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18 L'INITIATION vint que le soleil devait être la source de toute la lu mière, de toute la chaleur qui pénètrent le système solaire. _ A peine cette idée fut-elle ébauchée dans mon cer veau, que mon esprit se trouva transporté dans les sphères qu’illumine l’éternelle vérité. Aussitôt, le soleil me fut révélé comme un globe d'or en fusion. Oh ! le merveilleux, le sublime spectacle que ce monde de feérique existence me dévoila! Océans, fleuves, fontaines, lacs, cours d’eau aux ondes grossissantes, scintillantes,miroitant dans la splendeur de feux mul ticolores émanés de la substance intime de ce corps lumineux en fusion; forêts, bocages, collines, val— lées, hautes montagnes, grottes et ravins sans fond, tous, cristallisations de cette vivante lumière, tous, emprisonnant ses rayons prismatiques, nuancés à l’in fini. L’air était transparent, d'une transparence dont notre conception du plus subtil éther ne saurait nous donner une idée. Cependant son étendue étincelait de milliards de créatures brillantes, flottant dans l’es— pace, dansant parmi la houle de ses vagues lumi neuses. De vastes firmaments, pointillés d’innom brables soleils et de systèmes solaires, étendaient sur le tout leur arche de cristal dans laquelle l’immensité semblait s‘être épandue. De ces essaims de mondes resplendissants sourdaient sans cesse des averses de météores traversant l’espace comme des chars de feu. Les mouvements de ces mondes solaires étaient parfaitement visibles. Au lieu de la silencieuse immo
2AU PAYS DES ESPRITS 9 bilité du champ d’étoiles qui constitue le firmament terrestre, c’était la course prodigieuse d’astres rou lant, tournoyant, suivant leurs orbites, gravitant à une vertigineuse vitesse autour d'un centre énorme, invisible. Ébloui, aveuglé par cet incendie céleste, l’œil s’abîmait dans la contemplation éperdue de ces merveilles. Dans les couches inférieures de l’atmo— sphère, voguaient des chars ailés, desvaisseaux aériens, transportant de point en point dans l’espace les bienheureux habitants de ces royaumes solaires. Soutenus par leur seule indomptable volonté, aidée de la parfaite connaissance des lois de la locomotion aérienne, certains de ces êtres même y maintenaient leur équilibre. Flottant, plongeant, remontant, se balançant sur les vagues de l‘air comme de joyeux oiseaux, oh! les gracieuses, les nobles formes d‘être que ces créatures me révélaientl De haute taille, mais élastiques par constitution, la chevelure dorée, les yeux bleus, de stature élancée et majestueuse, la tète énorme et ronde, le visage aimable et placide, tous étaient vêtus de robes blanches comme la neige, azurées, ou couleur de soleil. Leurs cités étaient plantées d’arbres innombrables, de fleursà profusion, avec pour maisons des tours, en spirale aux dômes étincelants, surmontés de minarets en métal travaillé. De blanches routes, bien unies, d'ombreuses allées d’arbres, des chemins de fleurs amoncelées dont le parfum troublait les sens divisaient chacune de ces cités. De vastes palais, temples de l’art et de la science, y étaient consacrés à l’étude de l’univers, non pas une étude partielle, mais une étude totale. s" '
31 o L’INITIATION C’est ainsi que ces fils du soleil connaissaient à. fond la musique, l’harmonie, l’éloquence, la méca nique, les lois chimiques, astronomiques et géolo giques. En un mot toutes les branches des arts et des sciences étaient connues et enseignées dans ces vastes et magnifiques cités. Le repos et l’exercice consti— tuaient autant de formes du travail ; le travail effectué, c‘était la science mise en pratique. La nourriture con sistait en la simple cueillette de plantes, d’herbes, de fruits rares et précieux, poussant naturellement selon les besoins et aux endroits choisis de ces enfants de la nature. Oh! la béatitude suprême que de vivre dans ce monde enchanté ! d’être un enfant du radieux soleil! Et je pensais qu’à la simple vue de ce glorieux séjour, toute souffrance devait sîévanouir, tout sou venir de souffrance même s’oblitérer à jamais. Avant que s’éteignît la vision, je m’aperçus que, à des millions de milles dans l’espace, au delà de la sur— face du monde solaire, s’étendaient des zones bril lantes, des bandes lumineuses multicolores, formant un arc—en-ciel indécis, une photosphêre d’étincelles agglomérées en nuages de feu, visibles à l’œil de l‘es prit seulement, toutes fourmillant de mondes peuplés par de purs esprits, anges du soleil. Ah ! pauvre de moi, mon œil téméraire se clot, lorsque je rêve de ces célestes régions; mon âme sanglotte, pleine de pensées inouïes, radieuses effluences de l’esprit divin, souvenir de ce monde de merveilles, de ce monde béni de Dieu. La grandiose vision s’évanouit, mais, lorsqu‘eut disparu le glorieux panorama, je connaissais la source
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
18 L'INITIATION vint que le soleil devait être la source de toute la lu mière, de toute la chaleur qui pénètrent le système solaire. _ A peine cette idée fut-elle ébauchée dans mon cer veau, que mon esprit se trouva transporté dans les sphères qu’illumine l’éternelle vérité. Aussitôt, le soleil me fut révélé comme un globe d'or en fusion. Oh ! le merveilleux, le sublime spectacle que ce monde de feérique existence me dévoila! Océans, fleuves, fontaines, lacs, cours d’eau aux ondes grossissantes, scintillantes,miroitant dans la splendeur de feux mul ticolores émanés de la substance intime de ce corps lumineux en fusion; forêts, bocages, collines, val— lées, hautes montagnes, grottes et ravins sans fond, tous, cristallisations de cette vivante lumière, tous, emprisonnant ses rayons prismatiques, nuancés à l’in fini. L’air était transparent, d'une transparence dont notre conception du plus subtil éther ne saurait nous donner une idée. Cependant son étendue étincelait de milliards de créatures brillantes, flottant dans l’es— pace, dansant parmi la houle de ses vagues lumi neuses. De vastes firmaments, pointillés d’innom brables soleils et de systèmes solaires, étendaient sur le tout leur arche de cristal dans laquelle l’immensité semblait s‘être épandue. De ces essaims de mondes resplendissants sourdaient sans cesse des averses de météores traversant l’espace comme des chars de feu. Les mouvements de ces mondes solaires étaient parfaitement visibles. Au lieu de la silencieuse immo
2AU PAYS DES ESPRITS 9 bilité du champ d’étoiles qui constitue le firmament terrestre, c’était la course prodigieuse d’astres rou lant, tournoyant, suivant leurs orbites, gravitant à une vertigineuse vitesse autour d'un centre énorme, invisible. Ébloui, aveuglé par cet incendie céleste, l’œil s’abîmait dans la contemplation éperdue de ces merveilles. Dans les couches inférieures de l’atmo— sphère, voguaient des chars ailés, desvaisseaux aériens, transportant de point en point dans l’espace les bienheureux habitants de ces royaumes solaires. Soutenus par leur seule indomptable volonté, aidée de la parfaite connaissance des lois de la locomotion aérienne, certains de ces êtres même y maintenaient leur équilibre. Flottant, plongeant, remontant, se balançant sur les vagues de l‘air comme de joyeux oiseaux, oh! les gracieuses, les nobles formes d‘être que ces créatures me révélaientl De haute taille, mais élastiques par constitution, la chevelure dorée, les yeux bleus, de stature élancée et majestueuse, la tète énorme et ronde, le visage aimable et placide, tous étaient vêtus de robes blanches comme la neige, azurées, ou couleur de soleil. Leurs cités étaient plantées d’arbres innombrables, de fleursà profusion, avec pour maisons des tours, en spirale aux dômes étincelants, surmontés de minarets en métal travaillé. De blanches routes, bien unies, d'ombreuses allées d’arbres, des chemins de fleurs amoncelées dont le parfum troublait les sens divisaient chacune de ces cités. De vastes palais, temples de l’art et de la science, y étaient consacrés à l’étude de l’univers, non pas une étude partielle, mais une étude totale. s" '
31 o L’INITIATION C’est ainsi que ces fils du soleil connaissaient à. fond la musique, l’harmonie, l’éloquence, la méca nique, les lois chimiques, astronomiques et géolo giques. En un mot toutes les branches des arts et des sciences étaient connues et enseignées dans ces vastes et magnifiques cités. Le repos et l’exercice consti— tuaient autant de formes du travail ; le travail effectué, c‘était la science mise en pratique. La nourriture con sistait en la simple cueillette de plantes, d’herbes, de fruits rares et précieux, poussant naturellement selon les besoins et aux endroits choisis de ces enfants de la nature. Oh! la béatitude suprême que de vivre dans ce monde enchanté ! d’être un enfant du radieux soleil! Et je pensais qu’à la simple vue de ce glorieux séjour, toute souffrance devait sîévanouir, tout sou venir de souffrance même s’oblitérer à jamais. Avant que s’éteignît la vision, je m’aperçus que, à des millions de milles dans l’espace, au delà de la sur— face du monde solaire, s’étendaient des zones bril lantes, des bandes lumineuses multicolores, formant un arc—en-ciel indécis, une photosphêre d’étincelles agglomérées en nuages de feu, visibles à l’œil de l‘es prit seulement, toutes fourmillant de mondes peuplés par de purs esprits, anges du soleil. Ah ! pauvre de moi, mon œil téméraire se clot, lorsque je rêve de ces célestes régions; mon âme sanglotte, pleine de pensées inouïes, radieuses effluences de l’esprit divin, souvenir de ce monde de merveilles, de ce monde béni de Dieu. La grandiose vision s’évanouit, mais, lorsqu‘eut disparu le glorieux panorama, je connaissais la source
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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