Fetching
One moment.
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1Ainsi, déjà nous pourrions en finir d’un seul coup, en vous déniant la faculté de comprendre Dieu, comme vous déniez aux cailloux du Fiord la faculté de se compter et de se voir. Savez-vous s’ils ne nient pas l’homme, eux, quoique l’homme les prenne pour s’en bâtir sa maison ? Il est un fait qui vous écrase, l’infini ; si vous le sentez en vous, comment n’en admettez-vous pas les conséquences ? le fini peut-il avoir une entière connaissance de l’infini ? Si vous ne pouvez embrasser les rapports qui, de votre aveu, sont infinis, comment embrasseriez-vous la fin éloignée dans laquelle ils se résument ? L’ordre dont la révélation est un de vos besoins étant infini, votre raison bornée l’entendra-t-elle ? Et ne demandez pas pourquoi l’homme ne comprend point ce qu’il peut percevoir, car il perçoit également ce qu’il ne comprend pas. Si je vous démontre que votre esprit ignore tout ce qui se trouve à sa portée, m’accorderez-vous qu’il lui soit impossible de concevoir ce qui la dépasse ? N’aurai-je alors pas raison de vous dire : — « L’un des termes sous lesquels Dieu périt au tribunal de votre raison doit être vrai, l’autre est faux ; la création existant, vous sentez la nécessité d’une fin, cette fin ne doit-elle pas être belle ? Or, si la matière se termine en l’homme par l’intelligence, pourquoi ne vous contenteriez-vous pas de savoir que la fin de l’intelligence humaine est la lumière des sphères supérieures auxquelles est réservée l’intuition de ce Dieu qui vous semble être un problème insoluble ? Les espèces qui sont au-dessous de vous n’ont pas l’intelligence des mondes, et vous l’avez ; pourquoi ne se trouverait-il pas au-dessus de vous des espèces plus intelligentes que la vôtre ?
2Avant d’employer sa force à mesurer Dieu, l’homme ne devrait-il pas être plus instruit qu’il ne l’est sur lui-même ? Avant de menacer les étoiles qui l’éclairent, avant d’attaquer les certitudes élevées ne devrait-il pas établir les certitudes qui le touchent ? » Mais aux négations du Doute, je dois répondre par des négations. Maintenant donc, je vous demande s’il est ici-bas quelque chose d’assez évident par soi-même à quoi je puisse ajouter foi ? En un moment, je vais vous prouver que vous croyez fermement à des choses qui agissent et ne sont pas des êtres, qui engendrent la pensée et ne sont pas des esprits, à des abstractions vivantes que l’entendement ne saisit sous aucune forme, qui ne sont nulle part, mais que vous trouvez partout ; qui sont sans nom possible, et que vous avez nommées ; qui, semblables au Dieu de chair que vous vous figurez, périssent sous l’inexplicable, l’incompréhensible et l’absurde ; Et je vous demanderai comment, adoptant ces choses, vous réservez vos doutes pour Dieu. Vous croyez au Nombre, base sur laquelle vous asseyez l’édifice de sciences que vous appelez exactes. Sans le Nombre, plus de mathématiques. Eh ! bien, quel être mystérieux, à qui serait accordée la faculté de vivre toujours, pourrait achever de prononcer, et dans quel langage assez prompt dirait-il le Nombre qui contiendrait les nombres infinis dont l’existence vous est démontrée par votre pensée ? Demandez-le au plus beau des génies humains, il serait mille ans assis au bord d’une table, la tête entre ses mains, que vous répondrait-il ?
3Vous ne savez ni où le Nombre commence, ni où il s’arrête, ni quand il finira. Ici vous l’appelez le Temps, là vous l’appelez l’Espace ; rien n’existe que par lui ; sans lui, tout serait une seule et même substance, car lui seul différencie et qualifie. Le Nombre est à votre Esprit ce qu’il est à la matière, un agent incompréhensible. En ferez-vous un Dieu ? est-ce un être ! est-ce un souffle émané de Dieu pour organiser l’univers matériel où rien n’obtient sa forme que par la Divisibilité qui est un effet du Nombre ? Les plus petites comme les plus immenses créations ne se distinguent-elles pas entre elles par leurs quantités, par leurs qualités, par leurs dimensions, par leurs forces, tous attributs enfantés par le Nombre ? L’infini des Nombres est un fait prouvé pour votre Esprit, dont aucune preuve ne peut être donnée matériellement. Le Mathématicien vous dira que l’infini des Nombres existe et ne se démontre pas. Dieu, cher pasteur, est un nombre doué de mouvement, qui se sent et ne se démontre pas, vous dira le Croyant. Comme l’Unité, il commence des Nombres avec lesquels il n’a rien de commun. L’existence du Nombre dépend de l’Unité qui, sans être un Nombre, les engendre tous. Dieu, cher pasteur, est une magnifique Unité qui n’a rien de commun avec ses créations, et qui néanmoins les engendre ! Convenez donc avec moi que vous ignorez aussi bien où commence, où finit le Nombre, que vous ignorez où commence, où finit l’Éternité créée ? Pourquoi, si vous croyez au Nombre, niez-vous Dieu ? la Création n’est-elle pas placée entre l’infini des substances inorganisées et l’infini des sphères divines, comme l’Unité se trouve entre l’infini des fractions que vous nommez depuis peu les Décimales, et l’infini des Nombres que vous nommez les Entiers !
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1‘“There, between us, lies the two-edged axe with which you behead the white-haired Ancient of Days whom you enthrone on painted clouds! : ‘‘Now, give me the axe!”’ The pastor and Wilfrid looked at the girl in a sort of dismay. ‘‘Belief,’’ said Seraphita in her gentle voice—for the man had been speaking hitherto—‘‘belief is a gift! Belief is feeling. To believe in God, you must feel God. This sense is a faculty slowly acquired by the human being, as those wonderful powers are acquired which you admire in great men—in warriors, artists, men of science—those who act, those who produce, those who know. Thought, a bundle of the relations which you discern between different (6)—Vol. 25 LZ2 BALZAC’S WORKS things, is an intellectual language that may be learned, is — it not? Belief, a bundle of heavenly truths, is in the same way a language, but as far above thought as thought is above instinct. This language too can be learned.
2‘‘The believer answers in a single cry, a single sign; faith places in his hand a flaming sword which cuts and throws light on everything. The seer does not come down again from heaven; he contemplates it and is silent. There is a being who both believes and sees, who has knowledge and power, who loves, prays, and waits. That being is resigned, and aspires to the realm of light; he has neither the believer’s lofty scorn, nor the Seer’s dumbness; he both listens and replies. To him the doubt of the dark ages is not a lethal weapon, but a guiding clew; he accepts the battle in whatever guise; he can accommodate his tongue to every language; he is never wroth, he pities; he neither condemns nor kills, he redeems and comforts; he has not the harshness of an aggressor, but rather the mild fluidity of light which penetrates and warms and lights up every place. In his eyes scepticism is not impiety, is not blasphemy, is not a crime; it is a stage of transition whence a man must go forward toward the light, or back into the darkness.
3‘‘So now, dear Pastor, let us reason together. You do not believe in God. Why ?—God, as you express it, is incomprehensible and inexplicable. I grant it. I will not retort that to comprehend God altogether is to be God. I will not tell you that you deny what you think inexplicable simply to give myself a right of affirming what seems to me believable. ‘T'o you there is an evident fact dwelling within you. In you matter is conterminous with intelligence; and yet you think that human intelligence will end in darkness, in doubt, in nothingness? Even if God seems to you inSERAPHITA 128 comprehensible and inexplicable, confess at least that in all physical phenomena you recognize in Him a consistent and exquisite Craftsman. ‘“‘Then why should His logic end at man, as His most finished work? Though the question may not be convincing, it deserves some consideration at any rate. Though you deny God, to give a basis to your doubts, you happily can appreciate certain double-edged truths which demolish your arguments as effectually as your arguments demolish God.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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