Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1En ce moment où les mots se pressaient sur la langue de Wilfrid, aussi vivement que les idées abondaient dans sa tête, il vit Séraphîta sortant du château suédois, suivie de David. Cette apparition calma son effervescence. — Voyez, dit-il, une femme peut seule avoir cette grâce et cette mollesse. — Il souffre, et se promène pour la dernière fois, dit Minna. David s’en alla sur un signe de sa maîtresse, au-devant de laquelle vinrent Wilfrid et Minna. — Allons jusqu’aux chutes de la Sieg, leur dit cet être en manifestant un de ces désirs de malade auxquels on s’empresse d’obéir. Un léger brouillard blanc couvrait alors les vallées et les montagnes du Fiord, dont les sommets, étincelants comme des étoiles, le perçaient en lui donnant l’apparence d’une voie lactée en marche. Le soleil se voyait à travers cette fumée terrestre comme un globe de fer rouge. Malgré ces derniers jeux de l’hiver, quelques bouffées d’air tiède chargées des senteurs du bouleau, déjà paré de ses blondes efflorescences, et pleine des parfums exhalés par les mélèzes dont les houppes de soie étaient renouvelées, ces brises échauffées par l’encens et les soupirs de la terre, attestaient le beau printemps du nord, rapide joie de la plus mélancolique des natures. Le vent commençait à enlever ce voile de nuages qui dérobait imparfaitement la vue du golfe. Les oiseaux chantaient. L’écorce des arbres, où le soleil n’avait pas séché la route des frimas qui en étaient découlés en ruisseaux murmurants, égayait la vue par de fantastiques apparences. Tous trois cheminaient en silence le long de la grève.
2Wilfrid et Minna contemplaient seuls ce spectacle magique pour eux qui avaient subi le tableau monotone de ce paysage en hiver. Leur compagnon marchait pensif, comme s’il cherchait à distinguer une voix dans ce concert. Ils arrivèrent au bord des rochers entre lesquels s’échappait la Sieg, au bout de la longue avenue bordée de vieux sapins que le cours du torrent avait onduleusement tracée dans la forêt, sentier couvert en arceaux à fortes nervures comme ceux des cathédrales. De là le Fiord se découvrait tout entier, et la mer étincelait à l’horizon comme une lame d’acier. En ce moment, le brouillard dissipé laissa voir le ciel bleu. Partout dans les vallées, autour des arbres, voltigèrent encore des parcelles étincelantes, poussière de diamants balayés par une brise fraîche, magnifiques chatons de gouttes suspendues au bout des rameaux en pyramide. Le torrent roulait au-dessus d’eux. De sa nappe s’échappait une vapeur teinte de toutes les nuances de la lumière par le soleil, dont les rayons s’y décomposaient en dessinant des écharpes aux sept couleurs, en faisant jaillir les feux de mille prismes dont les reflets se contrariaient. Ce quai sauvage était tapissé par plusieurs espèces de lichens, belle étoffe moirée par l’humidité, et qui figurait une magnifique tenture de soie. Des bruyères déjà fleuries couronnaient les rochers de leurs guirlandes habilement mélangées. Tous les feuillages mobiles attirés par la fraîcheur des eaux laissaient pendre au-dessus leurs chevelures ; les mélèzes agitaient leurs dentelles en caressant les pins, immobiles comme des vieillards soucieux.
3Cette luxuriante parure avait un contraste et dans la gravité des vieilles colonnades que décrivaient les forêts étagées sur les montagnes, et dans la grande nappe du Fiord étalée aux pieds des trois spectateurs, et où le torrent noyait sa fureur. Enfin la mer encadrait cette page écrite par le plus grand des poètes, le hasard auquel est dû le pêle-mêle de la création en apparence abandonnée à elle-même. Jarvis était un point perdu dans ce paysage, dans cette immensité, sublime comme tout ce qui, n’ayant qu’une vie éphémère, offre une rapide image de la perfection ; car, par une loi, fatale à nos yeux seulement, les créations en apparence achevées, cet amour de nos cœurs et de nos regards, n’ont qu’un printemps ici. En haut de ce rocher, certes ces trois êtres pouvaient se croire seuls dans le monde.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1not look into the gulf without destruction, keep your powers” for him who will love you. Go, poor child, I am betrothed, as you know.”’ Minna rose and went with Seraphitus to the window, where Wilfrid still was standing. They could all three hear the Sieg leaping under the force of the upper waters, which were bringing down tke trees that had been frozen - into the ice. The fiord had found its voice again. LIllusion was over. They wondered at Nature bursting her bonds, and answering in noble harmonies to the Spirit whose call had awakened her. t When the three guests had left this mysterious being, they were filled with an indefinable feeling which was not sleep, nor torpor, nor astonishment, but a mixture of all three, which was neither twilight nor daybreak, but which made them long for light. They were all very thoughtful. ‘‘T begin to think that she is a spirit veiled in human form,’’ said the pastor. Wilfrid, in his own room again, calmed and convinced, knew not how to contend with powers so divinely majestic. Minna said to herself— ‘“Why will he not allow me to love him?” 3 SERAPHITA - mt 5S Sa Vv THE FAREWELL
2HERE IS IN MAN a phenomenon which is the despair of those reflective minds who endeavor to find some meaning in the march of social vicissitudes, and to formulate some laws of progress for the movement of intellect. However serious a fact may be, or, if supernatural facts could exist, however magnificent a miracle could be publicly performed, the lightning flash of the fact, the thunderbolt of the miracle would be lost in the moral ocean, and the surface, rippled for an instant by some slight ebullition, would at once resume the level of its ordinary swell. Does the Voice, to be more surely heeded, pass through an animal’s jaws? Does the Hand write in strange characters on the cornice of the hall where the Court is revelling? Does the Eye light up the King’s slumbers? Does the Prophet read the dream? Does Death, when summoned, stand in the luminous space where a man’s faculties revive? Does the Spirit crush matter at the foot of the mystical ladder of the seven spiritual worlds hung one above another in space, and seen by the floods of light that fall in cascades down the steps of the heavenly floor? Still, however deep the inner revelation, however distinct the outward sign, by the morrow Balaam doubts both his ass and himself; Belshazzar and Pharaoh call in seers to explain the sign—Daniel or Moses. The Spirit descends, snatches a man above the earth, opens the seas and shows him the bottom of them, calls 142 BALZAC’S WORKS
3up vanished generations, gives life to the dry bones thickly strewn in the great valley; the Apostle writes the Apocalypse; and twenty centuries later human science confirms the Apostle and translates his figures of speech into axioms. What difference does it make? The mass of people live to-day as they lived yesterday, as they lived in the first Olympiad, as they lived the first day after creation, and on the eve of the great-cataclysm. Doubt drowns everything in its waters. ‘The same waves beat, with the self-same ebb and flow, on the human granite that hems in the sea of intellect. Man asks himself whether indeed he saw what he saw, whether he, really heard the words- that were spoken, whether the fact was a fact, and the idea really an idea; and then he goes on his way, he thinks of his business, he obeys the inevitable servitor of Death—Forgetfulness—who throws his black cloak over the old humanity of which the younger has no remembrance. Man never ceases to move, to go on, to grow as a vegetable grows, till the day when the axe falls. If this floodlike force, this mounting pressure of bitter waters, hinders all progress, it also, no doubt, is a warning of death. None but the loftier spirits open to faith can discern Jacob’s mystical stair.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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