Fetching
One moment.
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One moment.
1Dès ce moment, Swedenborg a constamment vécu de la vie des Esprits, et resta dans ce monde comme Envoyé de Dieu. Si sa mission lui fut contestée par les incrédules, sa conduite fut évidemment celle d’un être supérieur à l’humanité. D’abord, quoique borné par sa fortune au strict nécessaire, il a donné des sommes immenses, et notoirement relevé, dans plusieurs villes de commerce, de grandes maisons tombées ou qui allaient faillir. Aucun de ceux qui firent un appel à sa générosité ne s’en alla sans être aussitôt satisfait. Un Anglais incrédule s’est mis à sa poursuite, l’a rencontré dans Paris, et a raconté que chez lui les portes restaient constamment ouvertes. Un jour, son domestique s’étant plaint de cette négligence, qui l’exposait à être soupçonné des vols qui atteindraient l’argent de son maître : — Qu’il soit tranquille, dit Swedenborg en souriant, je lui pardonne sa défiance, il ne voit pas le gardien qui veille à ma porte. En effet, en quelque pays qu’il habitât, il ne ferma jamais ses portes, et rien ne fut perdu chez lui. À Gothembourg, ville située à soixante milles de Stockholm, il annonça, trois jours avant l’arrivée du courrier, l’heure précise de l’incendie qui ravageait Stockholm en faisant observer que sa maison n’était pas brûlée : ce qui était vrai. La reine de Suède dit à Berlin, au roi son frère, qu’une de ses dames étant assignée pour payer une somme qu’elle savait avoir été rendue par son mari avant qu’il mourût, mais n’en trouvant pas la quittance, alla chez Swedenborg, et le pria de demander à son mari où pouvait être la preuve du paiement.
2Le lendemain, Swedenborg lui indiqua l’endroit où était la quittance ; mais comme, suivant le désir de cette dame, il avait prié le défunt d’apparaître à sa femme, celle-ci vit en songe son mari vêtu de la robe de chambre qu’il portait avant de mourir, et lui montra la quittance dans l’endroit désigné par Swedenborg, et où elle était effectivement cachée. Un jour, en s’embarquant à Londres, dans le navire du capitaine Dixon, il entendit une dame qui demandait si l’on avait fait beaucoup de provisions : — Il n’en faut pas tant, répondit-il. Dans huit jours, à deux heures, nous serons dans le port de Stockholm. Ce qui arriva. L’état de vision dans lequel Swedenborg se mettait à son gré, relativement aux choses de la terre, et qui étonna tous ceux qui l’approchèrent par des effets merveilleux, n’était qu’une faible application de sa faculté de voir les cieux. Parmi ces visions, celles où il raconte ses voyages dans les terres astrales ne sont pas les moins curieuses, et ses descriptions doivent nécessairement surprendre par la naïveté des détails. Un homme dont l’immense portée scientifique est incontestable, qui réunissait en lui la conception, la volonté, l’imagination, aurait certes inventé mieux, s’il eût inventé. La littérature fantastique des Orientaux n’offre d’ailleurs rien qui puisse donner une idée de cette œuvre étourdissante et pleine de poésies en germe, s’il est permis de comparer une œuvre de croyance aux œuvres de la fantaisie arabe. L’enlèvement de Swedenborg par l’ange qui lui servit de guide dans son premier voyage, est d’une sublimité qui dépasse, de toute la distance que Dieu a mise entre la terre et le soleil, celle des épopées de Klopstock, de Milton, du Tasse et de Dante.
3Cette partie, qui sert de début à son ouvrage sur les terres astrales , n’a jamais été publiée ; elle appartient aux traditions orales : laissées par Swedenborg aux trois disciples qui étaient au plus près de son cœur. Monsieur Silverichm la possède écrite. Monsieur Séraphîtüs a voulu m’en parler quelquefois ; mais le souvenir de la parole de son cousin était si brûlant, qu’il s’arrêtait aux premiers mots, et tombait dans une rêverie d’où rien ne le pouvait tirer. Le discours par lequel l’Ange prouve à Swedenborg que ces corps ne sont pas faits pour être errants et déserts, écrase, m’a dit le baron, toutes les sciences humaines sous le grandiose d’une logique divine. Selon le prophète, les habitants de Jupiter ne cultivent point les sciences qu’ils nomment des ombres ; ceux de Mercure détestent l’expression des idées par la parole qui leur semble trop matérielle, ils ont un langage oculaire ; ceux de Saturne sont continuellement tentés par de mauvais esprits ; ceux de la Lune sont petits comme des enfants de six ans, leur voix part de l’abdomen, et ils rampent ; ceux de Vénus sont d’une taille gigantesque, mais stupides, et vivent de brigandages ; néanmoins, une partie de cette planète a des habitants d’une grande douceur, qui vivent dans l’amour du bien. Enfin, il décrit les mœurs des peuples attachés à ces globes, et traduit le sens général de leur existence par rapport à l’univers, en des termes si précis ; il donne des explications qui concordent si bien aux effets de leurs révolutions apparentes dans le système général du monde, que peut-être un jour les savants viendront-ils s’abreuver à ces sources lumineuses.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1‘Hence the account given of the incident by the Chevalier de Beylon is without foundation; and the visit said to have been paid to Swedenborg, at night, by Counts H—— and TW—— is a pure invention. ‘The writer of the letter may rest assured that I am anything rather than a follower of Swedenborg; nothing but the love of truth has moved me to relate with accuracy a fact that has often been told with details that are incorrect; and I affirm what I have here written to be the truth, and sign it with my name.”’ “The proofs of his mission given by Swedenborg to the families of Prussia and Sweden no doubt formed a basis for the belief he inspired in several personages of the two ”) Courts,’’ the pastor went on, replacing the newspaper in his drawer. ‘‘At the same time, I cannot tell you all the facts of his material and visible life; his habits precluded their being exactly known. He lived in strict retirement, never trying to grow rich or to rise to fame. He was even remarkable for a sort of repugnance to proselytizing; he spoke freely to very few persons, and never communicated those gifts but to those who were conspicuous for faith, wisdom, and*love. He could read at a glance the frame of mind in which each one approached him, and could make seers of those whom he desired to touch with his inward Word. ‘‘After the year 1745 his disciples never saw him do a single thing from a merely human motive.
2‘‘One man only, a Swedish priest named Matthésius, accused him of madness. By a singular coincidence this Matthésius, the enemy of Swedenborg and his writings, went mad not long after, and was living a few years since 64 BALZAC’S WORKS at Stockholm on a pension allowed him by the King of Sweden. . ‘‘A discourse in honor of Swedenborg was composed _ with great care as to the details of his life, and read at a general meeting in the Hall of the Royal Academy of Sciences at Stockholm, by Monsieur de Sandel, Councillor to the College of Mines, in 1786. Finally, a deposition laid before the Lord Mayor of London testifies to the smallest circumstances of Swedenborg’s last illness and death under the ministrations of Pastor Férélius, a Swedish ecclesiastic of the highest respectability. The persons attesting declared that, far from recanting, Swedenborg always averred the truth of his writings. ‘‘*TIn a hundred years’ time,’ said he, ‘my doctrines will govern the Church.’ ‘‘He foretold very precisely the day and hour of his death. On that day, Sunday, March 29, 1772, he asked what o’clock it was. ‘* ‘Five o'clock,’ was the answer. ‘**Tt is all over,’ said he. ‘God bless you!’ ‘‘And ten minutes after he died quite calmly with a gentle sigh. Thus, moderation, simplicity, and solitude were the features of his life.
3‘‘Whenever he had finished writing a treatise, he took ship to have it printed in London or in Holland, and never talked about it. He thus published twenty-seven works in all, written, as he declared, at the dictation of angels. Whether or no this be true, few men are capable of enduring this flaming language. ‘‘Here they all are,’’ said the minister, pointing to an upper shelf on which stood about sixty volumes. ‘‘The seven books on which the Spirit of God has shed its brightSERAPHITA 65 est light are:-—‘The Delights of Wisdom in Conjugal Love;’ ‘Meaven and Hell;’ ‘The Apocalypse Explained;’ ‘An Exposition of the Inward Sense;’ ‘On the Divine Love;’ ‘The True Christian Religion;’ ‘The Angelic Wisdom of the Omnipotence, Omniscience, and Omnipresence of those who share the Eternity and Immensity of God.’ ‘His explanation of the ‘Apocalypse’ begins with these words,’’ said the pastor, opening the volume that was lying near him: ‘‘ ‘Herein I have written nothing of my own; I have spoken at the bidding of the Lord, who said to John, by the same angel, ‘‘Thou shalt not seal the words of this prophecy. ‘‘My dear sir,’’ the good man went on, looking at a3 Wilfrid, ‘‘many a winter night have I quaked in every limb while reading the tremendous works in which this man sets forth the greatest marvels in perfect good faith.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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