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1Aussi son traité des Arcanes Célestes, où sont expliquées les Correspondances ou signifiances du Naturel au Spirituel, devant donner, suivant l’expression de Jacob Boehm, la signature de toute chose , n’a-t-il pas moins de seize volumes et de treize mille propositions. « Cette connaissance merveilleuse des Correspondances, que la bonté de Dieu permit à Swedenborg d’avoir, dit un de ses disciples, est le secret de l’intérêt qu’inspirent ses ouvrages. Selon ce commentateur, là tout dérive du ciel, tout rappelle au ciel. Les écrits du prophète sont sublimes et clairs : il parle dans les cieux et se fait entendre sur la terre ; sur une de ses phrases, on ferait un volume. » Et le disciple cite celle-ci entre mille autres : Le royaume du ciel , dit Swedenborg ( Arcan. céles .), est le royaume des motifs. L ’ action se produit dans le ciel, de là dans le monde, et par degrés dans les infiniment petits de la terre ; les effets terrestres étant liés à leurs causes célestes, font que tout y est correspondant et signifiant . L’homme est le moyen d’union entre le Naturel et le Spirituel . Les Esprits Angéliques connaissent donc essentiellement les Correspondances qui relient au ciel chaque chose de la terre, et savent le sens intime des paroles prophétiques qui en dénoncent les révolutions. Ainsi, pour ces Esprits, tout ici-bas porte sa signifiance. La moindre fleur est une pensée, une vie qui correspond à quelques linéaments du Grand-Tout, duquel ils ont une constante intuition. Pour eux, l’adultère et les débauches dont parlent les Écritures et les prophètes, souvent estropiés par de soi-disant écrivains, signifient l’état des âmes qui dans ce monde persistent à s’infecter d’affections terrestres, et continuent ainsi leur divorce avec le ciel.
2Les nuées signifient les voiles dont s’enveloppe Dieu. Les flambeaux, les pains de proposition, les chevaux et les cavaliers, les prostituées, les pierreries, tout, dans l’ÉCRITURE, a pour eux un sens exquis, et révèle l’avenir des faits terrestres dans leurs rapports avec le ciel. Tous peuvent pénétrer la vérité des Énoncés de saint Jean, que la science humaine démontre et prouve matériellement plus tard, tels que celui-ci : « Gros, dit Swedenborg, de plusieurs sciences humaines. » Je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre étaient passés ( Ap ., xxi , 1). Ils connaissent les festins où l’on mange la chair des rois, des hommes libres et des esclaves , et auxquels convie un Ange debout dans le soleil ( Apocal ., xix , 11 à 18). Ils voient la femme ailée, revêtue du soleil, et l’homme toujours armé ( Apocal .). Le cheval de l’Apocalypse est, dit Swedenborg, l’image visible de l’intelligence humaine montée par la mort, car elle porte en elle son principe de destruction. Enfin, ils reconnaissent les peuples cachés sous des formes qui semblent fantastiques aux ignorants. Quand un homme est disposé à recevoir l’insufflation prophétique des Correspondances, elle réveille en lui l’esprit de la Parole ; il comprend alors que les créations ne sont que des transformations ; elle vivifie son intelligence et lui donne pour les vérités une soif ardente qui ne peut s’étancher que dans le ciel. Il conçoit, suivant le plus ou le moins de perfection de son intérieur, la puissance des Esprits Angéliques, et marche, conduit par le Désir, l’état le moins imparfait de l’homme non régénéré, vers l’Espérance qui lui ouvre le monde des Esprits, puis il arrive à la Prière qui lui donne la clef des Cieux.
3Quelle créature ne désirerait se rendre digne d’entrer dans la sphère des intelligences qui vivent secrètement par l’Amour ou par la Sagesse ? Ici-bas, pendant leur vie, ces Esprits restent purs ; ils ne voient, ne pensent et ne parlent point comme les autres hommes. Il existe deux perceptions : l’une interne, l’autre externe ; l’Homme est tout externe, l’Esprit Angélique est tout interne. L’Esprit va au fond des Nombres, il en possède la totalité, connaît leurs signifiances. Il dispose du mouvement et s’associe à tout par l’ubiquité : Un ange , selon le Prophète Suédois, est présent à un autre quand il le désire ( Sap, Ang. De Div. AM .) ; car il a le don de se séparer de son corps, et voit les cieux comme les prophètes les ont vus, et comme Swedenborg les voyait lui-même. « Dans cet état, dit-il ( Vraie Religion , 136), l’esprit de l’homme est transporté d’un lieu à un autre, le corps restant où il est, état dans lequel j’ai demeuré pendant vingt-six années. » Nous devons entendre ainsi toutes les paroles bibliques où il est dit : L’esprit m’emporta . La Sagesse angélique est à la Sagesse humaine ce que les innombrables forces de la nature sont à son action, qui est une. Tout revit, se meut, existe en l’Esprit, car il est en Dieu : ce qu’expriment ces paroles de saint Paul : « In Deo sumus, movemur, et vivimus ; nous vivons, nous agissons, nous sommes en Dieu. » La Terre ne lui offre aucun obstacle, comme la Parole ne lui offre aucune obscurité. Sa divinité prochaine lui permet de voir la pensée de Dieu voilée par le Verbe, de même que vivant par son intérieur, l’Esprit communique avec le sens intime caché sous toutes les choses de ce monde.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1‘“‘The spirits are in the secret of the reciprocal harmony of creations; they are in accord with the spirit of sounds, with the spirit of colors, with the spirit of vegetable life; they can question minerals, and minerals reply to their thoughts. What, to them, are the learning and the treasures of earth when they can constantly command them by their sight, and when the worlds of which men think so much are for the spirits no more than the topmost step whence they will fly up to God? Heavenly love, or heavenly wisdom, are visibly with them, seen by the elect in a halo of light that envelops them. Their innocence, of which a child’s innocence is the external image, has knowledge which children have not; they are innocent, and they know. ‘“*And,’ says Swedenborg, ‘the innocence of heaven makes so deep an impression on the soul, that those who enjoy it feel a rapture which goes with them all through life, as I myself have experienced.’ ‘It is_enough, perhaps,’ he says elsewhere, ‘to have the smallest inkling of it SERAPHITA TT - to transform one forever, and, by desiring to go to heaven, to enter into the sphere of hope.’ ‘His doctrine of marriage may be summed up in a few words: ‘“*The Lord took the beauty and grace of man’s life and infused them into woman. When man is disunited from this beauty and elegance of life, he is austere, sad, or savage; when he is reunited to them, he is happy, he is complete.’
2“The angels are forever in the perfection of beauty. Their marriages take places with miraculous ceremonies. To such a union, from which no children are born, man brings Understanding, woman brings Will; they become one being—one flesh on earth; then, after putting on the heavenly body, they go to heaven. On earth, in the natural state, the mutual affection of the two sexs leads to lust, which is an effect, producing fatigue and disgust; but in their heavenly form, the pair, having become one spirit, finds in itself a cause of perpetual joys. Swedenborg had seen such a union of spirits, who, as Saint Luke has written, ‘neither marry nor are given in marriage,’ and this union leads to none but spiritual pleasures. An angel offered to take him to witness such a marriage, and bore him away on his wings; the wings are only symbolical, and not an earthly reality. He clothed him in his festal garment; and Swedenborg, seeing himself arrayed in light, asked the reason. ‘“*On such occasions,’ replied the angel, ‘our robes light up and shine and are nuptial garments’ (‘The Delight of Wisdom in Conjugal Love’). ‘‘He then saw two angels who came—one from the South, and the other from the East. The angel from 78: BALZAC’S WORKS
3the South rode in a chariot drawn by two white horses, whose reins were of the color and the radiance of the morning; but when they came close to him in heaven, he saw no more of the chariot or horses. The angel from the Hast, clothed in purple, and the angel from the South, in hyacinth color, rushed together like two breaths of wind, and were onc; one was an angel of Love and the other an angel of Wisdom. Swedenborg’s guide told him that on earth these two angels had been bound by an inward sympathy, and constantly united, though divided by space. Consent, which is the essence of happy marriage on earth, is the habitual condition of angels in heaven. Love is the light of their world.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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