Fetching
One moment.
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1— Vous êtes fous ! s’écria le pasteur. — À demain ! dit Wilfrid. IV LES NUÉES DU SANCTUAIRE. Il est des spectacles auxquels coopèrent toutes les matérielles magnificences dont dispose l’homme. Des nations d’esclaves et de plongeurs sont allées chercher dans le sable des mers, aux entrailles des rochers, ces perles et ces diamants qui parent les spectateurs. Transmises d’héritage en héritage, ces splendeurs ont brillé sur tous les fronts couronnés, et feraient la plus fidèle des histoires humaines si elles prenaient la parole. Ne connaissent-elles pas les douleurs et les joies des grands comme celles des petits ? Elles ont été portées partout : elles ont été portées avec orgueil dans les fêtes, portées avec désespoir chez l’usurier, emportées dans le sang et le pillage, transportées dans les chefs-d’œuvre enfantés par l’art pour les garder. Excepté la perle de Cléopâtre, aucune d’elles ne s’est perdue. Les Grands, les Heureux sont là réunis et voient couronner un roi dont la parure est le produit de l’industrie des hommes, mais qui dans sa gloire est vêtu d’une pourpre moins parfaite que ne l’est celle d’une simple fleur des champs. Ces fêtes splendides de lumière, enceintes de musique où la parole de l’Homme essaie à tonner ; tous ces triomphes de sa main, une pensée, un sentiment les écrase. L’Esprit peut rassembler autour de l’homme et dans l’homme de plus vives lumières, lui faire entendre de plus mélodieuses harmonies, asseoir sur les nuées de brillantes constellations qu’il interroge. Le Cœur peut plus encore !
2L’homme peut se trouver face à face avec une seule créature, et trouver dans un seul mot, dans un seul regard, un faix si lourd à porter, d’un éclat si lumineux, d’un son si pénétrant, qu’il succombe et s’agenouille. Les plus réelles magnificences ne sont pas dans les choses, elles sont en nous-mêmes. Pour le savant, un secret de science n’est-il pas un monde entier de merveilles ? Les trompettes de la Force, les brillants de la Richesse, la musique de la Joie, un immense concours d’hommes accompagne-t-il sa fête ? Non, il va dans quelque réduit obscur, où souvent un homme pâle et souffrant lui dit un seul mot à l’oreille. Ce mot, comme une torche jetée dans un souterrain, lui éclaire les Sciences. Toutes les idées humaines, habillées des plus attrayantes formes qu’ait inventées le Mystère, entouraient un aveugle assis dans la fange au bord d’un chemin. Les trois mondes, le Naturel, le Spirituel et le Divin, avec toutes leurs sphères, se découvraient à un pauvre proscrit florentin : il marchait accompagné des Heureux et des Souffrants, de ceux qui priaient et de ceux qui criaient, des anges et des damnés. Quand l’envoyé de Dieu, qui savait et pouvait tout, apparut à trois de ses disciples, ce fut un soir, à la table commune de la plus pauvre des auberges ; en ce moment la lumière éclata, brisa les Formes Matérielles, éclaira les Facultés Spirituelles, ils le virent dans sa gloire, et la terre ne tenait déjà plus à leurs pieds que comme une sandale qui s’en détachait.
3Monsieur Becker, Wilfrid et Minna se sentaient agités de crainte en allant chez l’être extraordinaire qu’ils s’étaient proposé d’interroger, Pour chacun d’eux le château suédois agrandi comportait un spectacle gigantesque, semblable à ceux dont les masses et les couleurs sont si savamment, si harmonieusement disposées par les poètes, et dont les personnages, acteurs imaginaires pour les hommes, sont réels pour ceux qui commencent à pénétrer dans le Monde Spirituel. Sur les gradins de ce colysée, monsieur Becker asseyait les grises légions du doute, ses sombres idées, ses vicieuses formules de dispute ; il y convoquait les différents mondes philosophiques et religieux qui se combattent, et qui tous apparaissent sous la forme d’un système décharné comme le temps configuré par l’homme, vieillard qui d’une main lève la faux, et dans l’autre emporte un grêle univers, l’univers humain. Wilfrid y conviait ses premières illusions et ses dernières espérances ; il y faisait siéger la destinée humaine et ses combats, la religion et ses dominations victorieuses. Minna y voyait confusément le ciel par une échappée, l’amour lui relevait un rideau brodé d’images mystérieuses, et les sons harmonieux qui arrivaient à ses oreilles redoublaient sa curiosité. Pour eux cette soirée était donc ce que le souper fut pour les trois pèlerins dans Emmaüs, ce que fut une vision pour Dante, une inspiration pour Homère ; pour eux, les trois formes du monde révélées, des voiles déchirés, des incertitudes dissipées, des ténèbres éclaircies. L’humanité dans tous ses modes et attendant la lumière ne pouvait être mieux représentée que par cette jeune fille, par cet homme et par ces deux vieillards, dont l’un était assez savant pour douter, dont l’autre était assez ignorant pour croire.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1The pastor, Wilfrid, and Minna were all three excited to alarm at going to the house of the extraordinary being they proposed to question. To each of them the Swedish castle was magnified into the scene of a stupendous spectacle, like those of which the composition and color are so skilfully arranged by poets, where the actors, though imaginary to men, are real to those who are beginning to enter into the SERAPHITA 107 spiritual world. On the seats of that amphitheatre the pastor beheld arrayed the dark legions of doubt, his gloomy ideas, his vicious syllogisms in argument; he called up the various philosophical and religious sects, ever contentious, and all embodied in the shape of a fleshless system, as lean as the figure of Time as imagined by man—the old mower who with one hand raises the scythe, and in the other carries a meagre world, the world of human life. Wilfrid saw there his first illusions and his last hopes; he imagined human destiny incarnate there and all its struggles; religion and its triumphant hierarchies.
2Minna vaguely found heaven there, seen through a vista; love held up a curtain embroidered with mystical figures, and the harmonious sounds that fell on her ears increased her curiosity. Hence this evening was to them what the supper at Emmaus was to the three travellers, what a vision was to Dante, what an inspiration was to Homer; to them, too, the three aspects of the world were to be revealed, veils rent, doubts dispelled, darkness lightened. Human nature in all its phases, and awaiting illumination, could find no better representatives than this young girl, this man, and these two elders, one of them learned enough to be sceptical, the other ignorant enough to believe. No scene could be simpler in appearance or more stupendous in fact. On entering, shown in by old David, they found Seraphita standing by the table, on which were spread the various items constituting a Tea, a meal which takes the place in the north of the pleasures of wine-drinking, reserved for southern lands. Nothing certainly betrayed in her—or in him—a wondrous being who had the power of 108 BALZAC’S WORKS _ _ appearing under two distinct forms, nothing that showed the various forces she could command. With a homely desire to make her three guests comfortable, Seraphita bid David to feed the stove with wood.
3‘‘Good-evening, neighbors,’’ said she. ‘Dear Pastor ‘Becker, you did well to come; you see me alive, perhaps, for the last time. This winter has killed me.—Be seated, pray,’’ she added to Wilfrid.—‘‘ And you, Minna, sit there,” and she pointed to an armchair near the young man. ‘‘You have brought your work, I see. Did you find out the stitch. The pattern is very pretty. For whom is it to be? For your father or for this gentleman?’’ and she turned to Wilfrid. ‘‘We must not allow him to leave without some remembrance of the damsels of Norway.”’ ‘‘Then you were in pain again yesterday ?’’ asked Wilfrid. “That is nothing,’’ she replied. ‘‘Such pain makes me glad; it is indispensable to escape from life.’ ‘*Then you are not afraid of dying?’’ said the minister, smiling, for he did not believe in her illness. : ‘‘No, dear Pastor; there are two ways of dying—to some death means victory, to some it is defeat.” ‘**And you think you have won?’’ said Minna. ‘Ido not know,’’ said she. ‘Perhaps it is only a step more.’’ The milky radiance of her brow seemed to fade, her eyes | fell under her lids, which slowly closed. This simple circumstance distressed the three inquirers, who sat quite still. The pastor was the boldest. ‘‘My dear girl,’’ said he, ‘‘you are candor itself; you are also divinely kind. I want more of you this evening than the dainties of your tea-table. If we may believe what some people say, you know some most wonderful , SERAPHITA 109
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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