Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1Le son n’est-il pas une modification de l’air, comprimé, dilaté, répercuté ? Vous connaissez la composition de l’air : azote, oxygène et carbone. Comme vous n’obtenez pas de son dans le vide, il est clair que la musique et la voix humaine sont le résultat de substances chimiques organisées qui se mettent à l’unisson des mêmes substances préparées en vous par votre pensée, coordonnées au moyen de la lumière, la grande nourrice de votre globe : avez-vous pu contempler les amas de nitre déposés par les neiges, avez-vous pu voir les décharges de la foudre, et les plantes aspirant dans l’air les métaux qu’elles contiennent, sans conclure que le soleil met en fusion et distribue la subtile essence qui nourrit tout ici-bas ? Comme l’a dit Swedenborg, la terre est un homme ! Vos sciences actuelles, ce qui vous fait grands à vos propres yeux, sont des misères auprès des lueurs dont sont inondés les Voyants. Cessez, cessez de m’interroger, nos langages sont différents. Je me suis un moment servi du vôtre pour vous jeter un éclair de foi dans l’âme, pour vous donner un pan de mon manteau, et vous entraîner dans les belles régions de la Prière. Est-ce à Dieu de s’abaisser à vous : n’est-ce pas vous qui devez vous élever à lui ! Si la raison humaine a sitôt épuisé l’échelle de ses forces en y étendant Dieu pour se le démontrer sans y parvenir, n’est-il pas évident qu’il faut chercher une autre voie pour le connaître ? Cette voie est en nous-mêmes. Le Voyant et le Croyant trouvent en eux des yeux plus perçants que ne le sont les yeux appliqués aux choses de la terre et aperçoivent une Aurore.
2Entendez cette vérité ? vos sciences les plus exactes, vos méditations les plus hardies, vos plus belles Clartés sont des Nuées. Au-dessus, est le Sanctuaire d’où jaillit la vraie lumière. Elle s’assit et garda le silence, sans que son calme visage accusât la plus légère de ces trépidations dont sont saisis les orateurs après leurs improvisations les moins courroucées. Wilfrid dit à monsieur Becker, en se penchant vers son oreille : — Qui lui a dit cela ? — Je ne sais pas, répondit-il. — Il était plus doux sur le Falberg, se disait Minna. Séraphîta se passa la main sur les yeux et dit en souriant : — Vous êtes bien pensifs, ce soir, messieurs. Vous nous traitez, Minna et moi, comme des hommes à qui l’on parle politique ou commerce, tandis que nous sommes de jeunes filles auxquelles vous devriez faire des contes en prenant le thé, comme cela se pratique dans nos veillées de Norwége. Voyons, monsieur Becker, racontez-moi quelques-unes des Saga que je ne sais pas ? Celle de Frithiof, cette chronique à laquelle vous croyez et que vous m’avez promise. Dites-nous cette histoire où le fils d’un paysan possède un navire qui parle et qui a une âme ? Je rêve de la frégate Ellida ! N’est-ce pas sur cette fée à voiles que devraient naviguer les jeunes filles ?
3— Puisque nous revenons à Jarvis, dit Wilfrid dont les yeux s’attachaient à Séraphîta comme ceux d’un voleur caché dans l’ombre s’attachent à l’endroit où gît le trésor, dites-moi, pourquoi vous ne vous mariez pas ? — Vous naissez tous veufs ou veuves, répondit elle, mais mon mariage était préparé dès ma naissance, et je suis fiancée… — À qui ? dirent-ils tous à la fois. — Laissez-moi mon secret, dit-elle. Je vous promets, si notre père le veut, de vous convier à ces noces mystérieuses. — Sera-ce bientôt ? — J’attends. Un long silence suivit cette parole. — Le printemps est venu, dit Séraphîta, le fracas des eaux et des glaces rompues commence, ne venez-vous pas saluer le premier printemps d’un nouveau siècle ? Elle se leva suivie de Wilfrid, et ils allèrent ensemble à une fenêtre que David avait ouverte. Après le long silence de l’hiver, les grandes eaux se remuaient sous les glaces et retentissaient dans le Fiord comme une musique, car il est des sons que l’espace épure et qui arrivent à l’oreille comme des ondes pleines à la fois de lumière et de fraîcheur.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1“You believe the whole sea to be salt without having ascertained that it is so in its deepest places. ‘“You recognize the existence of various substances which traverse what you call the Void: substances intangible under any known form assumed by matter, and which meet and combine with it in spite of every obstacle. That being the case, you believe in the results obtained by chemistry, though as yet it knows no method of estimating the changes produced by the currents to and fro of those substances as they pass through your crystals and your instruments on the inappreciable waves of heat or of light, conducted or repelled by the affinities of metals or vitrified flint. You obtain no substances but what are dead, out of which you have driven the unknown force which resists decomposition in all earthly things, the force of which attraction, undulation, cohesion, and polarity are manifestations. ‘life is the mind of body; bodies are but a mode of detaining it, of delaying it in its transit; if bodies were themselves living things, they would be a cause; they would not die. When a man establishes the results of the : motion of which every form of creation has its share in proportion to its power of absorbing it, you call him a Learned Man, as though genius consisted in explaining what exists, 182 BALZAC’S WORKS
2Genius should lift its eyes above effects. All your learned men would laugh if you should say to them, ‘There is a certain connecting relation between two beings, such as that if one of them were here and the other in Java, they might feel the same sensation at the same instant, and be aware of the fact, and question and answer each other without a mistake.’ And yet there are some mineral substances which exhibit sympathies as far-reaching as that of which I speak. You believe in the power of electricity when it is fixed in the loadstone, but you deny it as emanating from the soul. According te you, the moon, whose influence over the tides seems to you proven, has none over the winds, over vegetation, or over men; it can move the sea and eat into glass, but it cannot affect the sick; it has undoubted effects on one-half of the human race; none on the other half. These are your most precious convictions. ‘‘We may go further: You believe in physics; but your physics are based, like the Catholic religion, on an act of faith. Do they not recognize an external force apart from bodies to which it imparts movement? You see its effects, but what is a? Where is it? What is its essence, its life? Has it any limits?—And you deny God!
3‘Thus most of your scientific axioms, though true in relation to man, are false in relation to the Whole. Science is one, and you have divided it. To know the true sense of the laws of phenomena, would it not be necessary to know the correlations existing between the phenomena and the laws of the whole? ‘There is in all things an appearance, a presentment, which strikes your sense; behind this presentment there is a soul moving—the body, and the faculty. Where are the relations which hold things together studied or taught? Nowhere. Have you, then, no absolute finalSERAPHITA 133 ity? Your best ascertained theses rest on an analysis of the forms of matter, while the spirit is constantly neglected. “There is a supreme science of which some men—too late—get a glimpse, though they dare not own it. These men perceive the necessity for considering all bodies, not merely from the point of view of their mathematical properties, but also from that of their whole relations and occult affinities.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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