme tout ce qui est un et simple, cette Belle Reine invincible s’appuie sur le monde matériel, elle s’en est emparée ; car, semblable au soleil, elle le presse par un cercle de lumière. L’univers appartient à qui veut, à qui sait, à qui peut prier ; mais il faut vouloir, savoir et pouvoir ; en un mot posséder la force, la sagesse et la foi. Aussi la prière qui résulte de tant d’épreuves est-elle la consommation de toutes les vérités, de toutes les puissances, de tous les sentiments. Fruit du développement laborieux, progressif, continu de toutes les propriétés naturelles animé par le souffle divin de la Parole, elle a des activités enchanteresses, elle est le dernier culte : ce n’est ni le culte matériel qui a des images, ni le culte spirituel qui a des formules ; c’est le culte du monde divin. Nous ne disons plus de prières, la prière s’allume en nous, elle est une faculté qui s’exerce d’elle-même ; elle a conquis ce caractère d’activité qui la porte au-dessus des formes ; elle relie alors l’âme à Dieu, avec qui vous vous unissez comme la racine des arbres s’unit à la terre ; vos veines tiennent au principe des choses, et vous vivez de la vie même des mondes. La Prière donne la conviction extérieure en vous faisant pénétrer le Monde Matériel par la cohésion de toutes vos facultés avec les substances élémentaires ; elle donne la conviction intérieure en développant votre essence et la mêlant à celle des Mondes Spirituels. Pour parvenir à prier ainsi, obtenez un entier dépouillement de la chair, acquérez au feu des creusets la pureté du diamant, car cette complète communication ne s’obtient que par le repos absolu, par l’apaisement de toutes les tempêtes.
3Oui, la prière, véritable aspiration de l’âme entièrement séparée du corps, emporte toutes les forces et les applique à la constante et persévérante union du Visible et de l’Invisible. En possédant la faculté de prier sans lassitude, avec amour, avec force, avec certitude, avec intelligence, votre nature spiritualisée est bientôt investie de la puissance. Comme un vent impétueux ou comme la foudre, elle traverse tout et participe au pouvoir de Dieu. Vous avez l’agilité de l’esprit ; en un instant, vous vous rendez présent dans toutes les régions, vous êtes transporté comme la Parole même d’un bout du monde à l’autre. Il est une harmonie, et vous y participez ! il est une lumière, et vous la voyez ! il est une mélodie, et son accord est en vous. En cet état, vous sentirez votre intelligence se développer, grandir, et sa vue atteindre à des distances prodigieuses : il n’est en effet ni temps, ni lieu pour l’esprit. L’espace et la durée sont des proportions créées pour la matière, l’esprit et la matière n’ont rien de commun. Quoique ces choses s’opèrent dans le calme et le silence, sans agitation, sans mouvement extérieur ; néanmoins tout est action dans la Prière, mais action vive, dépouillée de toute substantialité, et réduite à être, comme le mouvement des Mondes, une force invisible et pure. Elle descend partout comme la lumière, et donne la vie aux âmes qui se trouvent sous ses rayons, comme la Nature est sous le soleil. Elle ressuscite partout la vertu, purifie et sanctifie tous les actes, peuple la solitude, donne un avant-goût des délices éternelles.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1‘‘Do for God what you would have done for your ambitious schemes; what you do when you take up an art, what you did when you loved a creature more than Him, or when you were studying some secret of human knowledge. Is not God Knowledge itself, Love itself, the Fount of all poetry ? Is not His treasure a thing to covet? His treasure is inexhaustible, His poetry is infinite, His love unchangeable, His knowledge infallible and full of mysteries. Cling to nothing, then; He will give you All! Yes, in His heart you will find possessions beyond all compare with. those you leave on earth. ‘“What I tell you is the truth. You will have His power, you will be allowed to use it as you use anything that belongs to your lover or your mistress. ‘‘Alas! most men doubt, lack faith, will, and persever- “4 SERAPEITA 159 ance. Though some set out on the road, they presently look back and return. Few are they who know how to choose between these two extremes—to go or to stay; heaven or the muck-heap. All hesitate. Weakness leads to wandering, passion to evil ways, vice as a habit clogs the feet, and man makes no progress toward a better state.
2“Hvery being passes a preliminary life in the Sphere of Instinct, laboring with endless toil to amass earthiy treasures, only to recognize their futility at last. But how many times must we live through this first life before quitting it fit to begin another stage of triai in the Sphere of Abstractions, where the mind is exercised in false science, and the spirit is at last weary of human speech—for, matter being exhausted, the spirit prevails? How many forms must the being elect to heaven wear out, before he has learned the preciousness of silence, and of the solitude whose star-strewn steppes are the floor of the spiritual world? It is after testing and trying the void that his eyes turn to the right path. Then there are other existences to be worn through or ever he may reach the road where the Light shines. ‘‘Death marks a stage on this journey. After that, his experience is in a reversed order; it takes a whole life, perhaps, to acquire the virtues that are the antithesis of the errors in which he has previously lived. ‘““Phus, first we live the life of suffering, where torments make us thirst for love. Next comes the life of loving, where devotion to the creature teaches us devotion to the Creator; where the virtues of love, its thousand sacrifices, its angelic hope, its joys paid for by grief, its patience and resignation excite an appetite for thirgs divine. After this comes the life during which we seck, 166 BALZAC’S WORKS
3in silence, the traces of the Word, and become humble and charitable. Then the life of high desirc; finally, the life of prayer. There we find eternal sunshine; there are flowers, there is fruition! “The qualities we acquire, and which shea grow up in us, are the invisible bonds binding each of these existences to the next; the soul alone remembers them, since matter has no memory for spiritual things. The mind alone preserves a tradition of former states. This unbroken legacy of the past to the present, and of the present to the future, is the secret of human genius; some have the gift of form, some the gift of number, some the gift of harmony; these are all steps in the way to the Light. Yes, whoever possesses one of these gifts, touches the infinite at one spot. ‘‘The Word, of which I have here uttered a few axioms, has been distributed over the earth, which has reduced it to powder, and infused it into its works, its doctrines, its poetry. If the tiniest speck of it shines on a work, you say, ‘This is great; this is true; this is sublime!’ And that mere atom vibrates within you, giving you a foretaste of heaven. “Thus, one has sickness, to divide him from the world; another has solitude, bringing him near to God; a third has poetry; in short, everything that throws you in on yourself, striking you and crushing you, is a ringing call from the Divine Sphere.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.