Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1— Mon cher monsieur, dit le douteur en regardant Wilfrid, j’ai souvent tremblé de tous mes membres pendant les nuits d’hiver, en lisant les œuvres terribles où cet homme déclare avec une parfaite innocence les plus grandes merveilles. « J’ai vu, dit-il, les Cieux et les Anges. L’homme spirituel voit l’homme spirituel beaucoup mieux que l’homme terrestre ne voit l’homme terrestre. En décrivant les merveilles des cieux et au-dessous des cieux, j’obéis à l’ordre que le Seigneur m’a donné de le faire. On est le maître de ne pas me croire, je ne puis mettre les autres dans l’état où Dieu m’a mis ; il ne dépend pas de moi de les faire converser avec les Anges, ni d’opérer le miracle de la disposition expresse de leur entendement ; ils sont eux-mêmes les seuls instruments de leur exaltation angélique. Voici vingt-huit ans que je suis dans le monde spirituel avec les Anges, et sur la terre avec les hommes ; car il a plu au Seigneur de m’ouvrir les yeux de l’Esprit, comme il les ouvrit à Paul, à Daniel et à Élisée. » Néanmoins, certaines personnes ont des visions du monde spirituel par le détachement complet que le somnambulisme opère entre leur forme extérieure et leur homme intérieur. Dans cet état , dit Swedenborg en son traité de la sagesse angélique (nº 257), l’homme peut être élevé jusque dans la lumière céleste, parce que les sens corporels étant abolis, l’influence du ciel agit sans obstacle sur l’homme intérieur . Beaucoup de gens, qui ne doutent point que Swedenborg n’ait eu des révélations célestes, pensent néanmoins que tous ses écrits ne sont pas également empreints de l’inspiration divine.
2D’autres exigent une adhésion absolue à Swedenborg, tout en admettant ses obscurités ; mais ils croient que l’imperfection du langage terrestre a empêché le prophète d’exprimer ses visions spirituelles dont les obscurités disparaissent aux yeux de ceux que la foi a régénérés ; car, suivant l’admirable expression de son plus grand disciple, la chair est une génération extérieure . Pour les poètes et les écrivains, son merveilleux est immense ; pour les Voyants, tout est d’une réalité pure. Ses descriptions ont été pour quelques chrétiens des sujets de scandale. Certains critiques ont ridiculisé la substance céleste de ses temples, ses palais d’or, de ses villas superbes où s’ébattent les anges ; d’autres se sont moqués de ses bosquets d’arbres mystérieux, de ses jardins où les fleurs parlent, où l’air est blanc, où les pierreries mystiques, la sardoine, l’escarboucle, la chrysolite, la chrysoprase, la cyanée, la chalcédoine, le béryl, l’ urim et le thumim sont doués de mouvement, expriment des vérités célestes, et qu’on peut interroger, car elles répondent par des variations de lumière ( vraie religion , 219) ; beaucoup de bons esprits n’admettent pas ses mondes où les couleurs font entendre de délicieux concerts, où les paroles flamboient, où le Verbe s’écrit en cornicules ( vraie religion , 278). Dans le Nord même, quelques écrivains ont ri de ses portes de perles, de diamants qui tapissent et meublent les maisons de sa Jérusalem où les moindres ustensiles sont faits des substances les plus rares du globe. « Mais, disent ses disciples, parce que tous ces objets sont clairsemés dans ce monde, est-ce une raison pour qu’ils ne soient pas abondants en l’autre ?
3Sur la terre, ils sont d’une substance terrestre, tandis que dans les cieux ils sont sous les apparences célestes et relatives à l’état d’ange. » Swedenborg a d’ailleurs répété, à ce sujet, ces grandes paroles de JÉSUS-CHRIST : Je vous enseigne en me servant des paroles terrestres, et vous ne m’entendez pas ; si je parlais le langage du ciel, comment pourriez-vous me comprendre ! (Jean, 3, 12). — Monsieur, moi j’ai lu Swedenborg en entier, reprit monsieur Becker en laissant échapper un geste emphatique. Je le dis avec orgueil, puisque j’ai gardé ma raison. En le lisant, il faut ou perdre le sens, ou devenir un Voyant. Quoique j’aie résisté à ces deux folies, j’ai souvent éprouvé des ravissements inconnus, des saisissements profonds, des joies intérieures que donnent seules la plénitude de la vérité, l’évidence de la lumière céleste. Tout ici-bas semble petit quand l’âme parcourt les pages dévorantes de ces Traités. Il est impossible de ne pas être frappé d’étonnement en songeant que, dans l’espace de trente ans, cet homme a publié, sur les vérités du monde spirituel, vingt-cinq volumes in-quarto, écrits en latin, dont le moindre a cinq cents pages, et qui sont tous imprimés en petits caractères. Il en a laissé, dit-on, vingt autres à Londres, déposés à son neveu, M. Silverichm, ancien aumônier du roi de Suède. Certes, l’homme qui, de vingt à soixante ans, s’était presque épuisé par la publication d’une sorte d’encyclopédie, a dû recevoir des secours surnaturels pour composer ces prodigieux traités, à l’âge où les forces de l’homme commencent à s’éteindre.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1of these ‘Memorabilia’ he received from heaven a small paper on which, he says, he saw the letters used by primitive races, composed of curved lines with little rings curling upward. For clearer proof of this communication from heaven I should have liked him to deposit this document with the Royal Academy of Sciences at Stockholm. “After all, I may be wrong; the material absurdities that are scattered throughout his works have spiritual meanings perhaps. Otherwise, how can we account for the growing influence of his doctrine? His followers now number more than seven hundred thousand souls, partly in the United States of America, where many sects have joined them in a body, and partly in England, where there are seven thousand Swedenborgians in the city of Manchester alone. Men no less distinguished by their learning than by their worldly rank—some in Germany, and some in Prussia and the North—have publicly adopted Swedenborg’s beliefs, which indeed are more consolatory than those of many another Christian communion. “‘T should now like to expound to you in a few short words the capital points of the doctrines set forth by Swedenborg to his Church; but such an abridgment, from memory, would necessarily be defective. 1 can, therefore, only enlarge on the arcana connected with the birth of Seraphita.”’ Here the pastor paused while meditating apparently to collect his reminiscences, and then he went on:
2‘‘Having proved mathematically that man shall live forever in an upper or a lower sphere, Swedenborg gives the title of angelic spirits to such beings as, in this world, are prepared for heaven, where they become angels. According to him, God did not create angels independently; there are 70 BALZAC’S WORKS none but those who have been human beings on earth. Thus the earth is the nursery ground for heaven. The angels are not angels by original nature; they are transformed into angels by an intimate union with God which God never refuses, the very essence of God being never negative, but always active (‘Angelic Wisdom’).
3‘* Angelic spirits, then, go through three natures of love, for man can only be regenerate by stages (‘True Religion’). First, love of self: the supreme expression of it is human genius, of which the works are worshipped. Next, love of the world at large, which produces prophets and those great men whom the earth accepts as guides and hails as divine. Finally, love of heaven, which forms angelic spirits. These spirits are, so to speak, the flowers of humanity, which is epitomized, and strives to be epitomized, in them. They must have either the love or the wisdom of heaven; but they must dwell in that love before they dwell in wisdom. Thus the first transformation of man is to love. To achieve this first grade, in his previous existences he must have gone through hope and charity, which engender in him the gifts of faith and prayer. The ideas gained by the exercise of these virtues are transmitted to each new human embodiment within which the metamorphoses of the inner man are hidden. Nothing avails separately; hope is inseparable from charity, faith from prayer; the four faces of this figure are equally important. ‘For lack of one virtue,’ says he, ‘the angelic spirit is as a flawed pear.’ Thus each existence is a sphere into which are absorbed the celestial treasures of the former one. The great perfection of the angelic spirits comes of this mysterious progress, by which nothing is lost of the qualities successively acquired till they attain to their most glorious incarnation; for, at
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.