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« Une corde de musique, dit Pythagore, donne les mêmes sons qu'une autre corde dont la longueur est double, lorsque la tension ou la force avec laquelle la dernière est tendue est quadruple ; et la gravité d'une planète est quadruple de la gravité d'une autre qui est à une distance double. En général, pour qu'une corde de musique puisse devenir à l'unisson d'une corde plus courte de même espèce, sa tension doit être augmentée dans la même proportion que le carré de sa longueur est plus grand et, afin que la gravité d'une planète devienne égale à celle d'une autre planète plus proche du soleil, elle doit être augmentée à proportion que le carré de sa distance au soleil est plus grand. Si donc nous supposons des cordes de musique tendues du soleil à chaque planète, pour que ces cordes devinssent à l'unisson, il faudrait augmenter ou diminuer leur tension dans les mêmes proportions qui seraient nécessaires pour rendre les gravités des planètes égales. » C'est de la similitude de ces rapports que Pythagore a tiré sa doctrine de l'harmonie des sphères (2). »
Ce sont là des. découvertes générales que la force de l'esprit pouvait suffire à faire atteindre ; mais peut-on montrer chez les anciens les découvertes expérimentales, les gloires du xixe siècle et les preuves du Progrès qui nous entraîne?
(1) Dutens, I, p. 160, De facie in orbe lunœ (Plutarque).
(2) Dutens, pp. 1Q7-168, Lai dlf Carré qes distances (Pythagore),
Puisque nous sommes dans l'Astronomie, consultez ' Aristote, Archimède, Ovide et surtout Strabon cité par Dutens (1) et vous allez voir apparaître le Télescope, les Miroirs concaves (2), les verres grossissants servant de Microscopes (3) ,Ia réfraction de la lumière, la découverte de l'Isochronisme des vibrations du Pendule (4), etc.
Vous serez sans doute étonné de voir ces instruments, qu'on croit vulgairement si modernes, connus des anciens ; mais vous m'accorderez encore cela.
Je n'ai pas encore parlé des questions les plus importantes :
La Vapeur, l'Electricité, la Photographie et toute notre Chimie où sont-elles dans la science antique ?
Agathias vivait au vie siècle de notre ère. Il a écrit à cette époque un livre qui fut réimprimé en 1660 (5). Vous trouverez aux pages 150 et 151 de son livre la description complète de la façon dont Anthème de Tralle se servit de la vapeur comme force motrice pour déplacer un toit tout entier. Tout y est : la manière de placer l'eau, de boucher les issues pour produire la vapeur à haute pression, de gouverner le feu, etc., etc.
Saint-Yves d'Alveydre cite aussi le fait dans son ouvrage (6) où. il nous montre que la science était connue depuis bien longtemps à cette époque.
(1) Chap. x.
(2) Chap. vin, t. II.
(3) Chap. ix, t. Il.
(4) Chap. VI, t. Il.
(5) Agathias, De rébus justinis, Paris, 1660, in-fol.
(6) Chap. IV.
Nos électriciens feraient bien triste mine devant ces prêtres égyptiens et leurs initiés (grecs et romains) qui maniaient la foudre comme nous employons la chaleur et la faisaient descendre et tomber à leur gré. C'est Saint-Yves qui va nous montrer la mise en œuvre de ce secret qui constituait une des pratiques les plus occultes du sanctuaire.
« Dans l9 Histoire ecclésiastique de Sozomène (liv. IX, ch. vi) on peut voir la corporation sacerdotale des Etrusques défendant à coups de tonnerre, contre Alaric, la ville de Narnia qui ne fut pas prise (1). »
Tite-Live (liv. 1, chap. xxxi) et Pline (Rist. nat., liv. II, chap. LIII, et liv. XXVIII, chap. iv), nous décrivent la mort de Tullus Hostilius voulant évoquer la force électrique d'après les rites d'un manuscrit de Numa et mourant foudroyé pour n'avoir pas su prévoir le choc en retour.
On sait que la plupart des mystères parmi les prêtres égyptiens n'étaient que le voile dont ils couvraient les sciences et qu'être initié dans leurs mystères était être instruit dans ces sciences qu'ils cultivaient. De là on donnait à Jupiter le nom d'Elicius ou Jupiter électrique, le considérant comme la foudre personnifiée, et qui se laissait attirer sur la terre par la vertu de certaines formules et pratiques mystérieuses ; car Jupiter Elicius ne signifie autre chose que Jupiter susceptible d'attraction, Elicius venant d'elicere, suivant Ovide et Varron (2).
(1) Miss. des Juifs, chap. iv.
(2) Dutens, t. I, p. 275.
Eliciunt coclo tc, Jupiter; unde minores
Nunc quoque tc celebrant, Eliciumque vocant.
(Ovid., Fast., liv. III, v. 327 et 328).
Est-ce assez clair ?
Le chapitre iv de la Mission des Juifs nous apprend encore que :
« Le manuscrit d'un moine de l'Athos, Panselenus, révèle, d'après d'anciens auteurs ioniens, l'application de la chimie à la photographie. Ce fait a été mis en lumière à propos du procès de Niepce et de Daguerre. La chambre noire, les appareils d'optique, la sensibilisation des plaques métalliques y sont décrits tout au long. »
Quant à la Chimie des anciens, j'ai de fortes raisons de croire, d'après mes quelques connaissances alchimiques, qu'elle était de beaucoup supérieure théoriquement et pratiquement à notre Chimie moderne. Mais comme il faut citer des faits et non des opinions,, écoutez encore Dutens (chap. m du tome II).