Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1— Où croyez-vous que l’homme puisse prendre ces vérités fécondes, si ce n’est au sein de Dieu même ? Que suis-je ? Le faible traducteur d’une seule ligne léguée par le plus puissant des apôtres, une seule ligne entre mille également brillantes de lumière. Avant nous tous, saint Paul avait dit : In Deo vivimus, movemur et sumus . (Nous vivons, nous sommes, nous marchons dans Dieu même.) Aujourd’hui, moins croyants et plus savants, ou moins instruits et plus incrédules, nous demanderions à l’apôtre, à quoi bon ce mouvement perpétuel ? Où va cette vie distribuée par zones ? Pourquoi cette intelligence qui commence par les perceptions confuses du marbre, et va, de sphère en sphère, jusqu’à l’homme, jusqu’à l’ange, jusqu’à Dieu ? Où est la source, où est la mer ? Si la vie, arrivée à Dieu à travers les mondes et les étoiles, à travers la matière et l’esprit, redescend vers un autre but ? Vous voudriez voir l’univers des deux côtés. Vous adoreriez le souverain, à condition de vous asseoir sur son trône un moment. Insensés que nous sommes ! nous refusons aux animaux les plus intelligents le don de comprendre nos pensées et le but de nos actions, nous sommes sans pitié pour les créatures des sphères inférieures, nous les chassons de notre monde, nous leur dénions la faculté de deviner la pensée humaine, et nous voudrions connaître la plus élevée de toutes les idées, l’idée de l’idée ! Eh ! bien, allez, partez ! montez par la foi de globe en globe, volez dans les espaces ! La pensée, l’amour et la foi en sont les clefs mystérieuses. Traversez les cercles, parvenez au trône !
2Dieu est plus clément que vous ne l’êtes, il a ouvert son temple à toutes ses créations. Mais n’oubliez pas l’exemple de Moïse ? Déchaussez-vous pour entrer dans le sanctuaire, dépouillez-vous de toute souillure, quittez bien complétement votre corps, autrement vous seriez consumés, car Dieu… Dieu, c’est la lumière ! Au moment où le docteur Sigier, la face ardente, la main levée, prononçait cette grande parole, un rayon de soleil pénétra par un vitrail ouvert, et fit jaillir comme par magie une source brillante, une longue et triangulaire bande d’or qui revêtit l’assemblée comme d’une écharpe. Toutes les mains battirent, car les assistants acceptèrent cet effet du soleil couchant comme un miracle. Un cri unanime s’éleva : — Vivat ! vivat ! Le ciel lui-même semblait applaudir. Godefroid, saisi de respect, regardait tour à tour le vieillard et le docteur Sigier qui se parlaient à voix basse.
3— Gloire au maître ! disait l’étranger. — Qu’est une gloire passagère ? répondait Sigier. — Je voudrais éterniser ma reconnaissance, répliqua le vieillard. — Eh ! bien, une ligne de vous ? reprit le docteur, ce sera me donner l’immortalité humaine. — Hé ! peut-on donner ce qu’on n’a point ? s’écria l’inconnu. Accompagnés par la foule qui, semblable à des courtisans autour de leurs rois, se pressait sur leurs pas, en laissant entre elle et ces trois personnages une respectueuse distance, Godefroid, le vieillard et Sigier marchèrent vers la rive fangeuse où dans ce temps il n’y avait point encore de maisons, et où le passeur les attendait. Le docteur et l’étranger ne s’entretenaient ni en latin ni en langue gauloise, ils parlaient gravement un langage inconnu. Leurs mains s’adressaient tour à tour aux cieux et à la terre. Plus d’une fois, Sigier à qui les détours du rivage étaient familiers, guidait avec un soin particulier le vieillard vers les planches étroites jetées comme des ponts sur la boue ; l’assemblée les épiait avec curiosité, et quelques écoliers enviaient le privilége du jeune enfant qui suivait ces deux souverains de la parole. Enfin le docteur salua le vieillard et vit partir le bateau du passeur.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1He next strove to drag from the very depths of man’s understanding the real sense of the word fall, which occurs in every language. He appealed to the most widely-spread traditions in evidence of this one true origin, explaining, with much lucidity, the passion all men have for rising, mounting—an instinctive ambition, the perennial revelation of our destiny. He displayed the whole universe at a glance, and deseribed the nature of God Himself circulating in a full tide from the centre to the extremities, and from the extremities (15)—Vol. 25 838 BALZAC’S WORKS to the centre again. “Nature was one and homogeneous. In the most seemingly trivial, as in the most stupendous - work, everything obeyed that law: each created object reproduced in little an exact image of that nature—the sap in the plant, the blood in man, the orbits of the planets. He piled proof on proof, always completing his idea by a picture musical with poetry.
2And he boldly anticipated every objection. He thundered forth an eloquent challenge to the monumental works of science and human excrescences of knowledge, such as those which societies use the elements of the earthly globe to produce. He asked whether our wars, our disasters, our depravity could hinder the great movement given by God to all the globes; and he laughed human impotence to scorn by pointing to their efforts everywhere in ruins. He cried upon the manes of Tyre, Carthage, and Babylon; he called upon Babel and Jerusalem to appear; and sought, without finding them, the transient furrows made by the plowshare of civilization. Humanity floated on the surface of the earth as a ship whose wake is lost in the calm level of ocean. These were the fundamental notions set forth in Doctor Sigier’s address, all wrapped in the mystical language and strange school Latin of the time. He had made a special study of the Scriptures, and they supplied him with the weapons with which he came before his contemporaries to hasten their progress. He hid his boldness under his immense learning, as with a cloak, and his philosophical bent under a saintly life. At this moment, after bringing his hearers face to face with God, after packing the universe into an idea, and almost unveiling the idea of the world, he gazed down on the silent, throbbing mass, and scrutinized THE EXILES 839
3the stranger with a look. Then, spurred on, no doubt, by the presence of this remarkable personage, he added these words, from which I have eliminated the corrupt Latinity of the Middle Ages: ‘‘Where, think you, may a man find these fruitful truths if not in the heart of God Himself ?—What am I?—The humble interpreter of a single line left to us by the greatest of the Apostles—a single line out of thousands all equally full of light. Before us, Saint Paul said, ‘In Deo vivimus movemur et sumus.’ In our day, less believing and more learned, or better instructed and more sceptical, we should ask the Apostle, ‘To what end this perpetual motion? Whither leads this life divided into zones? Wherefore an intelligence that begins with the obscure perfection of marble and proceeds from sphere to sphere up to man, up to the angel, up to God? Where is the Fount, where is the ocean, if life, attaining to God across worlds and stars, through Matter and Spirit, has to come down again to some other goal ?’
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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