Fetching
One moment.
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1Voilà pourquoi il est dit ( Ex . xix , 12, 13, 21, 22, 23) : La montagne où Moïse parlait au Seigneur était gardée de peur que quelqu’un ne venant à y toucher, ne mourût . Puis encore ( Ex . xxxiv , 29-35) : Quand Moïse apporta les secondes Tables, sa face brillait tellement, qu’il fut obligé de la voiler pour ne faire mourir personne en parlant au peuple . La transfiguration de Jésus-Christ accuse également la lumière que jette un Messager du ciel et les ineffables jouissances que trouvent les Anges à en être continuellement imbus. Sa face , dit saint Mathieu ( xvii , 1-5) resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent comme la lumière, et un nuage couvrit ses disciples . Enfin, quand un astre n’enferme plus que des êtres qui se refusent au Seigneur, que sa parole est méconnue, que les Esprits Angéliques ont été assemblés des quatre vents, Dieu envoie un Ange exterminateur pour changer la masse du monde réfractaire qui, dans l’immensité de l’univers, est pour lui ce qu’est dans la nature un germe infécond. En approchant du Globe, l’Ange Exterminateur porté sur une comète le fait tourner sur son axe : les continents deviennent alors le fond des mers, les plus hautes montagnes deviennent des îles, et les pays jadis couverts des eaux marines, renaissent parés de leur fraîcheur en obéissant aux lois de la Genèse ; la parole de Dieu reprend alors sa force sur une nouvelle terre qui garde en tous lieux les effets de l’eau terrestre et du feu céleste. La lumière, que l’Ange apporte d’En-Haut, fait alors pâlir le soleil.
2Alors, comme dit Isaïe (19-20) : Les hommes entreront dans des fentes de rochers, se blottiront dans la poussière. Ils crieront (Apocalypse, vii , 15-17) aux montagnes : Tombez sur nous ! À la mer : Prends-nous ! Aux airs : Cachez-nous de la fureur de l’Agneau ! L’Agneau est la grande figure des Anges méconnus et persécutés ici-bas. Aussi Christ a-t-il dit : Heureux ceux qui souffrent ! Heureux les simples ! Heureux ceux qui aiment ! Tout Swedenborg est là : Souffrir, Croire, Aimer. Pour bien aimer, ne faut-il pas avoir souffert, et ne faut-il pas croire ? L’Amour engendre la Force, et la Force donne la Sagesse ; de là, l’Intelligence ; car la Force et la Sagesse comportent la Volonté. Être intelligent, n’est-ce pas Savoir, Vouloir et Pouvoir, les trois attributs de l’Esprit Angélique ? — « Si l’univers a un sens, voilà le plus digne de Dieu ! » me disait monsieur Saint-Martin que je vis pendant le voyage qu’il fit en Suède. — Mais, monsieur, reprit monsieur Becker après une pause, que signifient ces lambeaux pris dans l’étendue d’une œuvre de laquelle on ne peut donner une idée qu’en la comparant à un fleuve de lumière, à des ondées de flammes ? Quand un homme s’y plonge, il est emporté par un courant terrible. Le poème de Dante Alighieri fait à peine l’effet d’un point, à qui veut se plonger dans les innombrables versets à l’aide desquels Swedenborg a rendu palpables les mondes célestes, comme Beethoven a bâti ses palais d’harmonie avec des milliers de notes, comme les architectes ont édifié leurs cathédrales avec des milliers de pierres.
3Vous y roulez dans des gouffres sans fin, où votre esprit ne vous soutient pas toujours. Certes ! il est nécessaire d’avoir une puissante intelligence pour en revenir sain et sauf à nos idées sociales. — Swedenborg, reprit le pasteur, affectionnait particulièrement le baron de Séraphîtz, dont le nom, suivant un vieil usage suédois, avait pris depuis un temps immémorial la terminaison latine üs . Le baron fut le plus ardent disciple du Prophète suédois qui avait ouvert en lui les yeux de l’Homme Intérieur, et l’avait disposé pour une vie conforme aux ordres d’En-Haut. Il chercha parmi les femmes un Esprit Angélique, Swedenborg le lui trouva dans une vision. Sa fiancée fut la fille d’un cordonnier de Londres, en qui, disait Swedenborg, éclatait la vie du ciel, et dont les épreuves antérieures avaient été accomplies. Après la transformation du Prophète, le baron vint à Jarvis pour faire ses noces célestes dans les pratiques de la prière. Quant à moi, monsieur, qui ne suis point un Voyant, je ne me suis aperçu que des œuvres terrestres de ce couple : sa vie a bien été celle des saints et des saintes dont les vertus sont la gloire de l’Église romaine. Tous deux, ils ont adouci la misère des habitants, et leur ont donné à tous une fortune qui ne va point sans un peu de travail, mais qui suffit à leurs besoins ; les gens qui vécurent près d’eux ne les ont jamais surpris dans un mouvement de colère ou d’impatience ; ils ont été constamment bienfaisants et doux, pleins d’aménité, de grâce et de vraie bonté ; leur mariage a été l’harmonie de deux âmes incessamment unies.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1“Christ Himself hath said, ‘Blessed are they that mourn! Blessed are the meek! Blessed are the peacemakers.’ Ali Swedenborg is there: Suffer, believe, and love. To love truly, must we not have suffered; must we not believe? Love begets strength, and strength gives wisdom; this is intelligence, for strength and wisdom include will. Is not true intellect composed of knowledge, will, and wisdom, the three attributes of the angelic spirit? ‘‘*Tf the universe has a meaning, that surely is the worthiest of God,’ said Monsieur Saint-Martin to me when I saw him during his visit to Sweden. ‘‘But,’’ the minister went on, after a pause, ‘‘of what value can these shreds be, snatched from a work so vast that the only way to give you an idea of it is to compare it to a river of light, a torrent of flame? When a man plunges into it, he is carried away by an overwhelming flood. Dante Alighieri’s poem seems a mere speck to the reader who will dive into the innumerable passages in which Swedenborg has given actuality to the heavenly spheres, just as Beethoven builds up palaces of harmony out of thousands of notes, and architects construct cathedrals of thousands of stones. He flings you up to infinite heights, where your mind sometimes fails to bear you up. It is necessary certainly to have a powerful brain if you are to come back sane _ and safe to our social notions.
2‘‘Swedenborg was especially attached to Baron Seraphita, whose name, according to an old Swedish custom, had from time immemorial taken the Latin suffix ws. The Baron was the Swedish prophet’s most zealous disciple; the eyes of his inner man had been opened by the Seer, who had prepared him to live in conformity with commands from on high. He was in search of a woman with the angelic spirit, SERAPHITA 81
3and Swedenborg showed her to him ina vision. His bride was the daughter of a shoemaker in London; in her, said Swedenborg, the life of heaven shone brightly, and she had gone through the first tests. After the prophet was translated, the Baron came to Jarvis to solemnize his heavenly nuptials in the practice of prayer. For my part, Sir, I, who am no seer, could only note the earthly life of the couple, and it was undoubtedly that of the saints whose virtues are the glory of the Roman Church. They alleviated the sufferings of the inhabitants, giving them a portion which does not suffice to live on without work, but which is then sufficient for their needs; those who lived with them never saw them moved to anger or impatience; they were invariably gentle and beneficent, full of amiability, graciousness, and true kindness; their marriage was the harmony of two souls in constant union. Two eider-ducks in equal flight, a sound and its echo, the thought and the word, are but imperfect images of that union. Here they were loved by everybody with an affection which can only be compared to the love of plants for the sun. ‘‘The wife was simple in her manners and beautiful to behold; her face was lovely, and her dignity worthy of the most august personage.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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