Fetching
One moment.
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One moment.
1Jamais antiquaire n’a manié ses palimpsestes avec plus de respect que je n’en eus à étudier, à reconstruire ces monuments mutilés d’une souffrance et d’une joie si sacrées pour ceux qui ont connu la même souffrance et la même joie. I. « Mademoiselle, quand vous aurez lu cette lettre, si toutefois vous la lisez, ma vie sera entre vos mains, car je vous aime ; et, pour moi, espérer d’être aimé, c’est la vie. Je ne sais si d’autres n’ont point, en vous parlant d’eux, abusé déjà des mots que j’emploie ici pour vous peindre l’état de mon âme ; croyez cependant à la vérité de mes expressions, elles sont faibles mais sincères. Peut-être est-ce mal d’avouer ainsi son amour ? Oui, la voix de mon cœur me conseillait d’attendre en silence que ma passion vous eût touchée, afin de la dévorer, si ses muets témoignages vous déplaisaient ; ou pour l’exprimer plus chastement encore que par des paroles, si je trouvais grâce à vos yeux. Mais après avoir longtemps écouté les délicatesses desquelles s’effraie un jeune cœur, j’ai obéi, en vous écrivant, à l’instinct qui arrache des cris inutiles aux mourants. J’ai eu besoin de tout mon courage pour imposer silence à la fierté du malheur et pour franchir les barrières que les préjugés mettent entre vous et moi. J’ai dû comprimer bien des pensées pour vous aimer malgré votre fortune ! Pour vous écrire, ne fallait-il pas affronter ce mépris que les femmes réservent souvent à des amours dont l’aveu ne s’accepte que comme une flatterie de plus. Aussi faut-il s’élancer de toutes ses forces vers le bonheur, être attiré vers la vie de l’amour comme l’est une plante vers la lumière, avoir été bien malheureux pour vaincre les tortures, les angoisses de ces délibérations secrètes où la raison nous démontre de mille manières la stérilité des vœux cachés au fond du cœur, et où cependant l’espérance nous fait tout braver.
2J’étais si heureux de vous admirer en silence, j’étais si complétement abîmé dans la contemplation de votre belle âme, qu’en vous voyant je n’imaginais presque rien au delà. Non, je n’aurais pas encore osé vous parler, si je n’avais entendu annoncer votre départ. À quel supplice un seul mot m’a livré ! Enfin mon chagrin m’a fait apprécier l’étendue de mon attachement pour vous, il est sans bornes. Mademoiselle, vous ne connaîtrez jamais, du moins je désire que jamais vous n’éprouviez la douleur causée par la crainte de perdre le seul bonheur qui soit éclos pour nous sur cette terre, le seul qui nous ait jeté quelque lueur dans l’obscurité de la misère. Hier, j’ai senti que ma vie n’était plus en moi, mais en vous. Il n’est plus pour moi qu’une femme dans le monde, comme il n’est plus qu’une seule pensée dans mon âme. Je n’ose vous dire à quelle alternative me réduit l’amour que j’ai pour vous. Ne voulant vous devoir qu’à vous-même, je dois éviter de me présenter accompagné de tous les prestiges du malheur : ne sont-ils pas plus actifs que ceux de la fortune sur de nobles âmes ? Je vous tairai donc bien des choses. Oui, j’ai une idée trop belle de l’amour pour le corrompre par des pensées étrangères à sa nature. Si mon âme est digne de la vôtre, si ma vie est pure, votre cœur en aura quelque généreux pressentiment, et vous me comprendrez ! Il est dans la destinée de l’homme de s’offrir à celle qui le fait croire au bonheur ; mais votre droit est de refuser le sentiment le plus vrai, s’il ne s’accorde pas avec les voix confuses de votre cœur : je le sais.
3Si le sort que vous me ferez doit être contraire à mes espérances, mademoiselle, j’invoque les délicatesses de votre âme vierge, aussi bien que l’ingénieuse pitié de la femme. Ah ! je vous en supplie à genoux, brûlez ma lettre, oubliez tout. Ne plaisantez pas d’un sentiment respectueux et trop profondément empreint dans l’âme pour pouvoir s’en effacer. Brisez mon cœur, mais ne le déchirez pas ! Que l’expression de mon premier amour, d’un amour jeune et pur, n’ait retenti que dans un cœur jeune et pur ! qu’il y meure comme une prière va se perdre dans le sein de Dieu ! Je vous dois de la reconnaissance : j’ai passé des heures délicieuses occupé à vous voir en m’abandonnant aux rêveries les plus douces de ma vie ; ne couronnez donc pas cette longue et passagère félicité par quelque moquerie de jeune fille. Contentez-vous de ne pas me répondre. Je saurai bien interpréter votre silence, et vous ne me verrez plus. Si je dois être condamné à toujours comprendre le bonheur et à le perdre toujours ; si je suis, comme l’ange exilé, conservant le sentiment des délices célestes, mais sans cesse attaché dans un monde de douleur ; eh ! bien, je garderai le secret de mon amour, comme celui de mes misères. Et, adieu ! Oui, je vous confie à Dieu, que j’implorerai pour vous, à qui je demanderai de vous faire une belle vie ; car, fussé-je chassé de votre cœur, où je suis entré furtivement à votre insu, je ne vous quitterai jamais. Autrement, quelle valeur auraient les paroles saintes de cette lettre, ma première et ma dernière prière peut-être ?
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1When Louis returned to Blois, his uncle was eager to procure him some amusement; but the poor priest was regarded as a perfect leper in that godly-minded town. No one would have anything to say to a revolutionary who had taken the oaths. His society, therefore, consisted of a few individuals of what were then called liberal or patriotic, or 270° BALZAO’S WORKS constitutional opinions, on whom he would call for a rubber of whist or of boston.
2At the first house where he was introduced by his uncle, Louis met a young lady, whose circumstances obliged her to remain in this circle, so contemned by those of the fashionable world, though her fortune was such as to make it probable that she might by and by marry into the highest aristocracy of the province. Mademoiselle Pauline de Villenoix was sole heiress to the wealth amassed by her grandfather, a Jew named Salomon, who, contrary to the customs of his nation, had, in his old age, married a Christian and a Catholic. He had an only son, who was brought up in his mother’s faith. At his father’s death young Salomon purchased what was known at that time as a savonnette @ vilain (literally a cake of soap for a serf), a small estate called Villenoix, which he contrived to get registered with a baronial title, and took its name. He died unmarried, but he left a natural daughter, to whom he bequeathed the . greater part of his fortune, including the lands of Vilienoix. He appointed one of his uncles, Monsieur Joseph Salomon, to be the girl’s guardian. The old Jew was so devoted to his ward that he seemed willing to make great sacrifices for the sake of marrying her well. But Mademoiselle de Villenoix’s birth, and the cherished prejudice against Jews that prevails in the provinces, would not allow of her being received in the very exclusive circle which, rightly or wrongly, considers itself noble, notwithstanding her own large fortune and her guardian's. |
3Monsieur Joseph Salomon was resolved thet if she could not secure a country squire, his niece should go to Paris and make choice of a husband among the peers of France, liberal or monarchical; as to happiness, that Thais f> ... LOUIS LAMBERT 271 he believed he could secure her by the terms of the marriage contract.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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