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« Dès que vous avez un fait, un seul fait, appliquez-y tout ce que vous possédez d'intelligence, cherchez-y les côtés saillants, voyez ce qui est en lumière, laissez-vous aller aux hypothèses, courez au-devant s'il le faut (1). »
Le professeur Trousseau avait bien compris l'inutilité des études médicales pour la plupart de ceux qui s'y livrent avec les méthodes contemporaines et ce sont des pages entières qu'il me faudrait citer, si je voulais montrer à quel point il s'en irrite :
(1) Introduction à la Clinique de l'Hôtel-Dieu, - p. -33.
« Comment se fait-il donc que l'intelligence devienne plus paresseuse à mesure que les notions scientifiques se multiplient^ contente de recevoir et de jouir, peu soucieuse d'élaborer et d'enfanter (1) ? »
« Vous, autour de qui les moyens abondent, gâtés, énervés, rassasiés par ce qui vous est si abondamment offert, vous ne savez que recevoir et qu'engloutir et votre intelligence paresseuse étouffe d'obésité et meurt impro- . ductive. 1 « De grâce, un peu moins de science et un peu plus d'art, messieurs (2). »
Yoilà comment ce grand maître avait senti ces deux domainesdontje parlais tout à l'heure et il les avait désignés sous les noms d'Art de la Médecine, correspondant à l'Idéalisme,et de Science de la Médecine, correspondant au Réalisme..
Tous les penseurs, je le répète, ont compris cette distinction et la physiologie proclame encore l'unité de l'imagination et de la Science par la bouche de Claude Bernard quand il dit :
« La Science ne contredit pas les observations et les données de l'Art et je ne saurais admettre l'opinion de ceux qui prétendent que le positivisme scientifique doit tuer l'inspiration. Suivant moi, c'est le contraire qui arrivera nécessairement.
« J'ai la conviction que, quand la physiologie sera assez avancée, le poète, le philosophe et le physiologiste s'entendront tous (3). s
(1) Loc. cit., p. 38.
(2) Loc. cit., p. 39.
(3) Claude Bernard (Science Expérimentale, p. 366). 11
De quelque manière qu'on juge Claude Bernard, il est impossible de ne pas lui reconnaître une merveilleuse sagacité dans la manière de conduire ses recherches. Il sentait admirablement la Vérité et il est curieux de constater la justesse avec laquelle il a vu l'inutilité du matérialisme expérimentalement parlant :
« Si ce n'était m'écarter du but de ces recherches, je pourrais montrer facilement qu'en physiologie, le matérialisme ne conduit à rien et n'explique rien (1). »
« Les propriétés matérielles des tissus constituent les moyens nécessaires à l'expression des phénomènes vitaux ; mais, nulle part, ces propriétés ne peuvent nous donner la raison première de l'arrangement fonctionnel des appareils. La fibre du muscle ne nous explique, par la propriété qu'elle possède de se raccourcir, que le phénomène de la contraction musculaire ; mais cette propriété de la contractilité, qui est toujours ' la même, ne nous apprend pas pourquoi il existe des appareils moteurs différents, construits les uns pour produire la voix,les autres pour effectuer la respiration, etc.; et, dès lors, ne trouverait-on pas absurde de dire que les fibres musculaires de la langue et celles du larynx ont la propriété de parler ou de chanter, et celles du diaphragme la propriété de respirer. Il en est de même pour les fibres et cellules cérébrales ; elles ont des propriétés générales d'innervation et.de conductibilité, mais on ne saurait leur attribuer pour cela la propriété de sentir, de penser, ou de vouloir.
(1) Science Expérimentale, p. 361 (Physiologie du Cœur).
« Il faut donc bien se garder de confondre les propriétés de la matière avec les fonctions qu'elles accomplissent. » (Claude Bernard, la Science expérimentale, -p. 429. Discours de réception à l'Ac. française.)
J'ai voulu faire ces quelques citations pour montrer qu'on peut allier, sans être un halluciné, la matière a l'idée et la Science à l'Art ; bien plus, que les Sciences générales qui sont du domaine de l'Occultisme doivent entrer pour beaucoup dans l'étude des Sciences spéciales dépendant du monde sensible.
La Science occulte a donc de ce fait une utilité pratique. Au reste, les applications qu'en a faites -Louis Lucas suffiront, je pense, pour convaincre les plus incrédules.
Ce point admis, il nous reste à savoir quelles sont les difficultés que présente l'étude de la Science occulte et comment on peut parvenir a sa connaissance.
On remarquera que, dans les applications pratiques de la Science occulte, je n'ai parlé ni des pouvoirs extraordinaires qu'on pouvait acquérir par son usage, ni de la fabrication de l'or par la pierre philosophale, et cela parce que je ne considère actuellement l'Occultisme que comme une de nos sciences contemporaines et que je tiens à me baser sur des données sinon admises, du moins très admissibles par la majorité des contemporains. C'est pour cette raison que je ne veux parler des difficultés de l'étude de cette Science que dans l'acquisition de la Théorie.
Voyez les barrières qui se dressent à l'entrée de toutes nos modernes sciences, essayez d'apprendre la. physique