Fetching
One moment.
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1Le Dieu de la précédente hypothèse, ce Dieu si nul par la puissance de son inertie, semble plus possible, s’il fallait choisir dans l’impossible, que ce Dieu si stupidement rieur qui se fusille lui-même quand deux portions de l’humanité sont en présence, les armes à la main. Quelque comique que soit cette suprême expression de la seconde face du problème, elle fut adoptée par la moitié du genre humain chez les nations qui se sont créé de riantes mythologies. Ces amoureuses nations étaient conséquentes : chez elles, tout était Dieu, même la Peur et ses lâchetés, même le Crime et ses bacchanales. En acceptant le panthéisme, la religion de quelques grands génies humains, qui sait de quel côté se trouve alors la raison ? Est-elle chez le sauvage, libre dans le désert, vêtu dans sa nudité, sublime et toujours juste dans ses actes quels qu’ils soient, écoutant le soleil, causant avec la mer ? Est-elle chez l’homme civilisé qui ne doit ses plus grandes jouissances qu’à des mensonges, qui tord et presse la nature pour se mettre un fusil sur l’épaule, qui a usé son intelligence pour avancer l’heure de sa mort et pour se créer des maladies dans tous ses plaisirs ? Quand le râteau de la peste ou le soc de la guerre, quand le génie des déserts a passé sur un coin du globe en y effaçant tout, qui a eu raison du sauvage de Nubie ou du patricien de Thèbes ? Vos doutes descendent de haut en bas, ils embrassent tout, la fin comme les moyens. Si le monde physique semble inexplicable, le monde moral prouve donc encore plus contre Dieu.
2Où est alors le progrès ? Si tout va se perfectionnant, pourquoi mourons-nous enfants ? pourquoi les nations au moins ne se perpétuent-elles pas ? Le monde issu de Dieu, contenu en Dieu, est-il stationnaire ? Vivons-nous une fois ? vivons-nous toujours ? Si nous vivons une fois, pressés par la marche du Grand-Tout dont la connaissance ne nous a pas été donnée, agissons à notre guise ! Si nous sommes éternels, laissons faire ! La créature peut-elle être coupable d’exister au moment des transitions ? Si elle pèche à l’heure d’une grande transformation, en sera-t-elle punie après en avoir été la victime ? Que devient la bonté divine en ne nous mettant pas immédiatement dans les régions heureuses, s’il en existe ? Que devient la prescience de Dieu, s’il ignore le résultat des épreuves auxquelles il nous soumet ? Qu’est cette alternative présentée à l’homme par toutes les religions d’aller bouillir dans une chaudière éternelle, ou de se promener en robe blanche, une palme à la main, la tête ceinte d’une auréole ? Se peut-il que cette invention païenne soit le dernier mot d’un Dieu ? Quel esprit généreux ne trouve d’ailleurs indigne de l’homme et de Dieu, la vertu par calcul qui suppose une éternité de plaisirs offerte par toutes les religions à qui remplit, pendant quelques heures d’existence, certaines conditions bizarres et souvent contre nature ? N’est-il pas ridicule de donner des sens impétueux à l’homme et de lui en interdire la satisfaction. D’ailleurs, à quoi bon ces maigres objections quand le Bien et le Mal sont également annulés ?
3Le Mal existe-t-il ? Si la substance dans toutes ses formes est Dieu, le Mal est Dieu. La faculté de raisonner aussi bien que la faculté de sentir étant donnée à l’homme pour en user, rien n’est plus pardonnable que de chercher un sens aux douleurs humaines, et d’interroger l’avenir ; si ces raisonnements droits et rigoureux amènent à conclure ainsi, quelle confusion ! Ce monde n’aurait donc nulle fixité : rien n’avance et rien ne s’arrête, tout change et rien ne se détruit, tout revient après s’être réparé, car si votre esprit ne vous démontre pas rigoureusement une fin, il est également impossible de démontrer l’anéantissement de la moindre parcelle de Matière : elle peut se transformer, mais non s’anéantir. Si la force aveugle donne gain de cause à l’athée, la force intelligente est inexplicable, car émanée de Dieu, doit-elle rencontrer des obstacles, son triomphe ne doit-il pas être immédiat ? Où est Dieu ? Si les vivants ne l’aperçoivent pas, les morts le trouveront-ils ? Écroulez-vous, idolâtries et religions ! Tombez, trop faibles clefs de toutes les voûtes sociales qui n’avez retardé ni la chute, ni la mort, ni l’oubli de toutes les nations passées, quelque fortement qu’elles se fussent fondées ! Tombez, morales et justices ! nos crimes sont purement relatifs, c’est des effets divins dont les causes ne nous sont pas connues ! Tout est Dieu. Ou nous sommes Dieu, ou Dieu n’est pas ! Enfant d’un siècle dont chaque année a mis sur ton front la glace de ses incrédulités, vieillard ! voici le résumé de tes sciences et de tes longues réflexions.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1‘‘How, then, are we to conceive of an Omnipotent Intelligence which yet cannot conquer? How unite it with Nature, unless by direct conquest? But Nature seeks and combines, reproduces, dies, and is born again; it is evenmore agitated in the creative effort than when all is in a state of fusion; it suffers and groans; it is ignorant, degenerate, does evil, makes mistakes, destroys itself, disappears, and begins again. How are we to justify the almost universal eclipse of the Divine element? . Why is death? Why was the spirit of evil, the monarch of this earth, sent forth from a supremely good God—good alike in His essence and His faculties, who could have produced nothing that was not like Himself? ‘‘And if, setting aside this relentless issue which leads us at once to the absurd, we go into details, what purpose can we ascribe to the world? If all is God, all is at once effect and cause; or, more accurately, cause and effect do not exist. Like God, all is one; and you can discern no starting-point and no end. Can the real end be, possibly, a rotation of matter growing more and more rare? But 118 BALZAQ’S WORKS
2whatever the end may be, is not the mechanism of such matter proceeding from God and returning to God a mere child’s plaything? Why should He embody Himself so grossly? Under what form is God most completely God? Which wins the day, spirit or matter, when neither of those modes of being can be wrong? Who can possibly discern God in this perennial toil by which He divides Himself into two natures—one omniscient, the other knowing nothing? Can you conceive of God as playing at being man, laughing His own labors to scorn, dying on Friday to rise again on Sunday, and carrying on the farce from age to age while knowing the end from all eternity; and never telling Himseif, the Creature, what He is doing as Creator?
3“The God of the former hypothesis, null as He is by sheer inertia, seems more possible—if we had to choose between impossibilities—than that stupid mocking God who destroys Himseif when two portions of humanity meet weapon in hand. Comical as this ultimate expression of the second aspect of the problem may be, it was that chosen by half the human race among nations that had created certain gay mythologies. These amorous nations were consistent; to them everything was a god, even fear and its cowardice, even crime and its bacchanals. If we accept Pantheism, the faith of some great human geniuses, who can tell where reason lies? Is it with the savage running free in the desert, clothed in his nakedness, lordly and always right in his actions whatever they may be, listening to the sun and talking to the sea? Is it with the civilized man, whose greatest pleasures are due to falsehoods, whe hews and hammers Nature to make the gun he carries on his shoulder, who has applied his intelligence to hasten the hour of his death and create maladies that taint his oN SERAPHITA 119 pleasures? When the scourge of pestilence, or the plowshare of war, or the genius of the desert had passed over a spot of earth, annihilating everything, which came off best—the Nubian savage or the patrician of Thebes?
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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