The original is shown on its own: no English is held for this issue yet.
Dire que la Science a existé dans l'antiquité, c'est passer auprès de la plupart des esprits sérieux pour un sophiste ou un naïf, et cependant je vais tâcher de prouver ma paradoxale prétention et je prie mes contradicteurs de me prêter encore quelque attention.
Tout d'abord, me demandera-t-on, où pouvons-nous trouver quelque trace de cette prétendue science antique? Quelles connaissances embrassait-elle? Quelles découvertes pratiques a-t-elle produites? Comment apprenait-on cette fameuse synthèse dont vous parlez ?
Tout bien considéré, ce ne sont pas les matériaux qui nous font défaut pour reconstituer cette antique science. Les débris de vieux monuments, les symboles, les hiéroglyphes, les rites des initiations diverses, les manuscrits se pressent en foule pour aider nos recherches.
Mais les uns sont indéchiffrables sans une clef qu'on se soucie fort peu de posséder, l'antiquité des autres (rites et manuscrits) est loin d'être admise par les savants contemporains qui les font remonter tout au plus à l'Ecole d'Alexandrie.
Il nous faut donc chercher des bases plus solides et nous allons les trouver dans les œuvres des écrivains antérieurs de beaucoup à l'Ecole d'Alexandrie, Pythagore, Platon, Aristote, Pline, Tite-Live, etc., etc. Cette fois il n'y aura plus à chicaner sur l'antiquité des textes.
Ce n'était certes pas une chose facile que de rechercher cette science antique pièce à pièce dans les auteurs anciens, et nous devons toute notre reconnaissance à ceux qui ont entrepris et mené à bonne fin cette œuvre colossale.
Parmi les plus estimables il faut citer Dutens (1),
Fabre d'Olivet (2), Saint-Yves d'Alveydre (3).
Ouvrons le livre de Dutens et nous allon s voir les effets produits par la science antique ; lisons Fabre d'Olivet et Saint-Yves d'Alveydre et nous allons pénétrer dans les temples d'où rayonne une civilisation dont les productions étonneraient les prétendus civilisés modernes.
Je ne puis dans ce chapitre que résumer ces auteurs et c'est eux qu'il faudra consulter pour vérifier les affirmations que je vais produire et dont ils fournissent les preuves nécèssaires.
, En Astronomie les anciens connaissaient la marche de la Terre autour du Soleil (4), la théorie de la pluralité
(1) Dutens, Origine des Découvertes attrib. aux Modernes, 1825,
2 vol. in-8.
(2) Fabre d'Olivet, Vers Dorés de Pythagore. Histoire philosophique de l'humanité.
(3) Saint-Yves d'Alveydre, Mission des Juifs, ch. iv.
(4) Dutens, chap. ix.
des mondes (1), de l'attraction universelle (2), des marées produites par l'attraction lunaire (3), de la constitution de la voie lactée et surtout la loi redécouverte par Newton. A ce propos, je ne puis résister au plaisir de citer deux passages très significatifs tirés de Dutens. L'un, sur l'attraction universelle ; est de Plutarque, l'autre sur la loi des carrés, est de Pythagore :
« Plutarque, qui a connu presque toutes les vérités brillantes de l'astronomie, a aussi entrevu la force réciproque qui fait graviter les planètes les unes sur les autres, « et, après avoir entrepris d'expliquer la raison de la tendance des corps terrestres vers la terre, il en cherche l'origine dans une attraction réciproque entre tous les corps qui est cause que la terre fait graviter vers elle les corps terrestres, de même que le soleil et la lune font graviter vers leurs corps toutes les parties qui leur appartiennent et, par une force attractive, les retiennent dans leur sphère particulière. » Il applique ensuite ces phénomènes particuliers à d'autres plus généraux et, de ce qui arrive sur notre globe, il déduit, en posant le même principe, tout ce qui doit arriver dans les corps célestes respectivement à chacun en particulier, et les considère ensuite dans le rapport qu'ils doivent avoir, suivant ce principe, les uns relativement aux autres.
« Il parle encore dans un autre endroit de cette force
Cl) Dutens. ch. vit.
(2) Id., ch. vi.
(3) Id., ch. xv:
inhérente dans les corps, c'est-à-dire dans la terre et dans les autres planètes pour attirer sur elles tous les corps qui leur sont subordonnés (1). »