Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1Le nez tombait droit et se prolongeait de telle sorte que les narines semblaient le retenir. Les os de la face étaient nettement accusés par des rides droites et longues qui creusaient les joues décharnées. Tout ce qui formait un creux dans sa figure paraissait sombre. Vous eussiez dit le lit d’un torrent où la violence des eaux écoulées était attestée par la profondeur des sillons qui trahissaient quelque lutte horrible, éternelle. Semblables à la trace laissée par les rames d’une barque sur les ondes, de larges plis partant de chaque côté de son nez accentuaient fortement son visage, et donnaient à sa bouche, ferme et sans sinuosités, un caractère d’amère tristesse. Au-dessus de l’ouragan peint sur ce visage, son front tranquille s’élançait avec une sorte de hardiesse et le couronnait comme d’une coupole en marbre. L’étranger gardait cette attitude intrépide et sérieuse que contractent les hommes habitués au malheur, faits par la nature pour affronter avec impassibilité les foules furieuses, et pour regarder en face les grands dangers. Il semblait se mouvoir dans une sphère à lui, d’où il planait au-dessus de l’humanité. Ainsi que son regard, son geste possédait une irrésistible puissance ; ses mains décharnées étaient celles d’un guerrier ; s’il fallait baisser les yeux quand les siens plongeaient sur vous, il fallait également trembler quand sa parole ou son geste s’adressaient à votre âme. Il marchait entouré d’une majesté silencieuse qui le faisait prendre pour un despote sans gardes, pour quelque Dieu sans rayons. Son costume ajoutait encore aux idées qu’inspiraient les singularités de sa démarche ou de sa physionomie.
2L’âme, le corps et l’habit s’harmoniaient ainsi de manière à impressionner les imaginations les plus froides. Il portait une espèce de surplis en drap noir, sans manches, qui s’agrafait par devant et descendait jusqu’à mi-jambe, en lui laissant le col nu, sans rabat. Son justaucorps et ses bottines, tout était noir. Il avait sur la tête une calotte en velours semblable à celle d’un prêtre, et qui traçait une ligne circulaire au-dessus de son front sans qu’un seul cheveu s’en échappât. C’était le deuil le plus rigide et l’habit le plus sombre qu’un homme pût prendre. Sans une longue épée qui pendait à son côté, soutenue par un ceinturon de cuir que l’on apercevait à la fente du surtout noir, un ecclésiastique l’eût salué comme un frère. Quoiqu’il fût de taille moyenne, il paraissait grand ; mais en le regardant au visage, il était gigantesque.
3— L’heure a sonné, la barque attend, ne viendrez-vous pas ? À ces paroles prononcées en mauvais français, mais qui furent facilement entendues au milieu du silence, un léger frémissement retentit dans l’autre chambre, et le jeune homme en descendit avec la rapidité d’un oiseau. Quand Godefroid se montra, le visage de la dame s’empourpra, elle trembla, tressaillit, et se fit un voile de ses mains blanches. Toute femme eût partagé cette émotion en contemplant un homme de vingt ans environ, mais dont la taille et les formes étaient si frêles qu’au premier coup d’œil vous eussiez cru voir un enfant ou quelque jeune fille déguisée. Son chaperon noir, semblable au béret des Basques, laissait apercevoir un front blanc comme de la neige où la grâce et l’innocence étincelaient en exprimant une suavité divine, reflet d’une âme pleine de foi. L’imagination des poètes aurait voulu y chercher cette étoile que, dans je ne sais quel conte, une mère pria la fée-marraine d’empreindre sur le front de son enfant abandonné comme Moïse au gré des flots. L’amour respirait dans les milliers de boucles blondes qui retombaient sur ses épaules. Son cou, véritable cou de cygne, était blanc et d’une admirable rondeur. Ses yeux bleus, plein de vie et limpides, semblaient réfléchir le ciel. Les traits de son visage, la coupe de son front étaient d’un fini, d’une délicatesse à ravir un peintre. La fleur de beauté qui, dans les figures de femmes, nous cause d’intarissables émotions, cette exquise pureté des lignes, cette lumineuse auréole posée sur des traits adorés, se mariaient, à des teintes mâles, à une puissance encore adolescente, qui formaient de délicieux contrastes.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1As she spoke, Jacqueline went into the house with her husband, who had not missed a mouthful. Tirechair, as a man grown old in the tricks of his trade, affected to believe that the strange lady was in fact a work-girl; still, this assumed indifference could not altogether cloak the timidity of a courtier who respects a royal incognito. At this moment six was striking by the clock of Saint-Denis du Pas, a small church that stood between Notre-Dame and the Port-Saint-Landry—the first church erected in Paris, on the very spot where Saint Denis was laid on the gridiron, as chronicles tell. The hour flew from steeple to tower all over the city. Then suddenly confused shouts were heard on the left bank of the Seine, behind Notre-Dame, in the quarter where the schools of the University harbored their swarms. At this signal, Jacqueline’s elder lodger began to move about his room. The sergeant, his wife, and the strange lady listened while he opened and shut his door, and the old man’s heavy step was heard on the steep stair. The constable’s suspicions gave such interest to the advent of this personage, that the lady was startled as she observed the strange expression of the two countenances before her. 524 BALZAC’S WORKS Referring the terrors of ‘this couple to the youth she was — protecting—as was natural in a lover—the young lady awaited, with some uneasiness, the event thus heralded by the fears of her so-called master and mistress.
2The old man paused for a moment on the threshold to scrutinize the three persons in the room, and seemed to be looking for his young companion. This glance of inquiry, unsuspicious as it was, agitated the three. Indeed, nobody, not even the stoutest man, could deny that Nature had bestowed exceptional powers on this being, who seemed almost supernatural. Though his eyes were somewhat deeply shaded by the wide sockets fringed with long eyebrows, they were set, like a kite’s eyes, in eyelids so broad, and bordered by so dark a circle sharply defined on his cheek, that they seemed rather to be prominent. These singular eyes had in them something indescribably domimeering and piercing, which took possession of the soul by a grave and thoughtful look, a look as bright and lucid as that of a serpent or a bird, but which held one fascinated and crushed by the swift communication of some tremendous sorrow, or of some superhuman power. ss
3Every feature was in harmony with this eye of lead and of fire, at once rigid and flashing, stern and calm. While in this eagle eye earthly emotions seemed in some sort extinct, the lean, parched face also bore traces of unhappy passions and great deeds done. The nose, which was nar row and aquiline, was so long that it seemed to hang on by the nostrils. The bones of the face were strongly marked by the long, straight wrinkles that furrowed the hollow cheeks. Every line in the countenance looked dark. It would suggest the bed of a torrent where the violence of former floods was recorded in the depth of THE EXILES 325, the water-courses, which testified to some terrible, unceasing turmoil. Like the ripples left by the oars of a boat on the waters, deep lines, starting from each side of his nose, marked his face strongly, and gave an expression of bitter sadness to his mouth, which was firm and straight-lipped. Above the storm thus stamped on his countenance, his calm brow rose with what may be called boldness, and crowned it as with a marble dome.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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