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1AU PAYS DES ESPRITS 5 -,.—.._ , wr__.. —- .. âmes yeux. Dans chaque département de l’être, je vis les esprits de la nature. Ma lucidité involontaire me fit pénétrer dans les profondeurs de la terre, mon regard explora des régions immenses, peuplées de formes grotesques, mi-spirituelles, mi-matérielles, offrant quelque ressemblance avec l’animal et avec l’homme, mais tous encore rudimentaires, embryon naires, seulement à demi formées. Je vis le monde des âmes, des terres, des argiles, des métaux. des âmes minérales et végétales. Dans ces royaumes, étaient des êtres de toutes formes, de toutes tailles, de toutes intelligences, tous vivants, tous doués de sens. La flamme de l’intelligence resplendissait par— tout, dans chaque germe d’âme, natures mi-spiri tuelles, vêtues de corps mi-matériels, correspondant à toutes les variétés des règnes, minéral, végétal et animal, avec leur infinie gradation sur l’échelle de l’être. Certains de ces esprits de la nature n’étaient que splendeur et beauté, telsles esprits des pierres pré— cieuses et des métaux; d’autres étaient grossiers et disgracieux, comme les esprits des terres et des ra cines végétales; tous possédaient quelque don spécial correspondant au stade d’êtres qu’ils représentaient. Lorsque j’humectai mes mains et mon visage de l’eau ruisselant des branchages, il me sembla être mis en rapport avec des myriades sans nombre d’es prits des eaux. Dans chaque département de la vie élémentale, je recannus une sorte de représentation caricaturale des naissances, des morts, des parentés, des familles, des groupements, des guerres qui sont l’apanage du genre humain. Plus tard, je n’ai jamais
2'6 L'INITIATION su combien de temps après, je vis de charmantes, ravissantes contrées, peuplées d’êtres charmants, ra vissants, réfléchis dans la splendeur de l’air et s’abri tant parmilesfleurs et les herbes. L’air était diaphane. Je vis d’immenses royaumes remplissant les espaces de notre grossière atmosphère, espaces que pénétrait un nombre surprenant de mondes, formés chacun de vapeurs, de gaz, d’essences aromales, d’éthers infini ment plus subtils, plus sublimés que ceux de notre planète. Dans quelques-uns de ces mondes, les fleurs. les essencesterrestres étaient devenues des émanations spiritueuses, qui se cristallisaient en des fleurs, en des fluides autrement rares et précieux que ceux que peut fournir la terre. Les couches inférieures de ces régions aériennes étaient remplies d’êtres très petits, grotesques parfois, mais généralement très beaux. Certains d’entre eux n’étaient pas plus hauts que les pâquerettes et les boutons d’or de nos campagnes, d’autres étaient de la hauteur des buissons, d’autres encore dominaient le sommet des plus grands arbres des forêts. La plupart exhalaient de suaves parfums, aimaient les fleurs. D’humeur toujours joyeuse, leurs chants, leurs danses, leurs sauts, leurs jeux sans cesse renouvelés dans les rayons de soleil me remplissaient de joie. Maints parmi eux n’avaient qu’une existence éphé mère, passée dans une exubérante extase, courte comme la durée du rayon de soleil dans lequel ils vivaient. D’autres vivaient de longues vies végétales de plusieurs siècles. hantant les bois. les bocages, les forêts, intéressés spécialement à la vie, aux choses .
3AU PAYS DES ESPRITS 7 sylvestres. Je répète que toutes ces tribus d’élémen taux se trouvaient distribuées dans des couches diffé rentes de l’atmosphère, ou bien habitaient différentes parties de la terre, remplissant chacun de ses espaces depuis le centre jusqu’à la circonférence, limite au delà de laquelle commençaient de nouvelles exis tences planétaires. Tous étaient doués d’intelligence, à divers degrés; tous possédaient des dons, des facul— tés particulières, avaient une sorte d’existence, une destination appropriée. Tous m’apparurent tout d’abord, soit comme une étincelle, comme une lance, une langue ou un globe de feu, pâles, vermeils, bleus, violets, avec toutes les nuances des couleurs primaires, et finalement tous revêtirent les formes de pygmées, de géants, de plantes, d'animaux, d’hommes em bryonnaires, selon le grade particulier qu’ils occu paient dans la hiérarchie de l’être, selon la tribu, l’espèce et le règne auxquels ils correspondaient. J’appris maintes et maintes choses sur l’immensité et la variété de la création, qu’il m'est, soit impossible de traduire dans le langage des hommes, soit défendu de révéler. Je compris que LA CHALEUR ÉTAIT LA VIE, LA FLAMME SA SUBSTANCE, ET LA LUMIÈRE SA MANIFESTATION. Je méditai sur les théories opposées des philosophes concernant l’origine de la lumière et dela chaleur. Je sais aujour d’hui, bien que peut—être je ne puisse prouver mon assertion, que la vraie source de la lumière et de la chaleur est dans la aie, dans le mouvement incessant des êtres vivants qui remplissent l’univers. Réminis— cence de l’enseignement traditionnel, la pensée me
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1AU PAYS DES ESPRITS 5 -,.—.._ , wr__.. —- .. âmes yeux. Dans chaque département de l’être, je vis les esprits de la nature. Ma lucidité involontaire me fit pénétrer dans les profondeurs de la terre, mon regard explora des régions immenses, peuplées de formes grotesques, mi-spirituelles, mi-matérielles, offrant quelque ressemblance avec l’animal et avec l’homme, mais tous encore rudimentaires, embryon naires, seulement à demi formées. Je vis le monde des âmes, des terres, des argiles, des métaux. des âmes minérales et végétales. Dans ces royaumes, étaient des êtres de toutes formes, de toutes tailles, de toutes intelligences, tous vivants, tous doués de sens. La flamme de l’intelligence resplendissait par— tout, dans chaque germe d’âme, natures mi-spiri tuelles, vêtues de corps mi-matériels, correspondant à toutes les variétés des règnes, minéral, végétal et animal, avec leur infinie gradation sur l’échelle de l’être. Certains de ces esprits de la nature n’étaient que splendeur et beauté, telsles esprits des pierres pré— cieuses et des métaux; d’autres étaient grossiers et disgracieux, comme les esprits des terres et des ra cines végétales; tous possédaient quelque don spécial correspondant au stade d’êtres qu’ils représentaient. Lorsque j’humectai mes mains et mon visage de l’eau ruisselant des branchages, il me sembla être mis en rapport avec des myriades sans nombre d’es prits des eaux. Dans chaque département de la vie élémentale, je recannus une sorte de représentation caricaturale des naissances, des morts, des parentés, des familles, des groupements, des guerres qui sont l’apanage du genre humain. Plus tard, je n’ai jamais
2'6 L'INITIATION su combien de temps après, je vis de charmantes, ravissantes contrées, peuplées d’êtres charmants, ra vissants, réfléchis dans la splendeur de l’air et s’abri tant parmilesfleurs et les herbes. L’air était diaphane. Je vis d’immenses royaumes remplissant les espaces de notre grossière atmosphère, espaces que pénétrait un nombre surprenant de mondes, formés chacun de vapeurs, de gaz, d’essences aromales, d’éthers infini ment plus subtils, plus sublimés que ceux de notre planète. Dans quelques-uns de ces mondes, les fleurs. les essencesterrestres étaient devenues des émanations spiritueuses, qui se cristallisaient en des fleurs, en des fluides autrement rares et précieux que ceux que peut fournir la terre. Les couches inférieures de ces régions aériennes étaient remplies d’êtres très petits, grotesques parfois, mais généralement très beaux. Certains d’entre eux n’étaient pas plus hauts que les pâquerettes et les boutons d’or de nos campagnes, d’autres étaient de la hauteur des buissons, d’autres encore dominaient le sommet des plus grands arbres des forêts. La plupart exhalaient de suaves parfums, aimaient les fleurs. D’humeur toujours joyeuse, leurs chants, leurs danses, leurs sauts, leurs jeux sans cesse renouvelés dans les rayons de soleil me remplissaient de joie. Maints parmi eux n’avaient qu’une existence éphé mère, passée dans une exubérante extase, courte comme la durée du rayon de soleil dans lequel ils vivaient. D’autres vivaient de longues vies végétales de plusieurs siècles. hantant les bois. les bocages, les forêts, intéressés spécialement à la vie, aux choses .
3AU PAYS DES ESPRITS 7 sylvestres. Je répète que toutes ces tribus d’élémen taux se trouvaient distribuées dans des couches diffé rentes de l’atmosphère, ou bien habitaient différentes parties de la terre, remplissant chacun de ses espaces depuis le centre jusqu’à la circonférence, limite au delà de laquelle commençaient de nouvelles exis tences planétaires. Tous étaient doués d’intelligence, à divers degrés; tous possédaient des dons, des facul— tés particulières, avaient une sorte d’existence, une destination appropriée. Tous m’apparurent tout d’abord, soit comme une étincelle, comme une lance, une langue ou un globe de feu, pâles, vermeils, bleus, violets, avec toutes les nuances des couleurs primaires, et finalement tous revêtirent les formes de pygmées, de géants, de plantes, d'animaux, d’hommes em bryonnaires, selon le grade particulier qu’ils occu paient dans la hiérarchie de l’être, selon la tribu, l’espèce et le règne auxquels ils correspondaient. J’appris maintes et maintes choses sur l’immensité et la variété de la création, qu’il m'est, soit impossible de traduire dans le langage des hommes, soit défendu de révéler. Je compris que LA CHALEUR ÉTAIT LA VIE, LA FLAMME SA SUBSTANCE, ET LA LUMIÈRE SA MANIFESTATION. Je méditai sur les théories opposées des philosophes concernant l’origine de la lumière et dela chaleur. Je sais aujour d’hui, bien que peut—être je ne puisse prouver mon assertion, que la vraie source de la lumière et de la chaleur est dans la aie, dans le mouvement incessant des êtres vivants qui remplissent l’univers. Réminis— cence de l’enseignement traditionnel, la pensée me
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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