Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1Le Nombre, avec ses Infiniment petits et ses Totalités infinies, est donc une puissance dont une faible partie vous est connue, et dont la portée vous échappe. Vous vous êtes construit une chaumière dans l’Infini des nombres, vous l’avez ornée d’hiéroglyphes savamment rangés et peints, et vous avez crié : — Tout est là ! Du Nombre pur, passons au Nombre corporisé. Votre géométrie établit que la ligne droite est le chemin le plus court d’un point à un autre, mais votre astronomie vous démontre que Dieu n’a procédé que par des courbes. Voici donc dans la même science deux vérités également prouvées : l’une par le témoignage de vos sens agrandis du télescope, l’autre par le témoignage de votre esprit, mais dont l’une contredit l’autre. L’homme sujet à erreur affirme l’une, et l’ouvrier des mondes, que vous n’avez encore pris nulle part en faute, la dément. Qui prononcera donc entre la géométrie rectiligne et la géométrie curviligne ? entre la théorie de la droite et la théorie de la courbe ? Si, dans son œuvre, le mystérieux artiste qui sait arriver miraculeusement vite à ses fins, n’emploie la ligne droite que pour la couper à angle droit afin d’obtenir une courbe, l’homme lui-même ne peut jamais y compter : le boulet, que l’homme veut diriger en droite ligne, marche par la courbe, et quand vous voulez sûrement atteindre un point dans l’espace, vous ordonnez à la bombe de suivre sa cruelle parabole. Aucun de vos savants n’a tiré cette simple induction que la Courbe est la loi des mondes matériels, que la Droite est celle des mondes spirituels : l’une est la théorie des créations finies, l’autre est la théorie de l’infini.
2L’homme, ayant seul ici bas la connaissance de l’infini, peut seul connaître la ligne droite ; lui seul a le sentiment de la verticalité placé dans un organe spécial. L’attachement pour les créations de la courbe ne serait-il pas chez certains hommes l’indice d’une impureté de leur nature, encore mariée aux substances matérielles qui nous engendrent ; et l’amour des grands esprits pour la ligne droite n’accuserait-il pas en eux un pressentiment du ciel ? Entre ces deux lignes est un abîme, comme entre le fini et l’infini, comme entre la matière et l’esprit, comme entre l’homme et l’idée, entre le mouvement et l’objet mu, entre la créature et Dieu. Demandez à l’amour divin ses ailes, et vous franchirez cet abîme ! Au delà commence la Révélation du Verbe. Nulle part les choses que vous nommez matérielles ne sont sans profondeur ; les lignes sont les terminaisons de solidités qui comportent une force d’action que vous supprimez dans vos théorèmes, ce qui les rend faux par rapport aux corps pris dans leur entier ; de là cette constante destruction de tous les monuments humains que vous armez, à votre insu, de propriétés agissantes. La nature n’a que des corps, votre science n’en combine que les apparences. Aussi la nature donne-t-elle à chaque pas des démentis à toutes vos lois : trouvez-en une seule qui ne soit désapprouvée par un fait ? Les lois de votre Statique sont souffletées par mille accidents de la physique, car un fluide renverse les plus pesantes montagnes, et vous prouve ainsi que les substances les plus lourdes peuvent être soulevées par des substances impondérables.
3Vos lois sur l’Acoustique et l’Optique sont annulées par les sons que vous entendez en vous-mêmes pendant le sommeil et par la lumière d’un soleil électrique dont les rayons vous accablent souvent. Vous ne savez pas plus comment la lumière se fait intelligence en vous que vous ne connaissez le procédé simple et naturel qui la change en rubis, en saphir, en opale, en émeraude au cou d’un oiseau des Indes, tandis qu’elle reste grise et brune sur celui du même oiseau vivant sous le ciel nuageux de l’Europe, ni comment elle reste blanche ici au sein de la nature polaire. Vous ne pouvez décider si la couleur est une faculté dont sont doués les corps, ou si elle est un effet produit par l’affusion de la lumière. Vous admettez l’amertume de la mer sans avoir vérifié si la mer est salée dans toute sa profondeur. Vous avez reconnu l’existence de plusieurs substances qui traversent ce que vous croyez être le vide ; substances qui ne sont saisissables sous aucune des formes affectées par la matière, et qui se mettent en harmonie avec elle malgré tous les obstacles. Cela étant, vous croyez aux résultats obtenus par la Chimie, quoiqu’elle ne sache encore aucun moyen d’évaluer les changements opérés par le flux ou par le reflux de ces substances qui s’en vont ou viennent à travers vos cristaux et vos machines sur les filons insaisissables de la chaleur ou de la lumière, conduites, exportées par les affinités du métal ou du silex vitrifié. Vous n’obtenez que des substances mortes d’où vous avez chassé la force inconnue qui s’oppose à ce que tout se décompose ici-bas, et dont l’attraction, la vibration, la cohésion et la polarité ne sont que des phénomènes.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1“You know neither where number begins, where it pauses, nor where it ends. Now you call it time, anon you call it space; by number only does anything exist; but for number all substance would be one and the same; it alone differentiates and modifies matter. Number is to your mind what it is to matter, an intangible agent. But will you then make a god of it? Is it a being? Is ita breath of God sent forth to organize the material universe, wherein nothing takes shape but as a result of divisibility which is an effect of number? The most minute as well as the most immense objects in creation are distinguished from each other by quantity, quality, dimension, and force—are not these all conditions of number? That number is infinite is a fact proved to your intellect, but of which no material proof is obtainable. A mathematician will tell you that infinity of number is certain, but cannot be demonstrated. And, my dear Pastor, believers will tell you 4 126 BALZAC’S WORKS that God is Number endowed with motion, to be felt but not proved. He, like the unit, is the origin of number though having nothing in common with numbers. The existence of Number depends on that of the unit, which is not a number, but the parent of them all. And God, dear Pastor Becker, is a stupendous Unit, having nothing in common with His creations, but their Parent nevertheless.
2‘‘You must grant me that you are equally ignorant as to where number begins or ends, and as to where created eternity begins or ends? Why, then, if you believe in number, should you deny God? Does not creation hold a place between the infinite of inorganic substances and the infinite of the Divine spheres, as the unit stands between the infinite of fractions—lately termed decimals—and the infinite numbers you call whole numbers? Men alone on earth comprehend number, the first step to the forecourt leading to God, and even there reason stumbles. What! you can neither measure nor grasp the primary abstraction proposed to you, and you want to apply your puny standard to the ends of God's purpose? What if I should cast you into the bottomless depths of Motion, the force which organizes number? ‘“‘If I were to tell you that the universe is nothing but Number and Motion, we should already, you see, be speaking a different language. I understand both terms; you do not. - What, then, if I should go on to say that motion and number are generated by the Word? This term, the Supreme Reason of seers and prophets, who of old heard the voice of God that overthrew St. Paul, is a laughing-stock to you—you men, though your own visible works—communities; Monuments, actions, and passions—all are the outSERAPHITA 127
3come of your own feeble Word; and though without speech you would still be no higher than the Orang of the woods, the great ape that is so nearly akin to the Negro. “Well, you believe firmly in number and motion, inexplicable and incomprehensible as force and result, though I might apply to their existence the same logical dilemma as just now relieved you of the necessity of acknowledging that of God. You, a powerful reasoner, will surely relieve me of the necessity for proving that the Infinite must be everywhere the same, and that it is inevitably one? God alone is the Infinite, for there obviously cannot be two Infinites. If, to use words in their human sense, anything proved to you here on earth strikes you as infinite, you may be sure you have in that a glimpse of one aspect of God. ‘“To proceed: you have found for yourselves a place in the Infinite of number; you have fitted it to your stature by creating arithmetic—if you can be said to create anything—the basis on which everything is built up, even society. Arithmetic, or the use of number, has organized the moral world, just as number, the only thing in which your professing Atheists believe, organizes physical creation. This science of numbers ought to be absolute, like everything that is intrinsically true; but it is, in fact, purely relative, it has no absolute existence. You can give no proof of its reality.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.