Papus

Traité élémentaire de science occulte — Papus (Gérard Encausse) (1888)

Open to allPapus (Gérard Encausse), 1865–1916162 segments · translation to come · 54 pp

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« Les plantes aussi ont, à un degré étonnant, des propriétés mystiques et les secrets des herbes de songe et d'enchantement ne sont perdus que pour la science européenne et lui sont inconnus, sauf dans quelques cas bien marqués comme l'opium et le haschich. Et encore effets psychiques même de ces quelques plantes sur organisme humain sont regardés comme des cas évidents de désordre mental temporaire. Les femmes de essalie et d'Epire, les femmes hiérophantes des rites de Sabasius n'ont pas emporté leurs secrets lors de la chute de leur sanctuaire. Ils sont toujours conservés et ceux qui connaissent la nature du Soma savent aussi bien les propriétés des autres plantes.

« Pour résumer f en peu de mots, la MAGIE est la SAGESSE SPIRITUELLE, la Nature est l'alliée matérielle, la pupille et le serviteur du' Magicien. Un principe vital commun remplit toutes choses et ce principe subit la domination de la volonté humaine poussée a perfection. L'adepte peut stimuler les mouvements des forces naturelles dans .les plantes et les animaux a un ' degré supra-naturel. Ces actions, loin d'obstruer le cours de la Nature, agissent au contraire comme des adjuvants en fournissant les conditions d'une action vitale plus intense. ,

L'adepte peut dominer les sensations et altérer les conditions des corps physiques et astraux des autres personnes non adeptes. Il peut aussi gouverner et employer comme il lui plaît les esprits des éléments (1), mais il ne peut exercer son action sur l'Esprit immortel d'aucun être humain vivant ou mort, car ces esprits sont à titre égal des étincelles de l essence divine et ne sont sujets à aucune domination étrangère. » (H. P. Blavatsky.) #

Ce passage remarquable jette un grand jour sur le secret des pratiques de la magie ainsi que sur les phénomènes obtenus de nos jours par les spin tes. toutefois curieux de rechercher l'origine de ces théories concernant les intermédiaires entre l homme « siblc; aussi vais-ie encore avoir recours a Fabrc d 'Olivet?

(1) Éléraentais.

« Comme Pythagore désignait Dieu par 1, et la matière par 2, il exprimait l'Univers par le nombre 12 qui résulte de la réunion des deux autres. Ce nombre se formait par la multiplication de 3 par 4, c'est-à-dire que ce philosophe concevait le Monde universel comme composé de trois mondes particuliers, qui, s'enchaînant l'un à l'autre au moyen de quatre modifications élémentaires, se développaient en douze sphères concentriques.

« L'Être ineffable qui remplissait ces douze sphères, sans être saisi par aucune, était DIEU. Pythagore lui donnait pour âme la vérité et pour corps la lumière. Les Intelligences qui peuplaient les trois mondes étaient premièrement les Dieux immortels proprement dits, secondement les héros glorifiés, troisièmement les Démons terrestres.

« Les Dieux immortels, émanations directes de l'Être incréé et manifestations de ses facultés infinies, étaient ainsi nommés parce qu'ils ne pouvaient jamais tomber dans l'oubli de leur Père, prrer dans les ténèbres de l'ignorance et de l'impiété ; au lieu que les âmes des hommes qui produisaient, selon leur degré de pureté, les héros glorifiés et les démons terrestres, pouvaient mourir quelquefois à la vie divine par leur éloignement volontaire de Dieu ; car la mort de l'essence intellectuelle n'était, selon Pythagore, imité en cela par Platon, que l'ignorance et l'impiété.

« D'après le système des émanations on concevait l'unité absolue en Dieu comme l'âme spirituelle de l'Univers, le principe de l'existence, la lumière des lumières ; on croyait que cette Unité. créatrice, inaccessible à l'entendement même, produisait par émanation une diffusion de lumière qui, procédant du centre à la.circonférence, allait en perdant insensiblement de son éclat et de sa pureté, à mesure qu'elle s'éloignait de sa source jusqu'aux confins des ténèbres dans lesquelles elle finissait par se confondre ; en sorte que ses rayons divergents, devenant de moins en moins spirituels, et d'ailleurs repoussés par les ténèbres, se condensaient en se mêlant avec elles et, prenant une forme matérielle, formaient toutes les espèces d'êtres que le Monde renferme.

« Ainsi l'on admettait entre l'Être suprême et l'homme une chaîne incalculable d'êtres intermédiaires dont les perfections décroissaient en proportion de leur éloignement du Principe créateur.

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