Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1106 L‘INITIATION s‘aficrmit comme un partisan des initiations indivi duelles. Chaque membre de l’ordre est choisi et ins truit avec le plus grand soin et individuellement. Sa diffusion initiatique est aussi plus lente, mais plus sûre. Enfin les formes maçonniques qui plaisent tant à Willermoz répugnent à Saint-Martin. Mais ces dissentiments seront toujours de surface et l’inaltérable amitié des deux grands initiés de Mar— tines planera sans cesse bien au—dessus de ces bou tades et de ces querelles passagères dans lesquelles Saint—Martin se donne toujours tous les torts pour ne pas froisser,son cher ami. A ce moment, la vie mondaine du jeune philosophe a commencé; c’est—à-dîre qu'il a décidé de se donner à son apostolat dans le grand monde parisien. Les dehors légers cachent, au contraire, la poursuite d’un but bien défini et qui a échappé à l‘œil, pourtant si perspicace, des critiques. Nous aurons l’occasion de parler de ces relations sur lesquelles M. Matter donne, du reste, d’abondants détails. PAPUS.
2La. vie mÿs’cique expérimentale Le sujet de cet article est,on le voit de prime abord, d’une vastitude déconcertante; les éléments mêmes en sont beaucoup trop compliqués pour ma compé tence;je ne me propose donc, en ces quelques pages, que d’indiquer. la direction générale du chemin qui conduit au Royaume intérieur. Donnons d’abord une définition de ce mot de mys— tique qui a reçu tant d‘acceptions si différentes et parfois même opposées. J’entendrai, sans vouloir décréter que telle est l’unique et absolue signification de ce terme, par vie mystique, le mode d’existence que tend à embrasser un homme dont l’âme a reconnu la divi nité de Notre-Seigneur Jésus—Christ et s’est proposé d’en réaliser l’image dans ses actes, ses sentiments et ses pensées. Tel est le premier terme de cette série d’unifications par lesquelles s’opère toute ascèse in terne. Le second terme est le choix de la méthode de cul ture : elle sera sentimentale par opposition à la voie cérébrale; le troisième terme d’unification est l’acqui sition d'une vertu synthétique par opposition à une science synthétique. Cette vertu, fondement de la vie intérieure, est l’humilité. D’elle découlent la confiance en Dieu ou l’abandon à sa volonté, la patience, la ré— ‘-‘;;‘,...—s——.‘ ‘.- ._.4 .MAM\_-..._.NL_L .,x. .___L.LL__ _ _, ..ty,
3108 L’INITIATION ._‘..—p_>'-,Mv «. _’ ‘-xF . .4.. ......l...t_.. .4.._ _ 4.. J a...» —---a L. .c..;-.,.y_—_n. ‘ ._a ..... .. ...._ signation, la ténacité, et enfin la charité. La mystique, ' telle que nous la comprenons, ne nécessite pas une vie spéciale; tout homme, ouvrier, commerçant ou artiste, peut la réaliser ou au moins essayer de le faire. Il y a même pour le véritable disciple de l’Évangile une sorte d’orgueil ou de paresse à s’élire un genre de vie spécial sous prétexte de dispositions particulières pour la vie contemplative. il faut arriver à nous voir tels que nous summes, les serviteurs des autres; à nous placer sincèrement les derniers en tous lieux, à nous interdire, sans croire faire un acte de tolérance supérieure, tout jugement sur autrui. Nous savons si peu de choses sur nous-mêmes qu’il est présomptueux ou bien puéril de vouloir diagnostiquer la psychologie de notre frère, non seulement la sienne, mais encore celle de son milieu et les mouvements de l'Invisible qui l'entoure, le suggestionne et le pousse à accomplir telle action. Dans ces conditions, pourquoi suppose rions—nous que vendre des pommes de terre, ou faire des additions soient des actes indignés de nous, trop mesquins pour nos capacités; s‘ils l’étaient vraiment, nous ne ferions jamais d’erreurs d’additions ou de mauvaises spéculations. Le Ciel nous a fait naître dans telle famille, dans telle ville, dans telle condition so ciale; essayons donc de remplir ces petits devoirs pro sai‘ques, terre à terre, de l’enfant, du conscrit, de l’ou vrier, du mari. La Nature sait beaucoup plus que nous ; une cellule de notre doigt s’est-elle jamais révol tée contre nous—même? De quel droit refuserions-nous d’accomplir ce que le milieu, les circonstances, autrui nous réclament? Voilà le premier pas : accorder ce
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1106 L‘INITIATION s‘aficrmit comme un partisan des initiations indivi duelles. Chaque membre de l’ordre est choisi et ins truit avec le plus grand soin et individuellement. Sa diffusion initiatique est aussi plus lente, mais plus sûre. Enfin les formes maçonniques qui plaisent tant à Willermoz répugnent à Saint-Martin. Mais ces dissentiments seront toujours de surface et l’inaltérable amitié des deux grands initiés de Mar— tines planera sans cesse bien au—dessus de ces bou tades et de ces querelles passagères dans lesquelles Saint—Martin se donne toujours tous les torts pour ne pas froisser,son cher ami. A ce moment, la vie mondaine du jeune philosophe a commencé; c’est—à-dîre qu'il a décidé de se donner à son apostolat dans le grand monde parisien. Les dehors légers cachent, au contraire, la poursuite d’un but bien défini et qui a échappé à l‘œil, pourtant si perspicace, des critiques. Nous aurons l’occasion de parler de ces relations sur lesquelles M. Matter donne, du reste, d’abondants détails. PAPUS.
2La. vie mÿs’cique expérimentale Le sujet de cet article est,on le voit de prime abord, d’une vastitude déconcertante; les éléments mêmes en sont beaucoup trop compliqués pour ma compé tence;je ne me propose donc, en ces quelques pages, que d’indiquer. la direction générale du chemin qui conduit au Royaume intérieur. Donnons d’abord une définition de ce mot de mys— tique qui a reçu tant d‘acceptions si différentes et parfois même opposées. J’entendrai, sans vouloir décréter que telle est l’unique et absolue signification de ce terme, par vie mystique, le mode d’existence que tend à embrasser un homme dont l’âme a reconnu la divi nité de Notre-Seigneur Jésus—Christ et s’est proposé d’en réaliser l’image dans ses actes, ses sentiments et ses pensées. Tel est le premier terme de cette série d’unifications par lesquelles s’opère toute ascèse in terne. Le second terme est le choix de la méthode de cul ture : elle sera sentimentale par opposition à la voie cérébrale; le troisième terme d’unification est l’acqui sition d'une vertu synthétique par opposition à une science synthétique. Cette vertu, fondement de la vie intérieure, est l’humilité. D’elle découlent la confiance en Dieu ou l’abandon à sa volonté, la patience, la ré— ‘-‘;;‘,...—s——.‘ ‘.- ._.4 .MAM\_-..._.NL_L .,x. .___L.LL__ _ _, ..ty,
3108 L’INITIATION ._‘..—p_>'-,Mv «. _’ ‘-xF . .4.. ......l...t_.. .4.._ _ 4.. J a...» —---a L. .c..;-.,.y_—_n. ‘ ._a ..... .. ...._ signation, la ténacité, et enfin la charité. La mystique, ' telle que nous la comprenons, ne nécessite pas une vie spéciale; tout homme, ouvrier, commerçant ou artiste, peut la réaliser ou au moins essayer de le faire. Il y a même pour le véritable disciple de l’Évangile une sorte d’orgueil ou de paresse à s’élire un genre de vie spécial sous prétexte de dispositions particulières pour la vie contemplative. il faut arriver à nous voir tels que nous summes, les serviteurs des autres; à nous placer sincèrement les derniers en tous lieux, à nous interdire, sans croire faire un acte de tolérance supérieure, tout jugement sur autrui. Nous savons si peu de choses sur nous-mêmes qu’il est présomptueux ou bien puéril de vouloir diagnostiquer la psychologie de notre frère, non seulement la sienne, mais encore celle de son milieu et les mouvements de l'Invisible qui l'entoure, le suggestionne et le pousse à accomplir telle action. Dans ces conditions, pourquoi suppose rions—nous que vendre des pommes de terre, ou faire des additions soient des actes indignés de nous, trop mesquins pour nos capacités; s‘ils l’étaient vraiment, nous ne ferions jamais d’erreurs d’additions ou de mauvaises spéculations. Le Ciel nous a fait naître dans telle famille, dans telle ville, dans telle condition so ciale; essayons donc de remplir ces petits devoirs pro sai‘ques, terre à terre, de l’enfant, du conscrit, de l’ou vrier, du mari. La Nature sait beaucoup plus que nous ; une cellule de notre doigt s’est-elle jamais révol tée contre nous—même? De quel droit refuserions-nous d’accomplir ce que le milieu, les circonstances, autrui nous réclament? Voilà le premier pas : accorder ce
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.