Fetching
One moment.
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1Voici, dit monsieur Becker, après avoir pris un livre, en l’ouvrant à l’endroit marqué par le signet, voici par quelles paroles il a terminé cette œuvre : « Si l’on doute que j’aie été transporté dans un grand nombre de Terres Astrales, qu’on se rappelle mes observations sur les distances dans l’autre vie ; elles n’existent que relativement à l’état externe de l’homme ; or, ayant été disposé intérieurement comme les Esprits Angéliques de ces terres, j’ai pu les connaître. » Les circonstances auxquelles nous avons dû de posséder dans ce canton le baron Séraphîtüs, cousin bien-aimé de Swedenborg, ne m’ont laissé étranger à aucun événement de cette vie extraordinaire. Il fut accusé dernièrement d’imposture dans quelques papiers publics de l’Europe, qui rapportèrent le fait suivant, d’après une lettre du chevalier Beylon. Swedenborg, disait-on, instruit par des sénateurs de la correspondance secrète de la feue reine de Suède avec le prince de Prusse, son frère, en révéla les mystères à cette princesse, et la laissa croire qu’il en avait été instruit par des moyens surnaturels . Un homme digne de foi, monsieur Charles-Léonhard de Stahlhammer, capitaine dans la garde royale et chevalier de l’Épée, a répondu par une lettre à cette calomnie.
2Le pasteur chercha dans le tiroir de sa table parmi quelques papiers, finit par y trouver une gazette, et la tendit à Wilfrid qui lut à haute voix la lettre suivante : « Stockholm, 13 mai 1788. « J’ai lu avec étonnement la lettre qui rapporte l’entretien qu’a eu le fameux Swedenborg avec la reine Louise-Ulrique ; les circonstances en sont tout à fait fausses, et j’espère que l’auteur me pardonnera si, par un récit fidèle qui peut être attesté par plusieurs personnes de distinction qui étaient présentes et qui sont encore en vie, je lui montre combien il s’est trompé. En 1758, peu de temps après la mort du prince de Prusse, Swedenborg vint à la cour : il avait coutume de s’y trouver régulièrement. À peine eut-il été aperçu de la reine, qu’elle lui dit : « À propos, monsieur l’assesseur, avez-vous vu mon frère ? » Swedenborg répondit que non, et la reine lui répliqua : « Si vous le rencontrez, saluez-le de ma part. » En disant cela, elle n’avait d’autre intention que de plaisanter, et ne pensait nullement à lui demander la moindre instruction touchant son frère. Huit jours après, et non pas vingt-quatre jours après, ni dans une audience particulière, Swedenborg vint de nouveau à la cour, mais de si bonne heure, que la reine n’avait pas encore quitté son appartement, appelé la Chambre-Blanche, où elle causait avec ses dames d’honneur et d’autres femmes de la cour. Swedenborg n’attend point que la reine sorte, il entre directement dans son appartement et lui parle bas à l’oreille. La reine, frappée d’étonnement, se trouva mal, et eut besoin de quelque temps pour se remettre.
3Revenue à elle-même, elle dit aux personnes qui l’entouraient : « Il n’y a que Dieu et mon frère qui puissent savoir ce qu’il vient de me dire ! » Elle avoua qu’il lui avait parlé de sa dernière correspondance avec ce prince, dont le sujet n’était connu que d’eux seuls. Je ne puis expliquer comment Swedenborg eut connaissance de ce secret ; mais ce que je puis assurer sur mon honneur, c’est que ni le comte H…, comme le dit l’auteur de la lettre, ni personne, n’a intercepté ou lu les lettres de la reine. Le sénat d’alors lui permettait d’écrire à son frère dans la plus grande sécurité, et regardait cette correspondance comme très-indifférente à l’état. Il est évident que l’auteur de la susdite lettre n’a pas du tout connu le caractère du comte H… Ce seigneur respectable, qui a rendu les services les plus importants à sa patrie, réunit aux talents de l’esprit les qualités du cœur, et son âge avancé n’affaiblit point en lui ces dons précieux. Il joignit toujours pendant toute son administration la politique la plus éclairée à la plus scrupuleuse intégrité, et se déclara l’ennemi des intrigues secrètes et des menées sourdes, qu’il regardait comme des moyens indignes pour arriver à son but. L’auteur n’a pas mieux connu l’assesseur Swedenborg. La seule faiblesse de cet homme, vraiment honnête, était de croire aux apparitions des esprits ; mais je l’ai connu pendant très-long-temps, et je puis assurer qu’il était aussi persuadé de parler et de converser avec des esprits, que je le suis, moi, dans ce moment, d’écrire ceci.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1‘«*T have seen,’ says he, ‘the heavens and the angels. The spiritual man sees spiritual man far more clearly than the earthly man sees earthly man. I obey the command of the Lord who hath given it to me todo. Men are free not to believe me; I cannot put others into the state into, which God hath put me. It is not in my power to make them hold conversation with the angels, nor to work a miracle in predisposing their understanding; they themselves must be the agents of their angelical exaltation. For twenty-eight years now I have dwelt in the spiritual world with the angels, and yet on earth with men; for it hath pleased the Lord to open the eyes of my spirit as he opened the eyes of Paul, of Daniel, and of Elisha.’ ‘Certain persons, however, have had visions of the spiritual world through the complete severance of their 66 BALZAC’S WORKS | external body and their inner man by somnambulism. In that state, Swedenborg tells us in his ‘Treatise on Angelic Wisdom,’ man may be raised to celestial light, because, the physical senses being in abeyance, heavenly influences act on the inner man without interference. ‘‘A good many persons who do not doubt that Swedenborg had celestial revelations, still do not regard all his writings as equally stamped with Divine inspiration. Others insist on a complete acceptance of Swedenborg, while confessing his obscurities; but they think that it |
2was the imperfection of earthly language that hindered the prophet in expressing his spiritual visions, so that such obscurities disappear before the eyes of those who are regenerate by faith; to use a striking expression of his favorite disciple’s, the flesh is begotten externally. “To poets and writers he is infinitely marvellous; to seers it is all absolute truth. His descriptions have been a matter of scandal to some Christians; critics have laughed at the ‘celestial substance’ of his temples, his golden palaces, his magnificent mansions where angels flutter and play; others have ridiculed his groves of mystical trees, and gardens where flowers have speech, where the air is white, and mystical gems—sardonyx, carbuncle, chrysolite, chrysoprase, cyanite, chalcedony, and beryl, the Urim and Thummim—are endowed with motion, express celestial truths, and may be questioned, since they reply by variations of light (‘True Religion,’ 217, 218). Some very good men will not recognize his worlds where colors are heard in delicious concerts, where words are flames, and the Word is written in inflected letters (‘True Religion,’ 278). Even in the North some writers have made fun of his gates of pearl, of the diamonds with which the houses of his New Jerusa- “1D at Gee SERAPHITA 67 lem are paved and furnished, where the humblest utensils are made of the rarest materials.
3‘But,’ his disciples argue, ‘though such substances are sparely distributed in this world, is that any reason why they should pot be abundant in another? On earth they are but earthly, while in heaven they are seen under celestial aspects in relation to the angelic state.’ And Swedenborg would quote on such points the great words of Jesus Christ, ‘If I have told you earthly things and ye believe not, how shall ye believe if I tell you of heavenly things?’ (John iii. 12.)
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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