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1LETTRE A UN DEBUTANT I97 contraire, la vraie forme spirituelle fera tous ses mou vements avant que vous y ayez pensé. « Cette règle est suffisante pour vous en ce moment, puisque vous n'avez encore presque rien eu de ce que je vous décris. Mes lettres vous aideront, je l'espère, à vous débrouiller pendant les premiers temps. La pro chaine fois, nous parlerons de l'Envoûtement. « Bien à vous toujours. « G. Phaneg. » PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Les Curiosités de l'Occulte LA FOI QUI GUÉRIT. C'est l'imagination qui donne un corps à la pensée humaine, en lui prêtant ses images, ses figures, ses couleurs, tout ce qui peut la féconder, l'agrandir, l'em bellir ; c'est cette faculté qui a des ailes pour franchir les océans et les vallées, pour planer dans les airs et les espaces, s'élever au-delà des firmaments ; qui a des yeux pour explorer des régions occultes, en dé voiler les mystères, une voix même pour en raconter les merveilles, sans jamais craindre de trouver des contradictions ; en un mot, c'est cette fée enchante resse qui sait créer des beautés, des vertus, des senti ments, des passions, des misères, des richesses, des maladies, toutes les vicissitudes humaines, aussi bien que des chimères et des fantômes, et qui a su faire des illuminés, des spirites, des somnambules, des thaumaturges, aussi bien que des poètes, des orateurs, des philosophes, des artistes (i). Là où l'imagination parle le plus en souveraine (i) Discours de M. Jolly à l'Académie de Médecine.
2LES CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 199 maîtresse, c'est encore, c'est surtout quand il s'agit de notre santé (i). Nous savons tous que la frayeur d'une épidémie dispose tout particulièrement à l'apparition du mal ceux qui en redoutent vivement les atteintes. Regardez autour de vous pendant une épidémie quelconque ; quels sont ceux que la maladie atteint surtout? Ceux qui ont le plus peur, et qui prennent le plus de précautions. Et si la maladie attaque une de ces personnes timorées, de bénigne elle devient immédiatement grave, par la terreur qu'elle leur ins pire. C'est qu'en effet, de cette disposition spéciale de l'esprit, de cette préoccupation continuelle, résultent deux choses: d'abord, un affaiblissement réel de l'état général, qui en fait un terrain plus attaquable : le malade, à force de penser au mal qu'il pourrait bien contracter, ne mange plus, ne dort plus, s'affaiblit. De plus, en raison de l'influence incontestable, directe, du moral sur le physique, il se fait, par l'ac tion des nerfs vaso-dilatateurs, un afflux de sang dans l'organe auquel on pense, afflux de sang suivi de la maladie elle-même, ou tout au moins de symptômes identiques à ceux que l'on redoute. Gardons-nous de nous moquer de ceux qui ont peur des maladies en cours de route, ou qui souffrent d'un mal imaginaire, ils sont, au contraire, dignes de notre pitié. La force de l'imagination est telle, que les douleurs sont aussi vives que s'ils avaient réellement une af fection. Bien mieux, il arrive souvent qu'ils ont des (1) Cabanès et Barraud : Remèdes de bonnes femmes.
3200 l'initiation phénomènes extérieurs analogues à ceux qu'ils pré senteraient s'ils étaient réellement atteints. Est-il quelqu'un qui soit plus à plaindre qu'un étu diant en médecine un peu timoré? Nous en avons connu pour qui la peur des piqûres anatomiques, ou des affections qu'ils étudiaient et côtoyaient chaque jour, était comme un spectre attaché à leurs pas. Un autre avait étudié, pour son concours d'internat, t'angine de poitrine et avait été effrayé de l'imprévu et du danger de cette aflection. Quelques jours après, il était pris d'une douleur rétro-sternale extrêmement vive, de fourmillements dans le bras gauche, d'étouffements et de palpitations très douloureuses. Il fut obligé de prendre le lit ; et les symptômes ne s'amen dèrent que quelques jours après, grâce à nos conseils et un peu à nos moqueries. Un autre craignait à tel point la syphilis, sans ja mais avoir eu pourtant d'accidents primaires, qu'ef frayé un jour par un mal de gorge banal, il fut telle ment persuadé qu'il était atteint que, sous le coup de son émotion, des plaques de roséoles apparurent sur tout son corps, plaques qui disparaissaient dès qu'il ne pensait plus à son avarie problématique. Mais les maux enfantés par l'imagination ne sont rien auprès des bienfaits qu'elle procure. Les guérisons dues à son heureuse influence sont innombrables. Et même lorsqu'elle ne peut guérir, elle apporte du moins la douce espérance d'une amélioration pro chaine. Avoir foi en sa guérison, être persuadé que l'affection dont on souffre diminue, croire que les phénomènes douloureux qu'on ressentait perdent
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LETTRE A UN DEBUTANT I97 contraire, la vraie forme spirituelle fera tous ses mou vements avant que vous y ayez pensé. « Cette règle est suffisante pour vous en ce moment, puisque vous n'avez encore presque rien eu de ce que je vous décris. Mes lettres vous aideront, je l'espère, à vous débrouiller pendant les premiers temps. La pro chaine fois, nous parlerons de l'Envoûtement. « Bien à vous toujours. « G. Phaneg. » PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Les Curiosités de l'Occulte LA FOI QUI GUÉRIT. C'est l'imagination qui donne un corps à la pensée humaine, en lui prêtant ses images, ses figures, ses couleurs, tout ce qui peut la féconder, l'agrandir, l'em bellir ; c'est cette faculté qui a des ailes pour franchir les océans et les vallées, pour planer dans les airs et les espaces, s'élever au-delà des firmaments ; qui a des yeux pour explorer des régions occultes, en dé voiler les mystères, une voix même pour en raconter les merveilles, sans jamais craindre de trouver des contradictions ; en un mot, c'est cette fée enchante resse qui sait créer des beautés, des vertus, des senti ments, des passions, des misères, des richesses, des maladies, toutes les vicissitudes humaines, aussi bien que des chimères et des fantômes, et qui a su faire des illuminés, des spirites, des somnambules, des thaumaturges, aussi bien que des poètes, des orateurs, des philosophes, des artistes (i). Là où l'imagination parle le plus en souveraine (i) Discours de M. Jolly à l'Académie de Médecine.
2LES CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 199 maîtresse, c'est encore, c'est surtout quand il s'agit de notre santé (i). Nous savons tous que la frayeur d'une épidémie dispose tout particulièrement à l'apparition du mal ceux qui en redoutent vivement les atteintes. Regardez autour de vous pendant une épidémie quelconque ; quels sont ceux que la maladie atteint surtout? Ceux qui ont le plus peur, et qui prennent le plus de précautions. Et si la maladie attaque une de ces personnes timorées, de bénigne elle devient immédiatement grave, par la terreur qu'elle leur ins pire. C'est qu'en effet, de cette disposition spéciale de l'esprit, de cette préoccupation continuelle, résultent deux choses: d'abord, un affaiblissement réel de l'état général, qui en fait un terrain plus attaquable : le malade, à force de penser au mal qu'il pourrait bien contracter, ne mange plus, ne dort plus, s'affaiblit. De plus, en raison de l'influence incontestable, directe, du moral sur le physique, il se fait, par l'ac tion des nerfs vaso-dilatateurs, un afflux de sang dans l'organe auquel on pense, afflux de sang suivi de la maladie elle-même, ou tout au moins de symptômes identiques à ceux que l'on redoute. Gardons-nous de nous moquer de ceux qui ont peur des maladies en cours de route, ou qui souffrent d'un mal imaginaire, ils sont, au contraire, dignes de notre pitié. La force de l'imagination est telle, que les douleurs sont aussi vives que s'ils avaient réellement une af fection. Bien mieux, il arrive souvent qu'ils ont des (1) Cabanès et Barraud : Remèdes de bonnes femmes.
3200 l'initiation phénomènes extérieurs analogues à ceux qu'ils pré senteraient s'ils étaient réellement atteints. Est-il quelqu'un qui soit plus à plaindre qu'un étu diant en médecine un peu timoré? Nous en avons connu pour qui la peur des piqûres anatomiques, ou des affections qu'ils étudiaient et côtoyaient chaque jour, était comme un spectre attaché à leurs pas. Un autre avait étudié, pour son concours d'internat, t'angine de poitrine et avait été effrayé de l'imprévu et du danger de cette aflection. Quelques jours après, il était pris d'une douleur rétro-sternale extrêmement vive, de fourmillements dans le bras gauche, d'étouffements et de palpitations très douloureuses. Il fut obligé de prendre le lit ; et les symptômes ne s'amen dèrent que quelques jours après, grâce à nos conseils et un peu à nos moqueries. Un autre craignait à tel point la syphilis, sans ja mais avoir eu pourtant d'accidents primaires, qu'ef frayé un jour par un mal de gorge banal, il fut telle ment persuadé qu'il était atteint que, sous le coup de son émotion, des plaques de roséoles apparurent sur tout son corps, plaques qui disparaissaient dès qu'il ne pensait plus à son avarie problématique. Mais les maux enfantés par l'imagination ne sont rien auprès des bienfaits qu'elle procure. Les guérisons dues à son heureuse influence sont innombrables. Et même lorsqu'elle ne peut guérir, elle apporte du moins la douce espérance d'une amélioration pro chaine. Avoir foi en sa guérison, être persuadé que l'affection dont on souffre diminue, croire que les phénomènes douloureux qu'on ressentait perdent
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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