Papus

Traité élémentaire de science occulte — Papus (Gérard Encausse) (1888)

Open to allPapus (Gérard Encausse), 1865–1916162 segments · translation to come · 54 pp

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Nous n'avons pas à discuter pour l'instant qui a raison ou qui a tort, il nous suffit de constater l'existence de cette triple gradation :

1° Domaine infini des FAITS ;

2° Domaine plus restreint des LOIS ou des causes secondes ;

3° Domaine plus restreint des PRINCIPES ou des causes premières.

Résumons tout ceci dans une figure (1) :

(1) Tirée de la Mission desi Juifs, p. 32,

Cette gradation basée sur le nombre Trois joue un rôle considérable dans la science antique. C'est sur elle qu'est en grande partie fondé le domaine de l'analogie. Aussi devons-nous prêter quelque attention à ses développements.

Ces trois termes se retrouvent dans l'homme, dans le corps, la vie et la volonté.

Une partie quelconque du corps, un doigt, par exemple, peut être soustrait à l'influence de la volonté sans qu'il cesse pour cela de vivre (paralysie radiale ou cubitale) ; il peut de même être, par la "gangrène, soustrait à l'influence de la vie sans cesser de se mouvoir.

Voilà donc trois domaines distincts : le domaine du corps ; le domaine de la vie exerçant son action au moyen d'une série de conducteurs spéciaux ( le grand sympathique, les nerfs vaso-moteurs ) et localisée dans le globule sanguin ; le domaine de la volonté agissant par des conducteurs spéciaux (nerfs volontaires) et n'ayant pas d'influence sur les organes essentiels à l'entretien de la vie.

Nous pouvons, avant d'aller plus loin, voir l'utilité de la méthode analogique pour éclairer certains points obscurs et voici comment :

Si une chose quelconque est analogue à une autre, toutes les parties dont cette chose est composée sont analogues aux parties correspondantes de l'autre.

Ainsi les anciens avaient établi que l'homme était analogue à l'Univers. Ils appelaient pour cette raison l'homme microcosme (petit monde) et l'Univers macrocosme (grand monde). Il s'ensuit que, pour connaître la circulation de la vie dans l'Univers, il suffit d'étudier la circulation vitale chez l'homme, et réciproquement, pour connaître les détails de la naissance, de l'accroissement et de la mort d'un homme, il faut étudier les mêmes phénomènes dans im monde.

Tout ceci paraîtra bien mystique à quelques-uns, bien obscur. à quelques autres ; aussi je les prie de prendre patience et de se reporter au chapitre suivant où ils trouveront toutes les explications nécessaires à ce sujet.

Cependant, comme il faut prouver ce qu'on avance, surtout dans des questions comme celles-ci, écoutez deux citations intéressantes, l'une sur les trois hiérarchies ( FAITS - LOIS - PRINCIPES) désignées par les anciens sous le nom de LES TROIS MONDES ; l'autre sur le microcosme et le macrocosme : Elles sont tirées de la doctrine de Pythagore exposée par Fabre d'Olivet :

« Cette application (du nombre 12) à l'Univers n'était point une invention arbitraire de Pythagore, elle était commune aux Chaldéens, aux Egyptiens, de qui il l'avait reçue, et aux principaux peuples de la Terre : elle avait adonné lieu à l'institution du zodiaque dont la division en douze astérismes a été trouvée partout existante de temps immémorial.

« La distinction des trois mondes et leur développement en un nombre plus ou moins grand de sphères concentriques, habitées par les Intelligences d'une pureté différente, étaient également connues avant Pythagore qui ne faisait en cela que répandre la doctrine qu'il avait reçue à Tyr, à Memphis et à Babylone. Cette doctrine était celle des Indiens.

Pythagore envisageait l'homme sous trois modifications principales, comme l'Univers ; et voilà pourquoi il donnait à l'homme le nom de microcosme ou de petit monde.

Rien de plus commun chez les nations anciennes que de comparer l'Univers à un grand homme et l'homme à un petit univers.

L'Univers considéré comme un grand Tout animé, compose d'intelligence, d'âme et de corps, était appelé Pan ou Phanès. L'homme ou le microcosme était composé de même, mais d'une manière inverse, de corps, d'âme et d'intelligence ; et chacune de ces trois parties était à son tour envisagée sous trois modifications, en sorte que le ternaire, régnant dans le tout, régnait également dans la moindre de ses subdivisions, Chaque ternaire, depuis celui qui embrassait l'immensité jusqu'à celui qui constituait le plus faible individu, était, selon Pythagore, compris dans une unité absolue ou relative et formait ainsi le quaternaire ou la tétrade sacrée des pytha goriciens. Ce quaternaire était universel ou particulier.

Pythagore n était point, au reste, l'inventeur de cette doctrine : elle était répandue depuis la Chine jusqu'au fond de la Scandinavie. On la trouve élégamment exprimée dans les oracles de Zoroastre :

Le Ternaire partout brille dans l'Univers
Et la Monade est son principe (1).

■ Ainsi, selon cette doctrine, l'homme, considéré comme une Unité relative contenue dans l'Unité absolue du grand Tout, s'offrait, comme le Ternaire universel, sous les trois modifications principales de corps, d'âme et

(1) Fabre d'Olivet, Vers dorés, p. 239.

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