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One moment.
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1Mais, le dernier de tous, Swedenborg sera peut-être le Bouddha du Nord. Quelque obscurs et diffus que soient ses livres, il s’y trouve les éléments d’une conception sociale grandiose. Sa théocratie est sublime, et sa religion est la seule que puisse admettre un esprit supérieur. Lui seul fait toucher à Dieu, il en donne soif, il a dégagé la majesté de Dieu des langes dans lesquels l’ont entortillée les autres cultes humains ; il l’a laissé où il est, en faisant graviter autour de lui ses créations innombrables et ses créatures par des transformations successives qui sont un avenir plus immédiat, plus naturel que ne l’est l’éternité catholique. Il a lavé Dieu du reproche que lui font les âmes tendres sur la pérennité des vengeances par lesquelles il punit les fautes d’un instant, système sans justice ni bonté. Chaque homme peut savoir s’il lui est réservé d’entrer dans une autre vie, et si ce monde a un sens. Cette expérience, je vais la tenter. Cette tentative peut sauver le monde, aussi bien que la croix de Jérusalem et le sabre de la Mecque. L’une et l’autre sont fils du désert. Des trente-trois années de Jésus, il n’en est que neuf de connues ; sa vie silencieuse a préparé sa vie glorieuse. À moi aussi, il me faut le désert ! »
2Malgré les difficultés de l’entreprise, j’ai cru devoir essayer de peindre la jeunesse de Lambert, cette vie cachée à laquelle je suis redevable des seules bonnes heures et des seuls souvenirs agréables de mon enfance. Hormis ces deux années, je n’ai eu que troubles et ennuis. Si plus tard le bonheur est venu, mon bonheur fut toujours incomplet. J’ai été très-diffus, sans doute ; mais faute de pénétrer dans l’étendue du cœur et du cerveau de Lambert, deux mots qui représentent imparfaitement les modes infinis de sa vie intérieure , il serait presque impossible de comprendre la seconde partie de son histoire intellectuelle, également inconnue et au monde et à moi, mais dont l’occulte dénoûment s’est développé devant moi pendant quelques heures. Ceux auxquels ce livre ne sera pas encore tombé des mains comprendront, je l’espère, les événements qui me restent à raconter, et qui forment en quelque sorte une seconde existence à cette créature ; pourquoi ne dirais-je pas à cette création en qui tout devait être extraordinaire, même sa fin ?
3Quand Louis fut de retour à Blois, son oncle s’empressa de lui procurer des distractions. Mais ce pauvre prêtre se trouvait dans cette ville dévote comme un véritable lépreux. Personne ne se souciait de recevoir un révolutionnaire, un assermenté. Sa société consistait donc en quelques personnes de l’opinion dite alors libérale, patriote ou constitutionnelle, chez lesquelles il se rendait pour faire sa partie de wisth ou de boston. Dans la première maison où le présenta son oncle, Louis vit une jeune personne que sa position forçait à rester dans cette société réprouvée par les gens du grand monde, quoique sa fortune fût assez considérable pour faire supposer que plus tard elle pourrait contracter une alliance dans la haute aristocratie du pays. Mademoiselle Pauline de Villenoix se trouvait seule héritière des richesses amassées par son grand-père, un juif nommé Salomon, qui, contrairement aux usages de sa nation, avait épousé dans sa vieillesse une femme de la religion catholique. Il eut un fils élevé dans la communion de sa mère. À la mort de son père, le jeune Salomon acheta, suivant l’expression du temps, une savonnette à vilain, et fit ériger en baronnie la terre de Villenoix, dont le nom devint le sien. Il était mort sans avoir été marié, mais en laissant une fille naturelle à laquelle il avait légué la plus grande partie de sa fortune, et notamment sa terre de Villenoix. Un de ses oncles, monsieur Joseph Salomon, fut nommé par monsieur de Villenoix tuteur de l’orpheline. Ce vieux juif avait pris une telle affection pour sa pupille, qu’il paraissait vouloir faire de grands sacrifices afin de la marier honorablement.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1“Listen to me, uncle; until some splendid genius shall have taken account of the obvious inequality of intellects and the general sense of humanity, the word God will be constantly arraigned, and Society will rest on shifting sands. The secret of the various moral zones through which man passes will be discovered by the analysis of the animal type as a whole. That animal type has hitherto been studied with reference orly to its differences, not to its similitudes; in its organic manifestations, not in its faculties. Animal faculties are perfected in direct transmission, in obedience to laws which remain to be discovered. These faculties correspond to the forces which express them, and those forces are essentially material and divisible. ,
2‘‘Material faculties! Reflect on this juxtaposition of words. Is not this a problem as msoluble as that of the first communication of motion to matter—an unsounded gulf of which the difficulties were transposed rather than removed by Newton’s system? Again, the universal assimilation of light by everything that exists on earth demands a new study of our globe. The same animal diifers in the tropics of India and in the North. Under the angular or the vertical incidence of the sun’s rays nature is developed the same, but not the same; identical in its principles, but totally dissimilar in its outcome. The phenomenon that amazes our eyes in the zodlogical world, when we compare the butterflies of Brazil with those of Europe, is ever more startling in the world of Mind. A particular facial angle, a certain amount of brain convolutions, are indispensable to produce Columbus, Rafael, Napoleon, Laplace, or Beethoven; the sunless valley produces the cretin—draw your own conclusions. Why such (12)—Vol. 25 266 BALZAC’S WORKS differences, due to the more or less ample diffusion of light to men? The masses of suffering humanity, more or less active, fed, and enlightened, are a difficulty to be accounted for, crying out against God. ‘‘Why in great joy do we always want to quit the
3earth? whence comes the longing to rise which every creature has known or will know? Motion is a great Soul, and its alliance with matter is just as difficult to account for as the origin of thought in man. In these days science is one; it is impossible to touch politics independent of moral questions, and these are bound up with scientific questions. It seems to me that we are on the eve of a great human struggle; the forces are there; only I do not see the General. “November 25 ‘‘Believe me, dear uncle, it is hard to give up the life that is in us without a pang. [am returning to Blois with a heavy grip at my heart; I shall die then, taking with me some useful truths. No personal interest debases my regrets. Is earthly fame a guerdon to those who believe that they will mount to a higher sphere? ‘‘Tam by no means in love with the two syllables Lam and bert; whether spoken with respect or with contempt over my grave, they can make no change in my ultimate destiny. I feel myself strong and energetic; I might become a power; I feel in myself a life so luminous that it might enlighten a world, and yet I am shut up in a sort of mineral, as perhaps indeed are the colors you admire on the neck of an Indian bird. I should need to embrace the whole world, to clasp and recreate it; but those who have done this, who have thus embraced and remolded it began— did they not?—by being a wheel in the machine. I can " alia LOUIS LAMBERT 267
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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