Fetching
One moment.
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1« En mettant Dieu face à face avec ce Grand Tout, il n’est entre eux que deux états possibles. La Matière et Dieu sont contemporains, ou Dieu préexistait seul à la Matière. En supposant la raison qui éclaire les races humaines depuis qu’elles vivent, amassée dans une seule tête, cette tête gigantesque ne saurait inventer une troisième façon d’être, à moins de supprimer Matière et Dieu. Que les philosophies humaines entassent des montagnes de mots et d’idées, que les religions accumulent des images et des croyances, des révélations et des mystères, il faut en venir à ce terrible dilemme, et choisir entre les deux propositions qui le composent ; mais vous n’avez pas à opter : l’une et l’autre conduit la raison humaine au Doute. Le problème étant ainsi posé, qu’importe l’Esprit et la Matière ? qu’importe la marche des mondes dans un sens ou dans un autre, du moment où l’être qui les mène est convaincu d’absurdité ? À quoi bon chercher si l’homme s’avance vers le ciel ou s’il en revient, si la création s’élève vers l’Esprit ou descend vers la Matière, dès que les mondes interrogés ne donnent aucune réponse ? Que signifient les théogonies et leurs armées, que signifient les théologies et leurs dogmes, du moment où, quel que soit le choix de l’homme entre les deux faces du problème, son Dieu n’est plus ? Parcourons la première, supposons Dieu contemporain de la Matière ? Est-ce être Dieu que de subir l’action ou la coexistence d’une substance étrangère à la sienne ? Dans ce système, Dieu ne devient-il pas un agent secondaire obligé d’organiser la matière ?
2Qui l’a contraint ? Entre sa grossière compagne et lui, qui fut l’arbitre ? Qui a donc payé le salaire des Six journées imputées à ce Grand Artiste ? S’il s’était rencontré quelque force déterminante qui ne fût ni Dieu ni la Matière ; en voyant Dieu tenu de fabriquer la machine des mondes, il serait aussi ridicule de l’appeler Dieu que de nommer citoyen de Rome l’esclave envoyé pour tourner une meule. D’ailleurs, il se présente une difficulté tout aussi peu soluble pour cette raison suprême, qu’elle l’est pour Dieu. Reporter le problème plus haut, n’est-ce pas agir comme les Indiens, qui placent le monde sur une tortue, la tortue sur un éléphant, et qui ne peuvent dire sur quoi reposent les pieds de leur éléphant ? Cette volonté suprême, jaillie du combat de la Matière et de Dieu, ce Dieu, plus que Dieu, peut-il être demeuré pendant une éternité sans vouloir ce qu’il a voulu, en admettant que l’Éternité puisse se scinder en deux temps ? N’importe où soit Dieu, s’il n’a pas connu sa pensée postérieure, son intelligence intuitive ne périt-elle point ? Qui donc aurait raison entre ces deux Éternités ? sera-ce l’Éternité incréée ou l’Éternité créée ? S’il a voulu de tout temps le monde tel qu’il est, cette nouvelle nécessité, d’ailleurs en harmonie avec l’idée d’une souveraine intelligence, implique la co-éternité de la matière. Que la Matière soit co-éternelle par une volonté divine nécessairement semblable à elle-même en tout temps, ou que la Matière soit co-éternelle par elle-même, la puissance de Dieu devant être absolue, périt avec son Libre-Arbitre ; il trouverait toujours en lui une raison déterminante qui l’aurait dominé.
3Est-ce être Dieu que de ne pas plus pouvoir se séparer de sa création dans une postérieure que dans une antérieure éternité ? Cette face du problème est donc insoluble dans sa cause ? Examinons-la dans ses effets. Si Dieu, forcé d’avoir créé le monde de toute éternité, semble inexplicable, il l’est tout autant dans sa perpétuelle cohésion avec son œuvre. Dieu, contraint de vivre éternellement uni à sa création, est tout aussi ravalé que dans sa première condition d’ouvrier. Concevez-vous un Dieu qui ne peut pas plus être indépendant que dépendant de son œuvre ? Peut-il la détruire sans se récuser lui-même ? Examinez, choisissez ! Qu’il la détruise un jour, qu’il ne la détruise jamais, l’un ou l’autre terme est fatal aux attributs sans lesquels il ne saurait exister. Le monde est-il un essai, une forme périssable dont la destruction aura lieu ? Dieu ne serait-il pas inconséquent et impuissant ? Inconséquent : ne devait-il pas voir le résultat avant l’expérience, et pourquoi tarde-t-il à briser ce qu’il brisera ? Impuissant : devait-il créer un monde imparfait ? Si la création imparfaite dément les facultés que l’homme attribue à Dieu, retournons alors à la question ! supposons la création parfaite. L’idée est en harmonie avec celle d’un Dieu souverainement intelligent qui n’a dû se tromper en rien ; mais alors pourquoi la dégradation ? pourquoi la régénération ? Puis le monde parfait est nécessairement indestructible, ses formes ne doivent point périr ; le monde n’avance ni ne recule jamais, il roule dans une éternelle circonférence d’où il ne sortira point ?
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1“Tf we now conceive of God face to face with this stupendous whole, we find only two conditions of relationship possible: Hither God and Matter were contemporaneous, or God was alone and pre-existent. If all the wisdom that has enlightened the human race from the first day of SERAPHITA 118 its existence could be collected in one vast brain, that monstrous brain could invent no third mode of being, short of denying both God and Matter. Human philosophers may pile up mountains of words and ideas, Religions may accumulate emblems and beliefs, revelations and mysteries, still we are forced on to this terrible dilemma, and must choose one of the two propositions it offers. However, you have not much choice, for each leads the human mind to scepticism. ‘‘The problem being thus stated, what signifies Spirit or Matter? What does it signify which way the worlds are moving if once the Being who guides them is proved to be absurd? Of what use is it to inquire whether man is advancing toward heaven or coming back from it, whether Creation is tending upward toward the spirit, or downward toward matter, if the worlds we question can give no answer? Of what consequence are theogonies and their armies, theologies and their dogmas, when, whichever alternative man chooses in answer to the problem, his God is no more?
2‘‘Let us examine the first: Suppose God and matter to have been coexistent from the beginning. Can He be God who suffers the action and coexistence of a substance that is not Himself? On this theory God is but a secondary agent constrained to organize matter. Who constrained Him? And as between that coarser other half and Him, who was to decide? Who paid the Great Workman for the six days’ labor attributed to Him? If there were, indeed, some coercing force which was neither God nor matter, if God were compelled to make the machinery of the universe, it would be no less absurd to call Him God than to call a slave set to turn a mill a Roman citizen. 114 BALZAO’S WORKS And, in fact, the difficulty is just as insoluble in the case of that Supreme Intelligence as in that of God Himself. It only carries the problem a step further back; and is not this like the Indian philosophers, who place the world on a tortoise, and the tortoise on an elephant, but cannot say on what their elephant’s feet rest? Can we conceive that this Supreme Will, evolved from the conflict of God with matter —this God greater than God—should have existed during eternity without Willing what He Willed, granting that eternity can be divided into two periods? Wherever God may be, if He knew not what His future Will would be, what becomes of His intuitive perceptions? And of these two eternities, which is the superior—uncreated eternity or created eternity ?
3“Tf God from all eternity willed that the world should be what it is, this fresh view of necessity, which is in harmony no doubt with the notion of a Sovereign Intelligence, implies the coeternity of matter. Whether matter be coeternal by the Divine Will, which must at all times be at. one with itself, or whether it be independently coeternal, since the power of God must be absolute, it perishes if He has not His free-will. He would always have found within Himself a supreme reason which would have ruled Him. Is God God if He cannot separate Himself from the works of His creation in subsequent as well as in anterior eternity? ‘This aspect of the problem is then insoluble so far as cause is concerned. Let us examine it in its effects. “If God the Creator, under compulsion to create the universe from all eternity, is inconceivable, He is no less so as perpetually one with His work. God, eternally constrained to exist in His creatures, is no less dishonored than in His former position asa workmen. Can you conceive of a God SERAPHITA 115
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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