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11o4 l'initiation Ici, je déclare, avec l'assurance formelle d'un homme qui a retourné tous les British Peerage et tous les livres afin de découvrir la vérité sur ce sjjjet, q'uil n'y a jamais eu de lord comte d'Harnouester, ni en Angleterre, ni en Ecosse, ni en Irlande. Ce nom et ce titre sont inconnus dans ces trois pays, n'ont jamais existé, et je défie qui que ce soit d'oser me donner le démenti à cet égard. Quelle personnalité a existé derrière ce faux titre et ce faux nom ? Il serait intéressant, pour tous les historiens, de le savoir. Après le pseudo lord Harnouester, deuxième grandmaître, la grande maîtrise passe à un duc d'Antin. Le F.-. Bésuchet et les autres auteurs maçonniques, cependant très instruits, ignorent quel était ce duc, et, établissant une équivoque, supposent qu'il s'agit d'un ancien courtisan de Louis XIV dont Voltaire s'occupe un peu quand il parle de la Régence et de l'écossais Law. Mais ce duc d'Antin là, fils légitime dela Montespan et de son mari, mourut précisément en 1736, date du départ de Derwentwater et de l'élec tion du pseudo-lord Harnouester, lequel quitta la Grande-Maîtrise à la fin de 1737. Le duc d'Antin, qui a commencé à être GrandMaître en 1738, n'a pu être que le F .-. Louis de Pardaillan, ex-duc d'Épernon et duc d'Antin, né le 9 novembre 17o7, fils du premier lit de la comtesse de Toulouse, arrière-petit-fils de la Montespan, demicousin de Louis XV, et neveu et beau-fils du comte de Toulouse, lui-même bâtard de Louis XIV et de la Montespan.
2FEUILLES MAÇONNIQUES Io5 Ce F .-. duc d'Antin mourut en 1743. Il avait été proposé pour grand-maître par le pseudo-lord Harnouester, ei sa candidature avait été appuyée par l'ancien précepteur de Charles-Edouard, le F .-. de Ramsay, qui, lui aussi, mourut en 1743, au moment où se préparaient les événements que l'on sait. Au sujet du duc d'Antin, troisième grand-maître, le F .-. Bésuchet, « malgré ses investigations »,s'est déclaré « dans l'impuissance de décider cette question vraiment intéressante ». Elle l'est encore, et j'aide à l'élucider, sans avoir eu beaucoup à investiguer. Espérons que, l'an prochain, le Calendrier du Grand-Orient nous fera connaître le vrai nom du faux lord Harnouester, deuxième grand-maître, et les prénoms du duc d'Antin, troisième grand-maître, dont les historiens maçonniques paraissent ignorer la biographie, pourtant bien facile à établir. En histoire, l'inexactitude est un péché énorme. Téder.
3LE FEU SACRÉ {Suite.) II est très fâcheux d'aller dîner, surtout la première fois, après avoir pris du haschich, chez des gens habitués à ce qu'on ne mange pas. Avecune dose mo dérée, on pourrait, par exemple, rendre l'appétit aux phtisiques. Une autre influence excellente se pro duirait peut-être aussi, dans ce dernier cas, je veux dire une surexcitation générale de l'activité vitale. Mais combien de médecins, hommes de science, s'intéressent à ce qu'on appelle en science l'expéri mentation ? Ils préfèrent user leur temps à la recherche d'hypothétiques microbes, ou de sérums dont il faut se hâter de prendre, tandis qu'ils guérissent de par la mode et la suggestion. Les sujets bénévoles pour l'expérience ne manque raient pas. Ce vice est très contagieux. On trouve le poison vert chez un grand nombre de pharmaciens. Bien entendu, et de même que chez les marchands usuels on ne se procure pas les vins remarquables, ce n'est pas toujours la drogue parfaite. Mais la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11o4 l'initiation Ici, je déclare, avec l'assurance formelle d'un homme qui a retourné tous les British Peerage et tous les livres afin de découvrir la vérité sur ce sjjjet, q'uil n'y a jamais eu de lord comte d'Harnouester, ni en Angleterre, ni en Ecosse, ni en Irlande. Ce nom et ce titre sont inconnus dans ces trois pays, n'ont jamais existé, et je défie qui que ce soit d'oser me donner le démenti à cet égard. Quelle personnalité a existé derrière ce faux titre et ce faux nom ? Il serait intéressant, pour tous les historiens, de le savoir. Après le pseudo lord Harnouester, deuxième grandmaître, la grande maîtrise passe à un duc d'Antin. Le F.-. Bésuchet et les autres auteurs maçonniques, cependant très instruits, ignorent quel était ce duc, et, établissant une équivoque, supposent qu'il s'agit d'un ancien courtisan de Louis XIV dont Voltaire s'occupe un peu quand il parle de la Régence et de l'écossais Law. Mais ce duc d'Antin là, fils légitime dela Montespan et de son mari, mourut précisément en 1736, date du départ de Derwentwater et de l'élec tion du pseudo-lord Harnouester, lequel quitta la Grande-Maîtrise à la fin de 1737. Le duc d'Antin, qui a commencé à être GrandMaître en 1738, n'a pu être que le F .-. Louis de Pardaillan, ex-duc d'Épernon et duc d'Antin, né le 9 novembre 17o7, fils du premier lit de la comtesse de Toulouse, arrière-petit-fils de la Montespan, demicousin de Louis XV, et neveu et beau-fils du comte de Toulouse, lui-même bâtard de Louis XIV et de la Montespan.
2FEUILLES MAÇONNIQUES Io5 Ce F .-. duc d'Antin mourut en 1743. Il avait été proposé pour grand-maître par le pseudo-lord Harnouester, ei sa candidature avait été appuyée par l'ancien précepteur de Charles-Edouard, le F .-. de Ramsay, qui, lui aussi, mourut en 1743, au moment où se préparaient les événements que l'on sait. Au sujet du duc d'Antin, troisième grand-maître, le F .-. Bésuchet, « malgré ses investigations »,s'est déclaré « dans l'impuissance de décider cette question vraiment intéressante ». Elle l'est encore, et j'aide à l'élucider, sans avoir eu beaucoup à investiguer. Espérons que, l'an prochain, le Calendrier du Grand-Orient nous fera connaître le vrai nom du faux lord Harnouester, deuxième grand-maître, et les prénoms du duc d'Antin, troisième grand-maître, dont les historiens maçonniques paraissent ignorer la biographie, pourtant bien facile à établir. En histoire, l'inexactitude est un péché énorme. Téder.
3LE FEU SACRÉ {Suite.) II est très fâcheux d'aller dîner, surtout la première fois, après avoir pris du haschich, chez des gens habitués à ce qu'on ne mange pas. Avecune dose mo dérée, on pourrait, par exemple, rendre l'appétit aux phtisiques. Une autre influence excellente se pro duirait peut-être aussi, dans ce dernier cas, je veux dire une surexcitation générale de l'activité vitale. Mais combien de médecins, hommes de science, s'intéressent à ce qu'on appelle en science l'expéri mentation ? Ils préfèrent user leur temps à la recherche d'hypothétiques microbes, ou de sérums dont il faut se hâter de prendre, tandis qu'ils guérissent de par la mode et la suggestion. Les sujets bénévoles pour l'expérience ne manque raient pas. Ce vice est très contagieux. On trouve le poison vert chez un grand nombre de pharmaciens. Bien entendu, et de même que chez les marchands usuels on ne se procure pas les vins remarquables, ce n'est pas toujours la drogue parfaite. Mais la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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