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1204 l'initiation opère souvent lorsque tous les autres remèdes ont échoué. » Cette foi, nous allons voir que c'est elle qui fait la grande force de la thérapeutique populaire. Presque tous les remèdes de bonne femme sont composés de deux parties : une partie médicamenteuse réelle, et une partie mystérieuse qui frappe le moral du malade. La partie médicamenteuse ne produirait-elle aucun effet, la partie mystérieuse aurait déjà produit la moitié de la guérison (i). Les guérisseurs. — Le médecin idéal de l'avenir est celui qui aura appris à connaître la véritable cons titution de l'homme, et qui ne se laissera plus égarer par des apparences illusoires (2). Le guérisseur des temps futurs sera celui qui aura développé des pouvoirs internes de perception, aux quels il devra de trouver les causes cachées de tous les efforts externes. Pour lui les connaissances matérielles, qu'il aura acquises ne seront pas les seuls guides, mais seule ment ses assistants. Son guide sera son savoir et non pas sa « croyance » et ce savoir lui donnera la « foi », seul pouvoir qui puisse agir sur cette part de l'homme que ne peuvent atteindre toutes les drogues qu'on lui administre. Le médecin moderne ne voyant jamais que la maladie et oubliant toujours le malade, peut parfaitement dire (1) Cabanès et Barraud. (2) Le médecin naît, de par les lumières de la nature et de la grâce de l'homme intérieur et invisible, de l'ange qui est en nous. (Paraceise).
2LES CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 20 5 qu'il ne croit pas en ce pouvoir de la foi ; et pourtant, à son insu, il use constamment de ce pouvoir, puis qu'il ne peut obtenir les plus légers résultats et être quelqu'un que grâce à lui. En effet, que serait un docteur, le plus grand même, le plus à la mode, qui aurait perdu toute confiance en son art ? Un médecin, qui n'aurait pas l'ombre d'intuition, qui ne croirait pas en lui et en qui personne ne croirait, ne pourrait pas exercer, quand bien même il serait sorti premier de l'école et victorieux de tous les examens (i). Continuons les curieuses observations sur les guérisseurs d'après les intéressants travaux de Cabanès et Barraud. Certains toucheurs sont très forts aussi pour relever l'estomac tombé; pour les paysans les maladies gastriques se résument dans le « décro chement de l'estomac » mais alors, au lieu d'une simple application des mains, ils exercent souvent des massages d'estomac, et d'une façon qui n'est point dénuée de bon sens. « J'ai vu un jour, a conté Mme Judith Gauthier, un jeune garçon pris d'une fièvre violente et d'un grand mal à la tête, avec dou leurs à l'estomac. Il déclara qu'il savait ce que c'était : il avait « l'esto mac à bas ». Son seul regret était de ne pas être dans sa commune où il connaissait une matrone qui l'aurait guéri à l'instant. Notre commune n'était pas si dépourvue qu'il le croyait ; elle possédait aussi une (i) Fr. Hartmann : La magie blanche et la magie noire.
32o6 l'initiation matrone. On le conduisit chez elle, il revint très sou lagé et le lendemain, le mal avait disparu. « Que lui avait-elle fait ? Par des frictions des pouces sur certains muscles de l'épigastre, elle lui avait re monté l'estomac, pour le serrer ensuite avec une ser viette dans laquelle étaient écrasés des brins de lam berge. » A propos d'estomac décroché, laissez-nous vous conter une histoire qui montrera jusqu'où la foi peut aller. Il s'agissait de remettre sur pied une pauvre fillette, que l'excès de fatigue et la mauvaise nourri ture avaient épuisée. La guérisseuse consultée entra dans la chambre de la malade, ramasr.ades punaises, des puces et des poux. Elle attrapa des mouches et araignées, passa dans l'étable, prit des poux de porc, puis chercha dans le jardin des larves de courtilières. des chenilles. Elle arracha, en ou'rc, de la bardanc, de la racine de figuier et rentra chez elle. Elle fit frire le tout dans l'huile, rajouta du vin et une poignée de rejetons d'absinthe, et fit les prescriptions suivantes : administrer à la malade, à chaque repas, deux ou trois doigts de la mixture. L'obliger trois matins de suite à descendre à quatre pattes la tête la première, comme un chien ou un chat, un escalier très raide. Les cinq matins suivant, la faire suspendre par les mair.s, pendant cinq minutes, à une branche de figuier. Pendant cute suspension, l'enfant devra faire de profondes inspirations ; ceci dans le but de conso lider l'estomac à sa place. Un magiste célèbre a dit : « Plus on emploie de cé rémonies, plus on excite l'imagination de ses consul
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1204 l'initiation opère souvent lorsque tous les autres remèdes ont échoué. » Cette foi, nous allons voir que c'est elle qui fait la grande force de la thérapeutique populaire. Presque tous les remèdes de bonne femme sont composés de deux parties : une partie médicamenteuse réelle, et une partie mystérieuse qui frappe le moral du malade. La partie médicamenteuse ne produirait-elle aucun effet, la partie mystérieuse aurait déjà produit la moitié de la guérison (i). Les guérisseurs. — Le médecin idéal de l'avenir est celui qui aura appris à connaître la véritable cons titution de l'homme, et qui ne se laissera plus égarer par des apparences illusoires (2). Le guérisseur des temps futurs sera celui qui aura développé des pouvoirs internes de perception, aux quels il devra de trouver les causes cachées de tous les efforts externes. Pour lui les connaissances matérielles, qu'il aura acquises ne seront pas les seuls guides, mais seule ment ses assistants. Son guide sera son savoir et non pas sa « croyance » et ce savoir lui donnera la « foi », seul pouvoir qui puisse agir sur cette part de l'homme que ne peuvent atteindre toutes les drogues qu'on lui administre. Le médecin moderne ne voyant jamais que la maladie et oubliant toujours le malade, peut parfaitement dire (1) Cabanès et Barraud. (2) Le médecin naît, de par les lumières de la nature et de la grâce de l'homme intérieur et invisible, de l'ange qui est en nous. (Paraceise).
2LES CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 20 5 qu'il ne croit pas en ce pouvoir de la foi ; et pourtant, à son insu, il use constamment de ce pouvoir, puis qu'il ne peut obtenir les plus légers résultats et être quelqu'un que grâce à lui. En effet, que serait un docteur, le plus grand même, le plus à la mode, qui aurait perdu toute confiance en son art ? Un médecin, qui n'aurait pas l'ombre d'intuition, qui ne croirait pas en lui et en qui personne ne croirait, ne pourrait pas exercer, quand bien même il serait sorti premier de l'école et victorieux de tous les examens (i). Continuons les curieuses observations sur les guérisseurs d'après les intéressants travaux de Cabanès et Barraud. Certains toucheurs sont très forts aussi pour relever l'estomac tombé; pour les paysans les maladies gastriques se résument dans le « décro chement de l'estomac » mais alors, au lieu d'une simple application des mains, ils exercent souvent des massages d'estomac, et d'une façon qui n'est point dénuée de bon sens. « J'ai vu un jour, a conté Mme Judith Gauthier, un jeune garçon pris d'une fièvre violente et d'un grand mal à la tête, avec dou leurs à l'estomac. Il déclara qu'il savait ce que c'était : il avait « l'esto mac à bas ». Son seul regret était de ne pas être dans sa commune où il connaissait une matrone qui l'aurait guéri à l'instant. Notre commune n'était pas si dépourvue qu'il le croyait ; elle possédait aussi une (i) Fr. Hartmann : La magie blanche et la magie noire.
32o6 l'initiation matrone. On le conduisit chez elle, il revint très sou lagé et le lendemain, le mal avait disparu. « Que lui avait-elle fait ? Par des frictions des pouces sur certains muscles de l'épigastre, elle lui avait re monté l'estomac, pour le serrer ensuite avec une ser viette dans laquelle étaient écrasés des brins de lam berge. » A propos d'estomac décroché, laissez-nous vous conter une histoire qui montrera jusqu'où la foi peut aller. Il s'agissait de remettre sur pied une pauvre fillette, que l'excès de fatigue et la mauvaise nourri ture avaient épuisée. La guérisseuse consultée entra dans la chambre de la malade, ramasr.ades punaises, des puces et des poux. Elle attrapa des mouches et araignées, passa dans l'étable, prit des poux de porc, puis chercha dans le jardin des larves de courtilières. des chenilles. Elle arracha, en ou'rc, de la bardanc, de la racine de figuier et rentra chez elle. Elle fit frire le tout dans l'huile, rajouta du vin et une poignée de rejetons d'absinthe, et fit les prescriptions suivantes : administrer à la malade, à chaque repas, deux ou trois doigts de la mixture. L'obliger trois matins de suite à descendre à quatre pattes la tête la première, comme un chien ou un chat, un escalier très raide. Les cinq matins suivant, la faire suspendre par les mair.s, pendant cinq minutes, à une branche de figuier. Pendant cute suspension, l'enfant devra faire de profondes inspirations ; ceci dans le but de conso lider l'estomac à sa place. Un magiste célèbre a dit : « Plus on emploie de cé rémonies, plus on excite l'imagination de ses consul
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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