Papus

Traité élémentaire de science occulte — Papus (Gérard Encausse) (1888)

Open to allPapus (Gérard Encausse), 1865–1916162 segments · translation to come · 54 pp

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Les anciens ayant constaté partout l'existence de la Vie avaient aussi remarqué l'influence universelle exercée parla Volonté.

Le développement de la Volonté est donc le but que doit poursuivre tout homme se destinant à commander les forces de la Nature.

On peut donc commander ces forces, demanderezvous ?

Certainement. Mais comme ceci choque au plus haut point les idées contemporaines, je vais exposer les aperçus suivants comme de simples curiosités sans plaider ni le pour ni le contre.

Le monde sensible serait pénétré de toutes parts d'un autre monde échappant à l'action des sens et purement spirituel ; le monde visible serait doublé d'un autre monde invisible.

Ce monde invisible serait peuplé. d'êtres spirituels comprenant plusieurs classes.

Les uns, insensibles au bien comme au mal, mais pouvant devenir les instruments de l'un comme de l'autre, sont désignés sous le nom d'esprits élémentaires ou Élémentals.

Les autres, vestiges vitaùx des hommes imparfaitement développés, des volontés perverses et des suicidés, sont désignés sous le nom de larves. Ils sont dirigés par une seule chose, le désir toujours inassouvissable.

Enfin ce monde invisible serait encore peuplé de nos idées, agissant comme des êtres réels.

« Chaque pensée de t'homme passe au momént Qù elle est développée dans le monde intérieur où elle devient une entité active par son association, ce que nous pourrions appeler sa fusion, avec un ELE- MENTAL, c'est-à-dire avec une des forces semi-intelligentes des règnes de la nature. Elle survit comme une intelligence active, créature engendrée par l'esprit, pendant un temps plus ou moins long suivant l'intensité originelle de l'action cérébrale qui lui a donné naissance.

« Ainsi une bonne pensée est perpétuée comme un pouvoir activement bienveillant; une mauvaise comme un démon malfaisant. Et de la sorte, l'homme peuple continuellement son courant dans l'espace d'un monde à lui où se pressent les enfants de ses fantaisies, de ses désirs, de ses impulsions et de ses passions ; ce courant réagit en proportion de son intensité dynamique sur toute organisation sensitive ou nerveuse qui se trouve en contact avec lui. Le Bouddhiste l'appelle son SHANDRA, l'Hindou lui donne le nom de KARMA (1). L'adepte involue consciemment ces formes ; les autres hommes les laissent échapper sans en avoir conscience (2). »

L'agent au moyen duquel on agit sur ces forces intellectuelles, c'est la Volonté ! On peut voir dans le chapitre m (3) que les facultés humaines sont, par ellesmêmes, indifférentes au bien comme au mal, leur portée varie d'après l'impulsion qu'y attache la Volonté. Il en est absolument de même de ces êtres élémentaires.

(1) Voy. chap. III, le Système de Puthaaore.

(2) Kout-Houmi (Sinnet, Monde occulte, traduit par Gaboriau, p. 170).

(3) La Psychologie de Pythagore, -

Il arrive parfois que des êtres humains abandonnent complètement l'usage de leur volonté et cherchent à se mettre en rapport avec le Monde Invisible. C'est alors que les créations perverses, les Larves, trouveraient le moyen d'augmenter leur faible vie en accaparant celle de ces hommes qui, anciennement, constituaient les Sorciers et actuellement constitueraient les Médiums parmi les Sph'ites.

La différence d'un mage à un sorcier, c'est que le premier sait ce qu'il fait et ce qui en résultera, tan dis que le second l'ignore absolument.

L'important c'est donc la Volonté, et toutes les traditions sont unanimes à ce sujet, comme le dit Fabre d'Olivet : « Hiéroclès, après avoir exposé cette première manière d'expliquer les vers dont il s'agit, touche légèrement la seconde en disant que la Volonté de l'homme peut influer sur la Providence, lorsque, agissant dans une âme forte, elle est assistée du secours du cie,l et opère avec lui.

« Ceci était une partie de la doctrine enseignée dans les mystères et dont on défendait la divulgation aux profanes. Selon cette doctrine, dont on peut reconnaître d'assez fortes traces dans Platon, la Volonté, évertuée par la foi, pouvait subjuguer la Nécessité elle-même, commander à la Nature, et opérer des miracles. Elle était le principe sur lequel reposait la magie des disciples de Zoroastre. Jésus en disant paraboliquement, qu'au moyen de la foi on pouvait ébranler les montagnes , ne faisait que suivre la tradition théosophique, connue de tous les sages. « La droiture du cœur et la foi triomphent de tous les obstacles, disait Kong-Tzée ; tout homme peut se rendre égal aux sages et aux héros dont les nations révèrent la mémoire, disait Meng-Tzoe; ce n'est jamais le pouvoir qui manque, c'est la volonté ; pourvu qu'on veuille, on réussit. »

Ces idées des théosophes chinois se retrouvent dans les -écrits des Indiens, et même dans ceux de quelques Européens, qui, comme je l'ai déjà fait observer, n'avaient point assez d'érudition pour être imitateurs.

« Plus la volonté est grande, dit Bœhme, plus l'être est grand, plus il est puissamment inspiré. » La volonté et la liberté sont une même chose (1).

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