Fetching
One moment.
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One moment.
1Cette digression était nécessaire pour l’intelligence de la scène à laquelle le vieillard et le jeune homme partis du terrain Notre-Dame venaient assister ; puis elle défendra de tout reproche cette Étude, que certaines personnes hardies à juger pourraient soupçonner de mensonge et taxer d’hyperbole. Le docteur Sigier était de haute taille et dans la force de l’âge. Sauvée de l’oubli par les fastes universitaires, sa figure offrait de frappantes analogies avec celle de Mirabeau. Elle était marquée au sceau d’une éloquence impétueuse, animée, terrible. Le docteur avait au front les signes d’une croyance religieuse et d’une ardente foi qui manquèrent à son Sosie. Sa voix possédait de plus une douceur persuasive, un timbre éclatant et flatteur. En ce moment, le jour que les croisées à petits vitraux garnis de plomb répandaient avec parcimonie, colorait cette assemblée de teintes capricieuses en y créant çà et là de vigoureux contrastes par le mélange de la lueur et des ténèbres. Ici des yeux étincelaient en des coins obscurs ; là de noires chevelures, caressées par des rayons, semblaient lumineuses au-dessus de quelques visages ensevelis dans l’ombre ; puis, plusieurs crânes découronnés, conservant une faible ceinture de cheveux blancs, apparaissaient au-dessus de la foule comme des créneaux argentés par la lune. Toutes les têtes, tournées vers le docteur, restaient muettes, impatientes. Les voix monotones des autres professeurs dont les écoles étaient voisines retentissaient dans la rue silencieuse comme le murmure des flots de la mer. Le pas des deux inconnus qui arrivèrent en ce moment attira l’attention générale.
2Le docteur Sigier, prêt à prendre la parole, vit le majestueux vieillard debout, lui chercha de l’œil une place, et n’en trouvant pas, tant la foule était grande, il descendit, vint à lui d’un air respectueux, et le fit asseoir sur l’escalier de la chaire en lui prêtant son escabeau. L’assemblée accueillit cette faveur par un long murmure d’approbation, en reconnaissant dans le vieillard le héros d’une admirable thèse récemment soutenue à la Sorbonne. L’inconnu jeta sur l’auditoire, au-dessus duquel il planait, ce profond regard qui racontait tout un poème de malheurs, et ceux qu’il atteignit éprouvèrent d’indéfinissables tressaillements. L’enfant qui suivait le vieillard s’assit sur une des marches, et s’appuya contre la chaire, dans une pose ravissante de grâce et de tristesse. Le silence devint profond, le seuil de la porte, la rue même, furent obstrués en peu d’instants par une foule d’écoliers qui désertèrent les autres classes.
3Le docteur Sigier devait résumer, en un dernier discours, les théories qu’il avait données sur la résurrection, sur le ciel et l’enfer, dans ses leçons précédentes. Sa curieuse doctrine répondait aux sympathies de l’époque, et satisfaisait à ces désirs immodérés du merveilleux qui tourmentent les hommes à tous les âges du monde. Cet effort de l’homme pour saisir un infini qui échappe sans cesse à ses mains débiles, ce dernier assaut de la pensée avec elle-même, était une œuvre digne d’une assemblée où brillaient alors toutes les lumières de ce siècle, où scintillait peut-être la plus vaste des imaginations humaines. D’abord le docteur rappela simplement, d’un ton doux et sans emphase, les principaux points précédemment établis. « Aucune intelligence ne se trouvait égale à une autre. L’homme était-il en droit de demander compte à son créateur de l’inégalité des forces morales données à chacun ? Sans vouloir pénétrer tout à coup les desseins de Dieu, ne devait-on pas reconnaître en fait que, par suite de leurs dissemblances générales, les intelligences se divisaient en de grandes sphères ? Depuis la sphère où brillait le moins d’intelligence jusqu’à la plus translucide où les âmes apercevaient le chemin pour aller à Dieu, n’existait-il pas une gradation réelle de spiritualité ? les esprits appartenant à une même sphère ne s’entendaient-ils pas fraternellement, en âme, en chair, en pensée, en sentiment ? »
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1This system lasted till the day when Rabelais gibbeted dialectics by his merciless satire, as Cervantes demolished chivalry by a narrative comedy. To understand this amazing period and the spirit which dictated its voluminous, though now forgotten, masterpieces, to analyze it, even to its barbarisms, we need only 332 BALZAC’S WORKS examine the Constitutions of the University of Paris and the extraordinary scheme of instruction that then obtained. Theology was taught under two faculties—that of Theology properly so called, and that of Canon Law. The faculty of Theology, again, had three sections — Scholastic, Canonical, and Mystic. It would be wearisome to give an account of the attributes of each section of the science, since one only, namely, Mystic, is the subject of this Etude. Mystical Theology tncluded the whole of Divine Revelation and the elucidation of the Mysteries. And this branch of ancient theology has been secretly preserved with reverence even to our own day; Jacob Boehm, Swedenborg, Martinez Pasqualis, Saint-Martin, Molinos, Madame Guyon, Madame Bourignon, and Madame Krudener, the extensive sect of the Ecstatics, and that of the Illuminati, have at different periods duly treasured the doctrines of this science, of which the aim is indeed truly startling and portentous. In Doctor Sigier’s day, as in our own, man has striven to gain wings to fly into the sanctuary where God hides from our gaze.
2This digression was necessary to give a clew to the scene at which the old man and the youth from the island under Notre-Dame had come to be audience; it will also protect this narrative from all blame on the score of falsehood and hyperbole, of which certain persons of hasty judgment might perhaps suspect me. Doctor Sigier was a tall man in the prime of life. His face, rescued from oblivion by the archives of the University, had singular analogies with that of Mirabeau. It was stamped with the seal of fierce, swift, and terrible eloquence. But the doctor bore on his brow the expression of religious faith that his modern double had not. His THE EXILES 833 voice, too, was of persuasive sweetness, with a clear and pleasing ring in it.
3At this moment the daylight, that was stintingly diffused through the small, heavily-leaded window-panes, tinted the assembly with capricious tones and powerful contrasts from the checkered light and shade. Here, in a dark corner, eyes shone brightly, their dark heads under the sunbeams gleamed light above faces in shadow, and various bald heads, with only a circlet of white hair, were distinguished among the crowd lke battlements silvered by moonlight. Every face was turned toward the Doctor, mute but impatient. The drowsy voices of other lecturers in the adjoining schools were audible in the silent street like the murmuring of the sea; and the steps of the two strangers, as they now came in, attracted general attention. Doctor Sigier, ready to begin, saw the stately senior standing, looked round for a seat for him, and then finding none, as the place was full, came down from his place, went to the new-comer, and with great respect, led him to the platform of his professor’s chair, and there gave him his stool to sit upon. The assembly hailed: this mark of deference with a murmur of approval, recognizing the old man as the orator of a fine thesis admirably argued not long since at the Sorbonne.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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