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1I 00 L’INITIATION s’identifie avec le Phil... Inc... pour la première fois, De tous les documents que nous possédons et de la lecture même des lettres de Saint-Martin à Willermoz, il ressort bien certainement que l’exercice de la Magie cérémonielle constituait la voie employée par Mar tines pour amener ses disciples à l’illuminisme. Les critiques s’efforcent en vain de chercher par quels arguments philosophiques le maître amena le jeune lieutenant à ses idées. Il n’y a pas de discus— sions métaphysiques dans ce cas, il n’y a que des faits. Après avoir tracé ses cercles, établi les noms sacrés, disposé les luminaires et placé les récipiendaires, Mar tines prononcait les invocations et les conjurations et alors apparaissait une foule d’êtres jusqu’alors invi sibles formant ce qu’on appelle des .Matérz'alz'sati0ns dans la langue des spirites contemporains. Mais il n’y avait pas de médium endormi et la Magie était seule mise en œuvre. L’effort des disciples portait ensuite sur l’obtention de pareils phénomènes sans l’a5sis tance du maître. Où M. Matter a vu juste, c’est quand il déduit, des phrases de Saint—Martin, son peu de goût pour la Magie; mais il faut ajouter que la Théurgie, synthé tisée dans la Prière, la Méditation et l’exercice de la Charité, eut tous ses suffrages. N’anticipons pas, rete nons seulement ce fait que Martines est surtout un Mage et que Saint—Martin deviendra un Théurge. Dès maintenant il est avéré, tant par les lettres de Martines (août et octobre I768) que par celles de Saint—Martin (avril 1771), que ce dernier a passé par toute la filière des grades dela Société-mèreetqu'après —- . ..,- .......c.rr,q
2LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN IOI avoir reçu, en une fois, les trois grades symboliques: apprenti, compagnon, maître, il a reçu, aussi en une fois et par M. de Balzac, les trois grades d’élu et de cohen et qu’il en est là quand il arrive à Bordeaux le 2 octobre I768. Les déductions de M. Mattter (p. 72, chap. vr) sont donc erronées sur ce point. De 1768 à 1771 Saint—Martin travaille à Bordeaux et il sert de secrétaire à Martines. C’est pendant ce temps qu’il est mis au courant des minutieux détails de la pratique. C’est cette fonction de secrétaire qui lui permet d‘entrer en correspondance avec Willer— moz, chef de la Loge des Cohens à Lyon et dont nous avons déjà parlé antérieurement dans nos deux études précédentes. Occupons-nous donc surtout de Saint Martin. Les lettres du 4 mars 1771 et du 25 mars ont trait à des détails de pratique. — Signalons toutefois dans la dernière lettre la belle pensée suivante : « C’est beaucoup avancer que de souffrir. Il n’est point de tribulations dont la justice ne nous tienne compte, si nous sommes assez fermes pour percer jusqu’à ce germe de bien qu’elles enveloppent toutes. » Les lettres du 5 et 20 mai 1771 annoncent un voyage de Martines à Paris, celle du 24 mai annonce son retour. Saint—Martin est toujours à Bordeaux oc cupé à copier des cahiers et des rituels. -— Notons, en passant, que l’initiation chez les Martinésistes est indi— viduelle et faite en la seule présence de l’initié et de l’initiateur. Le nouveau frère est seulement présenté à la séance de loge, après son initiation. âz’tîx‘k
3102 L’INITIATION C’est en cette année 1771 que, d‘après M. Matter (p. 33), Saint-Martin quitte le régiment pour se livrer à sa vie mi—contemplative, mi—active par rapport à la propagande des grandes vérités’. Notre ex-lieutenant avait alors vingt-huit ans. M. Matter se demande si le philosophe en quittant l’armée n’alla pas soit à Amboise, à Lyon ou à Paris (p. 34). Les lettres que nous publions répondent qu’il resta tout simplement à Bordeaux dont il ne partira que deux ans après. en mai 1773. — Toutes les dé ductions de M. .Matter sont donc encore erronées sur ce point. La lettre du 8 juin 1771 confirme la naissance du fils de Martines et les bonnes relations de ce dernier avec le prince de Rohan, alors archevêque de Bor deaux. Soulignons simplement l’apparition du futur cardinal, héros du procès du Collier. Toutes les autres lettres jusqu’à celle de janvier 1772 ont trait à la pra tique ou à des frères dont nous reparlerons plus tard. Celle du 13 mai 1773 nous arrêtera un instant, car elle nous annonce que Saint-Martin a quitté Bordeaux, pour la première fois sans doute depuis 1768, et qu’il est à Tours. Citons-en cette belle pensée : « Ce n’est point sur nos succès que nous devons « nous mesurer; c’est sur l’état de paix de confiance, « d’humilité et de courage Où nous nous trouvons; « le reste est entre les mains de celui qui nous conduit, « et si nous pouvions ne jamais oublier qu’il ne nous « doit rien, la patience nous soutiendrait toujours et « fermerait la bouche aux murmures. » Cette lettre est la première signée R. 1— (Rose:
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1I 00 L’INITIATION s’identifie avec le Phil... Inc... pour la première fois, De tous les documents que nous possédons et de la lecture même des lettres de Saint-Martin à Willermoz, il ressort bien certainement que l’exercice de la Magie cérémonielle constituait la voie employée par Mar tines pour amener ses disciples à l’illuminisme. Les critiques s’efforcent en vain de chercher par quels arguments philosophiques le maître amena le jeune lieutenant à ses idées. Il n’y a pas de discus— sions métaphysiques dans ce cas, il n’y a que des faits. Après avoir tracé ses cercles, établi les noms sacrés, disposé les luminaires et placé les récipiendaires, Mar tines prononcait les invocations et les conjurations et alors apparaissait une foule d’êtres jusqu’alors invi sibles formant ce qu’on appelle des .Matérz'alz'sati0ns dans la langue des spirites contemporains. Mais il n’y avait pas de médium endormi et la Magie était seule mise en œuvre. L’effort des disciples portait ensuite sur l’obtention de pareils phénomènes sans l’a5sis tance du maître. Où M. Matter a vu juste, c’est quand il déduit, des phrases de Saint—Martin, son peu de goût pour la Magie; mais il faut ajouter que la Théurgie, synthé tisée dans la Prière, la Méditation et l’exercice de la Charité, eut tous ses suffrages. N’anticipons pas, rete nons seulement ce fait que Martines est surtout un Mage et que Saint—Martin deviendra un Théurge. Dès maintenant il est avéré, tant par les lettres de Martines (août et octobre I768) que par celles de Saint—Martin (avril 1771), que ce dernier a passé par toute la filière des grades dela Société-mèreetqu'après —- . ..,- .......c.rr,q
2LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN IOI avoir reçu, en une fois, les trois grades symboliques: apprenti, compagnon, maître, il a reçu, aussi en une fois et par M. de Balzac, les trois grades d’élu et de cohen et qu’il en est là quand il arrive à Bordeaux le 2 octobre I768. Les déductions de M. Mattter (p. 72, chap. vr) sont donc erronées sur ce point. De 1768 à 1771 Saint—Martin travaille à Bordeaux et il sert de secrétaire à Martines. C’est pendant ce temps qu’il est mis au courant des minutieux détails de la pratique. C’est cette fonction de secrétaire qui lui permet d‘entrer en correspondance avec Willer— moz, chef de la Loge des Cohens à Lyon et dont nous avons déjà parlé antérieurement dans nos deux études précédentes. Occupons-nous donc surtout de Saint Martin. Les lettres du 4 mars 1771 et du 25 mars ont trait à des détails de pratique. — Signalons toutefois dans la dernière lettre la belle pensée suivante : « C’est beaucoup avancer que de souffrir. Il n’est point de tribulations dont la justice ne nous tienne compte, si nous sommes assez fermes pour percer jusqu’à ce germe de bien qu’elles enveloppent toutes. » Les lettres du 5 et 20 mai 1771 annoncent un voyage de Martines à Paris, celle du 24 mai annonce son retour. Saint—Martin est toujours à Bordeaux oc cupé à copier des cahiers et des rituels. -— Notons, en passant, que l’initiation chez les Martinésistes est indi— viduelle et faite en la seule présence de l’initié et de l’initiateur. Le nouveau frère est seulement présenté à la séance de loge, après son initiation. âz’tîx‘k
3102 L’INITIATION C’est en cette année 1771 que, d‘après M. Matter (p. 33), Saint-Martin quitte le régiment pour se livrer à sa vie mi—contemplative, mi—active par rapport à la propagande des grandes vérités’. Notre ex-lieutenant avait alors vingt-huit ans. M. Matter se demande si le philosophe en quittant l’armée n’alla pas soit à Amboise, à Lyon ou à Paris (p. 34). Les lettres que nous publions répondent qu’il resta tout simplement à Bordeaux dont il ne partira que deux ans après. en mai 1773. — Toutes les dé ductions de M. .Matter sont donc encore erronées sur ce point. La lettre du 8 juin 1771 confirme la naissance du fils de Martines et les bonnes relations de ce dernier avec le prince de Rohan, alors archevêque de Bor deaux. Soulignons simplement l’apparition du futur cardinal, héros du procès du Collier. Toutes les autres lettres jusqu’à celle de janvier 1772 ont trait à la pra tique ou à des frères dont nous reparlerons plus tard. Celle du 13 mai 1773 nous arrêtera un instant, car elle nous annonce que Saint-Martin a quitté Bordeaux, pour la première fois sans doute depuis 1768, et qu’il est à Tours. Citons-en cette belle pensée : « Ce n’est point sur nos succès que nous devons « nous mesurer; c’est sur l’état de paix de confiance, « d’humilité et de courage Où nous nous trouvons; « le reste est entre les mains de celui qui nous conduit, « et si nous pouvions ne jamais oublier qu’il ne nous « doit rien, la patience nous soutiendrait toujours et « fermerait la bouche aux murmures. » Cette lettre est la première signée R. 1— (Rose:
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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