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1LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 1,03 Croix).Saint—Martin a été initié à ce grade le I7 avril 1772 et nous allons reproduire la lettre de Martines qui annonce ce fait, lettre dont nous avons donné une photographie p. 47 de notre étude sur Martines. Ce 17 avril 1772. « Je vous fais part de l’acquisition que nous avons faite dans nos CES vertueux de Bordeaux -l- {- -j-. «Après avoir passé et repassé nos émules de Saint— Martin et de Sères par notre scrutin ordinaire et ex1raordinaire en conséquence des ordres qui nous ont été donnés, les avons reçus et ordonnés RR. -l— -l en cette... considération invitons, sous peine de pré varication, de reconnaître nos susdits émules pour tels qu’ils ont été proclamés dans le cercle, assurant que foi doit être ajoutée en tout ce qu’ils proférer9nt pour ou contre l’avantage de l’ordre et de ses émules. Par cet efiet leur avons délivré quatre chartes pour en faire l’usage qu’il conviendra selon leurs obliga tions à quoy ils persistent. En cette considération, avons mis nos caractères ordinaires. » (Suivent les caractères secrets.) Le 16 août I773, Saint-Martin accepte d’aller à Lyon, maintenant qu’il a rendu ses devoirs à son père. Il écrit encore le 30 août pour annoncer son arrivée pour le 10 septembre I773. C’estlà qu’il fait la connaissance de J .-B. Willermoz avec qui il cor— respondait depuis deux ans. Il a trente ans.
2104 L’INITIATION RENCONTRE AVEC VVILLERMOZ. -- LYON A l’encontre de M. Matter, je ne pense pas que Saint-Martin ait encore de grandes relations mon daines. A part les frères de l’école avec qui il est en correspondance, comme de iGrainville (qu’il estime particulièrement), de Balzac, d’Hauterive, l’abbé Fournier, \Villermoz, son cercle d’amis mon dains est encore très étroit. Ce n’est qu’après son voyage en Italie et après l’apparition du premier vo— lume qu’il s’étendra. Le séjour de Saint—Martin à Lyon dure à peu près un an. C’est à ce moment qu’il se livre à des recher ches hermétiques; mais sans aborder les problèmes du mesmérisme, ce qu'il ne fera que bien plus tard. En octobre 1774, il fait, en compagnie du frère de W'illermoz, un médecin, un voyage en Italie. Le 2 octobre 1774, il écrit de Gênes où il est arrivé après un voyage par mer depuis Nice. SAlNT' MARTIN CONSTITUE SA PERSONNALITÉ SON VOYAGE EN ITALIE Les souvenirs relatés dans le Portraz'thz’storigue ont dû être infidèles, car ce voyage est annoncé comme ayant été fait en I775, alors que les lettres permettent de rétablir la vraie date. La cause du voyage nous apparaît aussi très claire, C’est l’accompagnement du frère de \Villermoz. Ce dernier tombe malade à
3LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 105 ‘..—,. Ë! Cône d’où partent deux lettres le r 1 et le 21 octobre; mais il se rétablit ‘vitéet on revient vers Lyon. Je pense qu’il y a peu de propagande occulte à chercher dans ce voyage. Notons seulement un avertissement en rêve, raconté dans la lettre du 21 octobre. La grande occupation de Saint-Martin à ce moment est la préparation de son premier recueil ; composé avec les enseignements donnés par l’Agent inconnu qu’il a dû entendre pendant son séjour avec Martines et qui reviendra plus tard au milieu des frères de Lyon. C’est en effet en 1775 que paraît le livre Des Erreurs et de la Vérité, et l’auteur fait les plus grands efforts pour rester une simple incarnation du « Philosophe Inconnu » de l’École. Ce livre fait une profonde impression dès son appa rition, et nous trouvons Saint—Martin revenu à Paris le 30 juillet 1775. Son séjour à Lyon (y compris ce court voyage d’italie) a duré presque deux ans, qu’il a sans doute consacré à réunir les notes pour son volume, et à se perfectionner dans la méditation et la pratique. Les divergences d’idées commencent à ce moment à se manifester avec Willermoz. Insistons un peu sur ce point. \Villermoz, officier de presque tous les rites ma çonniques, habitué aux loges et aux réunions, est, avant tout, un réalisateur. Pour lui la diffusion pro gressive du Rite des Élus Cohens doit marcher de pair avec celle des autres rites. Aussi recherche—t-il particulièrement le travail collectif. Saint—Martin, au contraire, plus il médite, plus il
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 1,03 Croix).Saint—Martin a été initié à ce grade le I7 avril 1772 et nous allons reproduire la lettre de Martines qui annonce ce fait, lettre dont nous avons donné une photographie p. 47 de notre étude sur Martines. Ce 17 avril 1772. « Je vous fais part de l’acquisition que nous avons faite dans nos CES vertueux de Bordeaux -l- {- -j-. «Après avoir passé et repassé nos émules de Saint— Martin et de Sères par notre scrutin ordinaire et ex1raordinaire en conséquence des ordres qui nous ont été donnés, les avons reçus et ordonnés RR. -l— -l en cette... considération invitons, sous peine de pré varication, de reconnaître nos susdits émules pour tels qu’ils ont été proclamés dans le cercle, assurant que foi doit être ajoutée en tout ce qu’ils proférer9nt pour ou contre l’avantage de l’ordre et de ses émules. Par cet efiet leur avons délivré quatre chartes pour en faire l’usage qu’il conviendra selon leurs obliga tions à quoy ils persistent. En cette considération, avons mis nos caractères ordinaires. » (Suivent les caractères secrets.) Le 16 août I773, Saint-Martin accepte d’aller à Lyon, maintenant qu’il a rendu ses devoirs à son père. Il écrit encore le 30 août pour annoncer son arrivée pour le 10 septembre I773. C’estlà qu’il fait la connaissance de J .-B. Willermoz avec qui il cor— respondait depuis deux ans. Il a trente ans.
2104 L’INITIATION RENCONTRE AVEC VVILLERMOZ. -- LYON A l’encontre de M. Matter, je ne pense pas que Saint-Martin ait encore de grandes relations mon daines. A part les frères de l’école avec qui il est en correspondance, comme de iGrainville (qu’il estime particulièrement), de Balzac, d’Hauterive, l’abbé Fournier, \Villermoz, son cercle d’amis mon dains est encore très étroit. Ce n’est qu’après son voyage en Italie et après l’apparition du premier vo— lume qu’il s’étendra. Le séjour de Saint—Martin à Lyon dure à peu près un an. C’est à ce moment qu’il se livre à des recher ches hermétiques; mais sans aborder les problèmes du mesmérisme, ce qu'il ne fera que bien plus tard. En octobre 1774, il fait, en compagnie du frère de W'illermoz, un médecin, un voyage en Italie. Le 2 octobre 1774, il écrit de Gênes où il est arrivé après un voyage par mer depuis Nice. SAlNT' MARTIN CONSTITUE SA PERSONNALITÉ SON VOYAGE EN ITALIE Les souvenirs relatés dans le Portraz'thz’storigue ont dû être infidèles, car ce voyage est annoncé comme ayant été fait en I775, alors que les lettres permettent de rétablir la vraie date. La cause du voyage nous apparaît aussi très claire, C’est l’accompagnement du frère de \Villermoz. Ce dernier tombe malade à
3LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 105 ‘..—,. Ë! Cône d’où partent deux lettres le r 1 et le 21 octobre; mais il se rétablit ‘vitéet on revient vers Lyon. Je pense qu’il y a peu de propagande occulte à chercher dans ce voyage. Notons seulement un avertissement en rêve, raconté dans la lettre du 21 octobre. La grande occupation de Saint-Martin à ce moment est la préparation de son premier recueil ; composé avec les enseignements donnés par l’Agent inconnu qu’il a dû entendre pendant son séjour avec Martines et qui reviendra plus tard au milieu des frères de Lyon. C’est en effet en 1775 que paraît le livre Des Erreurs et de la Vérité, et l’auteur fait les plus grands efforts pour rester une simple incarnation du « Philosophe Inconnu » de l’École. Ce livre fait une profonde impression dès son appa rition, et nous trouvons Saint—Martin revenu à Paris le 30 juillet 1775. Son séjour à Lyon (y compris ce court voyage d’italie) a duré presque deux ans, qu’il a sans doute consacré à réunir les notes pour son volume, et à se perfectionner dans la méditation et la pratique. Les divergences d’idées commencent à ce moment à se manifester avec Willermoz. Insistons un peu sur ce point. \Villermoz, officier de presque tous les rites ma çonniques, habitué aux loges et aux réunions, est, avant tout, un réalisateur. Pour lui la diffusion pro gressive du Rite des Élus Cohens doit marcher de pair avec celle des autres rites. Aussi recherche—t-il particulièrement le travail collectif. Saint—Martin, au contraire, plus il médite, plus il
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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