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« Ce n'est pas, sans doute, que ces masses ne pussent avoir un chef qui en dirigeait les mouvements. Mais ce chef, regardé comme l'instrument d'un esprit quelconque, était négligé par l'histoire qui ne s'attachait jamais qu'à l'esprit. Un chef succédait à un autre chef,. sans que l'histoire allégorique en fit la moindre mention. Les aventures de tous étaient accumulées sur la tête d'un seul. C'était la chose morale dont on examinait la marche, dont on décrivait la naissance, les progrès ou la chute. La succession des choses remplaçait celle des individus. L'histoire positive, qui est devenue la nôtre, suit une méthode entièrement différente, les individus sont tout pour elle : elle note avec une exactitude scrupuleuse les dates, les faits que l'autre dédaignait. Les modernes se moqueraient de cette manière allégorique des anciens, s'ils la croyaient possible, comme je suis persuadé que les anciens se seraient moqués de la méthode des modernes, s'ils avaient pu en entrevoir la possibilité dans l'avenir. Comment approuverait-on ce qu'on ne connaît pas ? On n 'approuve que 6e qu'on aime ; on croit toujours connaître tout ce (JU'dii doit aimer (1).
(1) Fabre d'Olivét, Vers dorés de Pythagore, pp. 26 et 27.
Reprenons maintenant ce livre imprimé qui nous a servi à établir notre première comparaison en notant bien qu'il y a deux façons de le considérer :
Par ce que nous voyons, les caractères, le papier, l'encre, c'est-à-dire par les signes matériels qui ne sont que la représentation de quelque chose de plus élevé, et par ce quelque chose que nous ne pouvons pas voir physiquement : les idées de l'auteur.
Ce que nous voyons manifeste ce que nous ne voyons pas.
Le visible est la manifestation de l'Invisible. Ce principe, vrai pour ce phénomène particulier, l'est aussi pour tous les autres de la nature, comme nous le verrons par la suite.
Nous voyons encore plus clairement la différence fondamentale entre la science des anciens et la science des modernes.
La première s'occupe du visible uniquement pour découvrir l'invisible qu'il représente.
La seconde s'occupe du phénomène pour lui-même sans s'inquiéter de ses rapports métaphysiques.
La science des anciens, c'est la science du caché, de l'ésotérique.
La science des modernes, c'est la science du visible, de l'exotérique.
Rapprochons de ces données l'obscurité voulue dont les anciens ont couvert leurs symboles scientifiques et nous pourrons établir une définition acceptable de la science de l'antiquité qui est :
La science cachée — Scientia occulta.
La science du caché — Scientia occultati.
La science qui cache ce qu'elle a découvert — Scientia occultans.
Telle est la triple définition de la :
SCIENCE OCCULTE.
Chapitre 2.
VftUITABU: l.ABOR ATOIRK 1) l N AH;i)H))SH;
(l>'APItÈS KUMUTll)
CHAPITRE Il
LA MÉTHODE DANS LA SCIENCE ANTIQUE. — L'ANALOGIE. — LES TROIS
MONDES. — LE TERNAIRE. — LES OPÉRATIONS THÉOSOPIIIQUES.
— LES LOIS CYCLIQUES.
Après avoir déterminé l'existence dans l'antiquité d'une science réelle, son mode de transmission, les sujets généraux sur lesquels elle portait de préférence son étude, essayons de pousser notre analyse plus avant en déterminant les méthodes employées dans la science antique que nous avons vue être la Science occulte (Scientia occulta).
Le but poursuivi était, comme nous le savons, la détermination de l'invisible par le visible, du noumène par le phénomène, de l'idée par la forme.
La première question qu'il nous faut résoudre, c'est de savoir si ce rapport de l'invisible au visible existe vraiment et si cette idée n'est pas l'expression d'un pur mysticisme.
Je crois avoir assez fait sentir par l'exemple du livre, énoncé précédemment, ce qu'était une étude du visible, du phénomène, comparée à une étude de l'invisible, du noumène.
Comment pouvons-nous savoir ce que l'auteur a voulu dire en voyant les signes dont il s'est servi pour exprimer ses idées ?
Parce que nous savons qu'il existe un rapport. constant entre le signe et l'idée qu'il représente, c'est-à-dire entre le visible et l'invisible.
De même que nous pouvons, en voyant le signe, déduire sur-le-champ l'idée, de même nous pouvons en. voyant le visible en déduire immédiatement l'invisible. Mais pour-découvrir l'idée cachée dans le caractère d'imprimerie, il nous a fallu apprendre àlire, c'est-à-dire employer une méthode spéciale. Pour découvrir l'invisible, l'occulte d'un phénomène, il faut apprendre aussi à lire par une méthode spéciale.
La méthode principale de la Science occulte c'est l'Analogie. Par l'analogie on détermine les rapports qui existent entre les phénomènes.
Etant donné l'étude de l'homme, trois méthodes principales peuvent conduire au but :
On pourra étudier l'homme dans ses organes, dans leurs fonctions : c'est l'étude du visible, l'étude par induction.
On pourra étudier l'homme dans sa vie, dans son intelligence, dans ce qu'on appelle son âme: c'est l'étude de l'invisible, l'étude par déduction.
On pourra enfin, réunissant ces deux méthodes, considérer le rapport qui existe entre les organes et la fonction, ou entre deux fonctions, ou entre deux organes: c'est l'étude par analogie.