Fetching
One moment.
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One moment.
1La forme générale du Stromfiord est, au premier aspect, celle d’un entonnoir ébréché par la mer. Le passage que les flots s’y étaient ouvert présente à l’œil l’image d’une lutte entre l’Océan et le granit, deux créations également puissantes : l’une par son inertie, l’autre par sa mobilité. Pour preuves, quelques écueils de formes fantastiques en défendent l’entrée aux vaisseaux. Les intrépides enfants de la Norwége peuvent, en quelques endroits, sauter d’un roc à un autre sans s’étonner d’un abîme profond de cent toises, large de six pieds. Tantôt un frêle et chancelant morceau de gneiss, jeté en travers, unit deux rochers. Tantôt les chasseurs ou les pécheurs ont lancé des sapins, en guise de pont, pour joindre les deux quais taillés à pic au fond desquels gronde incessamment la mer. Ce dangereux goulet se dirige vers la droite par un mouvement de serpent, y rencontre une montagne élevée de trois cents toises au-dessus du niveau de la mer, et dont les pieds forment un banc vertical d’une demi-lieue de longueur, où l’inflexible granit ne commence à se briser, à se crevasser, à s’onduler, qu’à deux cents pieds environ au-dessus des eaux. Entrant avec violence, la mer est donc repoussée avec une violence égale par la force d’inertie de la montagne vers les bords opposés auxquels les réactions du flot ont imprimé de douces courbures. Le Fiord est fermé dans le fond par un bloc de gneiss couronné de forêts, d’où tombe en cascades une rivière qui à la fonte des neiges devient un fleuve, forme une nappe d’une immense étendue, s’échappe avec fracas en vomissant de vieux sapins et d’antiques mélèzes, aperçus à peine dans la chute des eaux.
2Vigoureusement plongés au fond du golfe, ces arbres reparaissent bientôt à sa surface, s’y marient, et construisent des îlots qui viennent échouer sur la rive gauche, où les habitants du petit village assis au bord du Stromfiord, les retrouvent brisés, fracassés, quelquefois entiers, mais toujours nus et sans branches. La montagne qui dans le Stromfiord reçoit à ses pieds les assauts de la mer et à sa cime ceux des vents du nord, se nomme le Falberg. Sa crête, toujours enveloppée d’un manteau de neige et de glace, est la plus aiguë de la Norwége, où le voisinage du pôle produit, à une hauteur de dix-huit cents pieds, un froid égal à celui qui règne sur les montagnes les plus élevées du globe. La cime de ce rocher, droite vers la mer, s’abaisse graduellement vers l’est, et se joint aux chutes de la Sieg par des vallées disposées en gradins sur lesquels le froid ne laisse venir que des bruyères et des arbres souffrants. La partie du Fiord d’où s’échappent les eaux, sous les pieds de la forêt, s’appelle le Siegdalhen, mot qui pourrait être traduit par le versant de la Sieg, nom de la rivière. La courbure qui fait face aux tables du Falberg est la vallée de Jarvis, joli paysage dominé par des collines chargées de sapins, de mélèzes, de bouleaux, de quelques chênes et de hêtres, la plus riche, la mieux colorée de toutes les tapisseries que la nature du nord a tendues sur ses âpres rochers. L’œil pouvait facilement y saisir la ligne où les terrains réchauffés par les rayons solaires commencent à souffrir la culture et laissent apparaître les végétations de la Flore norwégienne.
3En cet endroit, le golfe est assez large pour que la mer, refoulée par le Falberg, vienne expirer en murmurant sur la dernière frange de ces collines, rive doucement bordée d’un sable fin, parsemé de mica, de paillettes, de jolis cailloux, de porphyres, de marbres aux mille nuances amenés de la Suède par les eaux de la rivière, et de débris marins, de coquillages, fleurs de la mer que poussent les tempêtes, soit du pôle, soit du midi. Au bas des montagnes de Jarvis se trouve le village composé de deux cents maisons de bois, où vit une population perdue là, comme dans une forêt ces ruches d’abeilles qui, sans augmenter ni diminuer, végètent heureuses, en butinant leur vie au sein d’une sauvage nature. L’existence anonyme de ce village s’explique facilement. Peu d’hommes avaient la hardiesse de s’aventurer dans les rescifs pour gagner les bords de la mer et s’y livrer à la pêche que font en grand les Norwégiens sur des côtes moins dangereuses. Les nombreux poissons du Fiord suffisent en partie à la nourriture de ses habitants ; les pâturages des vallées leur donnent du lait et du beurre ; puis quelques terrains excellents leur permettent de récolter du seigle, du chanvre, des légumes qu’ils savent défendre contre les rigueurs du froid et contre l’ardeur passagère, mais terrible, de leur soleil, avec l’habileté que déploie le Norwégien dans cette double lutte. Le défaut de communications, soit par terre où les chemins sont impraticables, soit par mer où de faibles barques peuvent seules parvenir à travers les défilés maritimes du Fiord, les empêche de s’enrichir en tirant parti de leurs bois.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1shelf half a league in length, where the unyielding granite does not begin to split into rifts and inequalities till at about two hundred feet above the water. Thus the sea, © rushing violently in, is no less violently driven back, by the resistant inertia of the mountain, toward the opposite shore, which the rebounding waves have worn into gentle indentations. The fiord is closed at the head by a cliff of gneiss, crowned with forest, whence a stream falls in cascades, forms a river when the snows melt, spreads into a lake of considerable extent, and escapes with a rush, carrying down old pine trees and ancient larches, hardly perceptible in the tumbling torrent. Flung by the fall to the bottom of the abyss, these trees presently come to the surface again, and combine in a tangle, forming islets which are stranded on the left bank, where the inhabitants of the little village built on the Stromfiord find them splintered, broken, sometimes entire, but always stripped of their leaves and branches.
2The mountain, which thus receives at its feet the assaults of the sea, and on its head the buffeting of the north wind, is the Falberg. Its summit, always wrapped in a mantle of ice and snow, is the highest in Norway, where the vicinity of the Pole produces, at a level of eighteen hundred feet above the sea, such cold as prevails elsewhere on the highest mountains on the globe. The crest of this cliff, perpendicular.on the side toward the sea, shelves gradually away to the east down to the falls of the Sieg, by a succession of slopes where the cold allows no vegetation but heath and much-enduring shrubs. That SERAPHITA 11 part of the fiord where the waters escape under the thick forests is called Siegdalen, or the valley of the Sieg—the name of the river.
3The bay opposite to the cliffs of the Falberg is the valley of Jarvis—a pretty spot overlooked by hills covered with fir-trees, larches, and birch, with a few oaks and beeches, the thickest and most variously colored hangings Nature ever affords to this wild northern scenery. The eye can easily distinguish the line where the ground, warmed by the sun’s rays, first admits of culture and shows the first signs of the Norwegian flora. At this part the gulf is wide enough to allow the waters flung back by the Falberg to die murmuring on the lowest ledge of the hills, where the strand is softly fringed with fine sand, mingled with mica, tiny crystals, and pretty pebbles of porphyry and many-colored marbles brought from Sweden by the river, with waifs from the sea, and shells and ocean weeds tossed up by storms from the Pole or from the South.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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