Fetching
One moment.
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1Ou la Trinité est en Mouvement] la Puissance passe à l’Acte, pour employer la terminologie d’Aristote, et nous assistons à ce mouvement ; telle est la Trinité : Naissance, Vie et Mort (ou plus généralement Être, Non-Être et Devenir). Dans ce cas, le troisième terme est passif, en ce sens qu’il n’arrête pas le mouvement des deux autres. ■ Ou nous nous trouvons à l’époque où le Mouvement est consommé ; la Puissance est devenue Y Acte qui ap paraît principalement sinon seul. Ex., la Trinité: Acide, Base et sel. Alors le troisième terme est actif, en ce sens qu’il vit pour lui-même, et de la vie çri’îl a reçue des deux autres devenus virtuels. Le troisième aspect, celui du simple équilibre, se présente quand le troisième terme neutralise les deux autres sans les rassembler ; par exemple, dans la Tri nité mécanique : puissance, résistance et résultante. Dans ce cas, c’est le troisième terme qui est virtuel, en même temps que neutre (2). (1) Plus exactement, il faudrait dire que la Trinité inerte ne représente qu’un moment du mouvement universel, moment qui nous paraît définitif à cause de la petitesse de nos concep tions finies; mais il serait inutile pour notre sujet de creuser la question jusqu’à ce point. (2) La Trinité la plus remarquable en ce genre est celle in dienne: Créateur, destructeur, conservateur. Elle montre com ment le mouvement devient stérile, en se détruisant soi-même comme dans l’aimant.
2Aussi, considérant le monde créé sous cet aspect, les indous sont-ils fort logiques en le proclamant une pure illusion dont il faut sortir pour rentrer dans le Nirl’instruction intégrale io5 La Trinité de la famille : père, mère, enfant, peut fournir seule un exemple de ces trois aspects qui cor respondent aux trois moments, d’avant, pendant ou après l’union des contraires. Avant sa naissance, l’enfant attendu rapproche les deux parents: la Trinité est alors vivante; nous assis tons au mouvement. —Quand il est né, il absorbe en lui l’essence de ses parents (considérés seulement comme tels) ; ils sont virtuels par rapport à lui qui existe par eux ; c’est le temps d’après le mouvement, la Trinité inerte. — Si enfin nous considérons des parents retenus par la loi de Malthus, par égard pour un enfant existant déjà ou non, nous nous trouvons en présence d’une Trinité d’équilibre, inerte, en poten tialité; c’est le temps d’avant le mouvement. * 4 * On remarquera que la Trinité ainsi définie est d’une unité complète; elle permet d’apercevoir cepen dant la multiplicité dans l’unité aussi bien que l’unité dans la multiplicité; elle peut donc nous fournir cette clef d’une synthèse réelle que nous cherchons pour notre sujet spécial. Mais devons-nous préférer quel qu’un de ces trois aspects, et lequel ? Cette question est primée par une autre encore : Il vana, l’anéantissement des contraires qui ne peuvent s’harmo niser. A l’inverse, la Trinité chrétienne, essentiellement vivante, montrant le passage incessant et réel du néant à l’être (à travers les cycles partiels de la Vie, qui sont comme les moments instantanés, les différentielles de l’intégrale totale) devait faire naître la Foi en l’évolution, dans le Progrès indé fini, à travers le travail humain.
3l’initiation ïo6 faut nous assurer si cette clef peut s’appliquer à toutes nos connaissances ; il faut nous convaincre de la pos sibilité de les rassembler sous la forme trinitaire. L’axiome courant, qu’il n’y a pas d’effet sans cause, nous garantit cette possibilité, car, sur toute chose, nous pouvons toujours imaginer, sinon découvrir la Trinité composée de cette chose (pris comme effet), de sa cause et du passage de l’une à l’autre. La re cherche de cette Trinité est précisément le but cons tant que poursuit notre science moderne en remontant le cours des causes qu’elle voit se resserrer à mesure quelle approche de la source première. Cette longue série peut se partager idéalement en une suite de Trinités d’êtres qui vont se multipliant à travers une foule de branches, comme la longue descendance d’un père unique. Nous apercevons par là, non seulement la^possï- ■bilité d’une répartition trinitaire des objets de nos connaissances, mais avec elle deux conséquences fort utiles pour nous : La première est la loi & analogie, qui doit courir à travers toute la nature aperçue sous cet aspect d’Untïe. La seconde est la nécessité d’une Unité primordiale, d’une cause première, indépendante, absolue. Les savants les plus positivistes peuvent se croire obligés d’en abandonner la recherche, mais ils ne peuvent se reiuser à l’admettre comme une nécessité de l’exis tence même de toute science (i ). (i) Voir notamment : Spencer, les Premiers Principes, et Taine.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Ou la Trinité est en Mouvement] la Puissance passe à l’Acte, pour employer la terminologie d’Aristote, et nous assistons à ce mouvement ; telle est la Trinité : Naissance, Vie et Mort (ou plus généralement Être, Non-Être et Devenir). Dans ce cas, le troisième terme est passif, en ce sens qu’il n’arrête pas le mouvement des deux autres. ■ Ou nous nous trouvons à l’époque où le Mouvement est consommé ; la Puissance est devenue Y Acte qui ap paraît principalement sinon seul. Ex., la Trinité: Acide, Base et sel. Alors le troisième terme est actif, en ce sens qu’il vit pour lui-même, et de la vie çri’îl a reçue des deux autres devenus virtuels. Le troisième aspect, celui du simple équilibre, se présente quand le troisième terme neutralise les deux autres sans les rassembler ; par exemple, dans la Tri nité mécanique : puissance, résistance et résultante. Dans ce cas, c’est le troisième terme qui est virtuel, en même temps que neutre (2). (1) Plus exactement, il faudrait dire que la Trinité inerte ne représente qu’un moment du mouvement universel, moment qui nous paraît définitif à cause de la petitesse de nos concep tions finies; mais il serait inutile pour notre sujet de creuser la question jusqu’à ce point. (2) La Trinité la plus remarquable en ce genre est celle in dienne: Créateur, destructeur, conservateur. Elle montre com ment le mouvement devient stérile, en se détruisant soi-même comme dans l’aimant.
2Aussi, considérant le monde créé sous cet aspect, les indous sont-ils fort logiques en le proclamant une pure illusion dont il faut sortir pour rentrer dans le Nirl’instruction intégrale io5 La Trinité de la famille : père, mère, enfant, peut fournir seule un exemple de ces trois aspects qui cor respondent aux trois moments, d’avant, pendant ou après l’union des contraires. Avant sa naissance, l’enfant attendu rapproche les deux parents: la Trinité est alors vivante; nous assis tons au mouvement. —Quand il est né, il absorbe en lui l’essence de ses parents (considérés seulement comme tels) ; ils sont virtuels par rapport à lui qui existe par eux ; c’est le temps d’après le mouvement, la Trinité inerte. — Si enfin nous considérons des parents retenus par la loi de Malthus, par égard pour un enfant existant déjà ou non, nous nous trouvons en présence d’une Trinité d’équilibre, inerte, en poten tialité; c’est le temps d’avant le mouvement. * 4 * On remarquera que la Trinité ainsi définie est d’une unité complète; elle permet d’apercevoir cepen dant la multiplicité dans l’unité aussi bien que l’unité dans la multiplicité; elle peut donc nous fournir cette clef d’une synthèse réelle que nous cherchons pour notre sujet spécial. Mais devons-nous préférer quel qu’un de ces trois aspects, et lequel ? Cette question est primée par une autre encore : Il vana, l’anéantissement des contraires qui ne peuvent s’harmo niser. A l’inverse, la Trinité chrétienne, essentiellement vivante, montrant le passage incessant et réel du néant à l’être (à travers les cycles partiels de la Vie, qui sont comme les moments instantanés, les différentielles de l’intégrale totale) devait faire naître la Foi en l’évolution, dans le Progrès indé fini, à travers le travail humain.
3l’initiation ïo6 faut nous assurer si cette clef peut s’appliquer à toutes nos connaissances ; il faut nous convaincre de la pos sibilité de les rassembler sous la forme trinitaire. L’axiome courant, qu’il n’y a pas d’effet sans cause, nous garantit cette possibilité, car, sur toute chose, nous pouvons toujours imaginer, sinon découvrir la Trinité composée de cette chose (pris comme effet), de sa cause et du passage de l’une à l’autre. La re cherche de cette Trinité est précisément le but cons tant que poursuit notre science moderne en remontant le cours des causes qu’elle voit se resserrer à mesure quelle approche de la source première. Cette longue série peut se partager idéalement en une suite de Trinités d’êtres qui vont se multipliant à travers une foule de branches, comme la longue descendance d’un père unique. Nous apercevons par là, non seulement la^possï- ■bilité d’une répartition trinitaire des objets de nos connaissances, mais avec elle deux conséquences fort utiles pour nous : La première est la loi & analogie, qui doit courir à travers toute la nature aperçue sous cet aspect d’Untïe. La seconde est la nécessité d’une Unité primordiale, d’une cause première, indépendante, absolue. Les savants les plus positivistes peuvent se croire obligés d’en abandonner la recherche, mais ils ne peuvent se reiuser à l’admettre comme une nécessité de l’exis tence même de toute science (i ). (i) Voir notamment : Spencer, les Premiers Principes, et Taine.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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